‹ La rage & st-HubertChapitre 99 sur 168 · Hallet, p · texte numérisé non relu

Hallet, p

SAINT HUBERT GUÉRISSEUR DE LA RAGE

« Ne faut oublier les cors ou cornets de fer (qu’on appelle clefs de Saint- Hubert) bénits et touchés à la sainte Étole qui servent aux chiens et autres animaux qui sont marqués, d’un préservatif singulier et remède assuré contre le péril de rage et toutes mauvaises morsures, tant insérés qu’à insérer ; du moins s’il arrive qu’après avoir été marqués de cette clef, ils soient infectés de la rage, ils meurent paisiblement sans faire aucun mal. »

Il est assez curieux que cet instrument qu'on appelle clef ou cornet n ait la forme ni d’une clef ni d’un cor ou cornet : « C est, nous dit M. Hallet, un fer en forme de cône, d une longueur d’environ dix centimètres, terminé par une espèce de sceau qui représente un cornet l. » Cette image du cor, juste a l’extrémité avec laquelle on marque, explique le nom de cornet; quant au nom de clef, il vient d’un emploi analogue de « clefs de saint Pierre, » dont nous parlerons plus loin, et du souvenir d’une clef donnée par saint Pierre à saint Hubert.

Le cône ou la tige de cet instrument sert à le fixer dans un manche en bois ou en métal assez long pour qu’on puisse faire rougir au feu le cornet et s’en servir plus aisément pour marquer les animaux. En recevant la clef des aumôniers de saint Hubert, on reçoit en môme temps la manière de s’en servir. En voici le texte. Il est intéressant en ce qu’il nous montre la cautérisation appliquée sinon aux hommes, du moins aux animaux.

Instruction sur l’usage des Cornets de fer, nommés ordinairement Clets de Saint-Hubert, qui sont bénits par des prières particulières, et ensuite touchés à l fiole de ce grand Saint.

Dès qu on s’aperçoit qu’un animal a été mordu ou infecté par un autre, il faut faire rougir le cornet ou clef au feu et l’impri-

1. Hallet, p. 171. — On le trouve figuré dans le Bull. Arch. de la Soc. Arch. de Tarn-:t-Garonne, t. VI (1878). pl. II, fig. 6.

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