‹ La raison dans la folieChapitre 11 sur 84 · Trélat, Recherches historiques sur la folie, p · texte numérisé non relu

Trélat, Recherches historiques sur la folie, p

n'a eu que récemment une application pratique. Avant la réforme si heureusement accomplie par Pinel dans le traitement des aliénés, on n'avait pas songé à demander à ceux-ci de faire un usage régulier de leur activité physique et de leur habileté dans les travaux professionnels. Depuis lors, au contraire, on a reconnu que le travail, qui est une loi pour l'homme en général l'est aussi en particulier pour les aliénés ; on a reconnu qu'il constitue non seulement un exercice, un moyen d'employer le temps, mais qu'il est aussi un moyen de traitement véritable. On s'est donc mis en mesure d'agir conformément à ces notions nouvelles, de mettre à profit l'intelligence et les aptitudes que les aliénés avaient conservées, et d'en obtenir tous les résultats pratiques qu'on était en droit d'en attendre.

C'est principalement dans les asiles publics que le travail des aliénés a été organisé d'une manière régulière et complète. On se borna d'abord à employer les malades dans leurs quartiers. On leur donna à entretenir les dortoirs, les réfectoires, les jardins. On utilisa chacun d'eux suivant ses capacités, suivant sa bonne volonté. Quelques-uns trouvèrent à exercer leur ancienne profession en travaillant à divers métiers.

Toutefois, dans le principe, le travail ainsi admis et organisé n'était qu'une chose facultative. Plus tard seulement, on reconnut qu'il y aurait profit pour les malades à les y contraindre dans une certaine mesure, et l'on songea à créer pour eux de véritables ateliers. On les amena alors à rendre service, non seulement à eux-mêmes, mais à la maison »qui les avait recueillis. . Voici, par exemple, ce que dit le docteur Auzouy, dans un rapport sur l'une des premières installations de ce genre qui aient été faites en France, celle de l'asile de Pau :

« L'installation d'ateliers professionnels, dont il n'existait jusqu'ici que quelques rudiments, vint bientôt exonérer l'asile de l'appel fréquent et coûteux des

ouvriers du dehors Dès que nous avons eu des

infirmiers tailleurs, tisserands, serruriers, charpentiers, cordonniers, l'essor a été donné, et nos ateliers ont reçu la plus vive impulsion, au grand contentement de nos malades Peu à peu les aptitudes de

certains aliénés nous ont permis de joindre, aux industries ci-dessus, la ferblanterie, la tonnellerie, l'ébénisterie, la maçonnerie, la peinture, la vitrerie, etc.

« Procurer du travail aux femmes était moins facile : la construction d'un vaste ouvroir, effectuée en entier par nos aliénés, permet actuellement de réunir cinquante ouvrières en linge dans la même salle. Dans les sections, les malades impropres aux travaux d'aiguille ou de ménage filent à la quenouille le chanvre destiné à alimenter les métiers de nos tisserands ; d'autres tricotent, brodent, ou racommodent les vieux effets ^ »

Ce qui se fit à l'asile de Pau, se fit à peu près dans tous les asiles à la même époque. A Paris on avait créé la ferme Sainte-Anne, où les aliénés étaient employés, non seulement aux travaux que désignaient pour eux leurs aptitudes professionnelles, mais aussi, pour ceux qui n'avaient pas de profession spéciale, ou qui n'étaient pas en état de l'exercer, à des travaux d'autre genre.

Esquiros, qui était allé visiter l'installation de la ferme, en parle avec admiration.

« Nous avons, dit-il, suivi avec un intérêt infini les ouvrages des aliénés; mais ce sont là de ces choses qu'on affaiblit toujours en les décrivant. Il faut voir, comme nous l'avons vu, ce peuple de travailleurs, occupés dans le clos au blanchissage des toiles, ou donnant le mouvement à un moulin à foulon on

1. Annales médico-psychologiques, tome II, 1863. — Docteur Auzouy, Rapport administratif sur l'asile de Pau.

se croirait plutôt dans une fabrique que dans une maison de fous ^ »

Et de fait, les aliénés mis ainsi au travail se montrèrent habituellement aussi bons ouvriers que s'ils eussent été parfaitement raisonnables, et firent preuve dans leurs travaux de toute l'intelligence des ouvriers ordinaires.

Les dispositions nouvelles changeaient du reste complètement l'aspect des asiles, et contribuaient, dans une large mesure, à en faire disparaître l'impression qu'on pouvait ressentir en y entrant, celle de se trouver au milieu de gens dont l'intelligence est plus ou moins profondément malade.

« On se représente facilement, dit à ce sujet M. le docteur Georges Labitte, le mouvement qui doit régner dans un grand asile. Il suffit d'y pénétrer, pour y trouver l'image de la vie la plus animée. C'est un va et vient continuel d'individus occupés aux travaux les plus variés. On ne reconnaît plus ces malades qui, autrefois enfermés dans des cours restreintes, allaient au hasard, la physionomie éteinte, n'exprimant que les impressions délirantes auxquelles le désœuvrement les laissait en proie. Ils sont rentrés dans la vie par l'action utile : tous remplissent une tâche dont ils saisissent la portée. Là, quelques-uns déchargent une voiture; d'autres réparent ou construisent; plus loin, dans le potager, des escouades de dix à vingt malades s'occupent de jardinage ; dans les ateliers enfin, tous dans le calme et le plus grand ordre accomplissent la tâche qu'on leur a donnée. Tous les corps de métiers sont représentés et ont leurs ouvriers. Il n'y a pas une répation, pas une construction qui se fasse sans leur concours.

« De son côté, la division des femmes ne se tient

1. Esqiùros, Paris nu dix-neuvième siècle, tome II; les maisons de foies, p. 2.32.

pas inactive ; tout ce qui est raccommodante de linge et d'effets, confection, repassage, rentre dans ses attributions ' »

Cette organisation si heureuse ne se fit pas sans quelques difficultés; et cela se conçoit aisément, car, en cherchant à mettre à profit les restes de l'intelligence des aliénés, en cherchant à utiliser leurs aptitudes, on se heurtait aux embarras causés par la diminution de cette même intelligence et par le délire qui l'avait amoindrie. Il fallait se plier non pas aux exigences du travail , mais aux exigences de l'état des travailleurs, et mesurer la part d'intelligence que chacun pouvait apporter à sa tâche. La somme de travail qu'on imposait ne pouvait être excessive, parce que l'attention de l'aliéné n'est plus assez complète pour qu'il puisse faire servir continuellement ses aptitudes personnelles. Il faut, en effet, tenir compte des habitudes et des dispositions des malades à qui l'on demande de travailler. Ils ne doivent pas être considérés comme des machines à mettre indistinctement en œuvre, et l'on ne doit pas s'attendre à ce que ceux des champs se plaisent aux travaux des villes ; à ce que les individus accoutumés aux travaux des pays de fabrique ou d'industrie se plaisent à cultiver la terre.

Un fait remarquable, auquel sans doute on ne s'attendait pas, c'est que l'on trouva des travailleurs absolument dans toutes les catégories d'aliénés. Ceux même dont l'intelligence était le plus aflectée montrèrent encore des aptitudes où se réflétait le peu qui leur en restait.

Il en fut ainsi de ces déments dont l'intelligence est tellement affaiblie qu'ils ne savent, pour ainsi dire, plus écrire ou parler avec suite, et qui, cependant, agissent encore conformément à ce qu'on leur demande. Us

1. Dr G. Labilte, Le la colonisation des aliénés, p. 15. Thèse; Paris, 1878.

prouvent, par leurs actes et par leur conduite dans les conditions les plus ordinaires de la vie. qu'ils comprennent ce qu'on leur dit ; ils scient, ils frottent, ils bêchent, ils font certaines commissions et certains travaux, et cela est d'autant plus étonnant que tout, dans leurs dehors, ne manifeste qu'incohérence et parfois que néant.

Quelques-uns même travaillent avec une activité très grande, comme cette bonne vieille dont parle le docteur Macario, laquelle était infatigable ; à toute heure de la journée on la trouvait filant à son rouet ou occupée à la culturel Et cependant cette pauvre femme était hallucinée et démente, conditions qui semblaient bien propres à ne lui laisser aucune bonne disposition pour le travail.

En allant jusqu'aux extrêmes limites de l'aliénation mentale et de la débilité intellectuelle on trouve encore chez des faibles d'esprit, des imbéciles et des idiots une persistance suffisante des facultés d'esprit pour permettre l'aptitude au travail. Quelques-uns d'entr'eux sont capables d'accomplir convenablement et avec une certaine spontanéité les ouvrages qui leur sont confiés.

Plusieurs auteurs ont signalé ce fait intéressant que, parmi les aliénés, ceux là se montrent les meilleurs travailleurs qui sont atteints de folie chronique. Il semble que, chez eux, la continuité du délire laisse plus do liberté au fonctionnement ordinaire des facultés intellectuelles qui persistent encore ; et , une fois formés au travail, ils font preuve d'une docilité et d'une régularité parfaites.

Gomme le fait remarquer le docteur G. Labitte, l'aptitude au travail n'est nullement en rapport avec la nature des troubles intellectuels. G'est ainsi que cer-

1. Annales médico-psychologiques, 1843, tome L — Macario, Études cliniques sur la démonomanie.

tains lypémaniaques sont d'infatigables travailleurs, alors que leur délire et la continuité de leurs hallucinations sembleraient devoir les plonger tout à fait dans l'inertie et dans l'affaissement.

D'une manière générale, on peut donc employer au travail des malades de toutes les catégories, ceux qui sont atteints de folie aiguë aussi bien que ceux qui sont arrivés à la folie chronique ; ceux qui sont atteints de délire partiel ou de délire généralisé, tout comme les déments, les imbéciles et les idiots.

Dans le remarquable rapport que les inspecteurs généraux du service des aliénés adressèrent en 1874 au ministre de l'Intérieur, rapport où toutes les questions relatives à l'assistance des aliénés sont magistralement traitées, la possibilité que nous venons d'indiquer est érigée en principe, et affirmée par une formule générale presque absolue.

« Nous recommandons, disent les rapporteurs, d'employer aux travaux de culture tous les hommes valides, qu'ils fassent ou non un travail productif ^ >

Ils disent encore :

« Dans les asiles publics, un certain nombre de malades des sections d'hommes peuvent être utilement employés à d'autres travaux que ceux de culture et de terrassement, notamment comme maçons, plâtriers, menuisiers, peintres, forgerons, tailleurs, cordonniers, etc., d'autres sont occupés à l'entretien des habitations, cours et préaux, et assistent les gardiens

« Dans plusieurs établissements on emploie également un certain nombre de femmes aux travaux de culture et de jardinage... Quelques-unes travaillent à la buanderie, à l'épi uchage des légumes, au ménage ; mais la majeure partie sont confinées dans les ateliers de couture et de repassage. »

1. Gonstans, Lunier et Duménil, Rapport général sur le service des aliénés en i874.

Le docteur Dagron, qui a publié des observations très intéressantes sur^^assistance des aliénés ^ a cherché à compter le nombre des malades qui peuvent ainsi être employés aux divers travaux. Il dit :

<( Dans la plupart des asiles, sur une population moyenne de six cents malades, cent cinquante au plus sont retenus dans les infirmeries par leur âge, par la paralysie ou par quelque autre infirmité; deux cents sont occupés aux travaux intérieurs de la maison, des cours et des jardins; une centaine travaille à la culture des champs, et le reste est consigné dans les quartiers.

« Les fous les plus dangereux, ceux qui cherchent à s'évader, et les furieux, constituent seuls cette catégorie de reclus dont on cherche le plus possible à diminuer le nombre. ... ;

« Les femmes , sous la surveillance des religieuses , soignent le linge de la maison, confectionnent les vêtements, s'occupent à la cuisine et à la buanderie. A voir l'entrain de ce petit peuple et son activité pareille à celle des abeilles dans leur ruche, on se croirait, à certains moments, dans un atelier modèle, et parmi des personnes jouissant de toute leur raison

« Ceux des hommes qui n'ont ni idées de suicide, ni impulsions dangereuses, s'occupent, suivant leur état, dans les ateliers de menuiserie, de serrurerie et de cordonnerie, sous la surveillance de gardiens spéciaux qui doivent veiller avec soin sur les outils, pour prévenir tout péril »

Le même auteur donne, sur l'organisation du travail des aliénés dans les asiles de l'étranger, les détails suivants qu'il est intéressant de reproduire :

« En Angleterre, certains asiles pourraient encore nous servir de modèle sous le rapport de l'organisa-

1. Dr Jules Dagron, Des aliénés et des asiles d'aliénés, tome I, p. 127 et suiv. Paris, Delahaye, 1875.

tion du travail. Tel était celui de Glascow à l'époque où il fut visité par M. l'inspecteur général Parchappe : « Le nombre des meubles et des ouvrages de construction que les aliénés y ont exécutés dépasse, dit-il, nonseulement ce que j'avais observé jusqu'alors, mais encore tout ce que j'avais cru possible. Ce n'est pas seulement la quantité et la variété de ces produits qu'il

faut admirer, mais aussi leur perfection Une foule

de métiers sont exercés par les malades, y compris la typographie. Dans l'asile d'Edimbourg, on imprime des états, des circulaires; le rapport médical de 1846 est sorti de cette presse. Elle sert aussi à imprimer un journal rédigé par les aliénés de l'établissement, et qui, depuis deux ans, paraît tous les mois sous le titre de Morning side mirror. »

Les détails que nous venons de donner sont suffisamment explicites, et montrent que pour exécuter tous les divers travaux auxquels on s'applique à les employer, les aliénés ont besoin d'avoir encore de l'intelligence.

Et maintenant si, des appréciations générales, nous passons aux cas particuliers, la démonstration que nous avons à faire deviendra encore plus précise et plus complète.

^Voici quelques exemples relatifs : les premiers à des occupations peu importantes et très simples ; les autres à des occupations qui demandent l'application d'une somme assez grande de facultés intellectuelles.

Dans les asiles, on prend souvent des malades, des aliénés, pour leur confier des fonctions de diverse nature. Un certain nombre d'entre eux sont admis à des emplois secondaires d'infirmiers, et, malgré leur délire, ils les remplissent de manière à donner toute satisfaction.

D'autres sont employés dans les bureaux où ils tiennent admirablement les écritures, et parfois même s'occupent de la comptabilité.

Les deux faits suivants, rapportés par le docteur Billod, montrent ce que certains malades peuvent faire dans ce genre d'occupations :

« Une femme, dit-il, bien qu'affectée d'un délire systématisé de persécutions des plus caractérisés, sert depuis plusieurs années de secrétaire aux malades qui ne savent pas écrire, et fait preuve, dans l'exercice de cette fonction, d'une intelligence qui chaque jour me confond d'étonnement. Les lettres qu'elle écrit sous l'inspiration même des plus insensées d'entre ses compagnes, sont des chefs-d'œuvre de fidélité et d'exactitude dans l'interprétation de leurs pensées, et, chose singulière, alors qu'elle fait parler aux convalescents le langage de la plus saine raison, elle n'écrit pour son compte que des lettres absolument dénuées de bon sens. »

« Une autre aliénée, très délirante, sert d'interprète, chaque matin, pendant la visite, à une pauvre Bretonne dont l'idiome est inintelligible pour nous, et s'acquitte de ce soin d'une manière irréprochable. Pendant toute la durée de cette fonction, le délire se suspend, pour ainsi dire, mais pour recommencer immédiatement après. A peine, en effet, a-t-elle achevé de traduire les dernières paroles de la Bretonne dont il s'agit, qu'elle se tourne vers moi, et me dit : « Maintenant, monsieur le directeur, .parlons de moi, » et elle se met à délirer d'une façon très sensible'. »

L'une de ces personnes devait donc avoir encore des aptitudes intellectuelles assez étendues pour pouvoir faire attention à ce qu'on lui dictait; l'autre, bien que fortement influencée par son délire, avait l'attention et la suite d'idées suffisantes pour remplir les fonctions d'interprète, fonctions relativement difficiles et complexes.

1. Annales médico-psychologiques , 1867, Lomo X. — Comptes rendtis de la Sociéld médico-psychologique, p. 91.

L'esprit d'invention se montre quelquefois chez les aliénés d'une manière remarquable, et dans des conditions telles qu'il manifeste à un haut degré la conservation de l'intelligence.

Pinel en cite un exemple intéressant :

Un orfèvre qui avait l'extravagance de croire qu'on lui avait changé sa tête, s'infatua en même temps de la chimère du mouvement perpétuel; on lui accorda l'usage de ses outils que ses parents eurent soin de lui envoyer, et il se livra au travail avec la plus grande obstination. On imagine bien que la découverte projetée n'eut point lieu; mais il en résulta des machines très ingénieuses, fruit nécessaire des combinaisons les plus profondes ^

Tout récemment l'Académie des sciences a eu à s'occuper d'un cas analogue, et qui présente même, à certains égards, un intérêt encore plus grand que celui de Pinel.

Ce fait est ainsi relaté dans le Moniteur universel du 19 janvier 1885; sous le titre de : Un prix Men mérité :

« Dans sa dernière séance annuelle, l'Académie a décerné le prix Francœur (1,000 francs) à M. B..., qui est un géomètre de talent et qui a fait partie du personnel de l'Observatoire, Ce savant a écrit une lettre de remerciements; elle est datée de Gharenton, oii le malheureux est pensionnaire.

« Voici ce qui a motivé la récompense de l'Académie : M. B... eut l'idée d'acheter une montre en nickel, de la valeur de 25 francs. Puis aj^ant étudié cette montre comme si elle était un instrument astronomique, il a constaté, une certaine nuit, qu'elle marquait deux heures vingt et une minutes, et il a voulu savoir si cette montre pourrait lui servir dans le cas où il de-

1. Pinel, Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale, p. 80; 2» édition, 1809.

viendrait sourd après avoir perdu la vue. A cet effet, il monte sa montre à une heure connue et il la remonte quand il veut connaître l'heure qu'il est; le nombre de tours lui indique ce qu'il veut savoir, car il sait le nombre des dents du rouage. C'est ainsi qu'il est parvenu à estimer non-seulement l'heure, mais encore la minute. »

Il n'est assurément personne qui, sans en être averti d'avance, puisse soupçonner qu'une invention aussi ingénieuse est l'œuvre d'un aliéné.

A côté de l'habileté d'invention dans les arts mécaniques, il faut mettre l'habileté de certains malades dans les productions artistiques.

Esquiros dit avoir vu, dans la division du docteur Voisin, à Bicêtre, au milieu d'un grand nombre de très jolis dessins, une peinture à l'huile d'un effet agréable, d'une touche fine et spirituelle, qui excita son étonnement. On lui présenta alors le peintre; c'était un garçon d'une vingtaine d'années, en état de démence presque complète, qui collait amoureusement ses lèvres au talon de son sabota

Nous possédons deux médaillons remarquables, qui représentent des personnes de notre famille, et qui ont été faits par un pensionnaire de Gharenton.

Un des pensionnaires actuels de notre Maison de santé a pu récemment, pendant plusieurs mois, produ ire des dessins d'imitation qui indiquaient une vétable habileté. Et cependant ce malade, très halluciné, atteint de délire des persécutions, marchait rapidement vers la démence.

Les'exemples qui suivent appartiennent à un groupe de faits où l'exercice de la profession a mis en relief, d'une façon plus saillante, les aptitudes intellectuelles persistantes de quelques aliénés.

Monrose, le célèbre acteur de la Comédie-Française,

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