‹ La raison dans la folieChapitre 13 sur 84 · Annales médico-psychologiques, 1863, tome III, p · texte numérisé non relu

Annales médico-psychologiques, 1863, tome III, p

tant à Tune de ces fêtes nous en donne un témoignage encore plus explicite. Parlant d'une soirée qu'il a passée à l'asile d'aliénés de Saint-Robert (Isère), il écrivait dans le journal de la localité, le Républicain de l'Isère : « Cent malades environ des deux sexes assistaient au spectacle, divisé en. trois parties distinctes. Rien, dans leur attitude, ne trahissait la folie; le calme le plus profond et une attention soutenue caractérisaient leur

disposition d'esprit' »

A ce témoignage d'un homme sain d'esprit, ajoutons celui non moins valable d'un aliéné. Qu'on lise les extraits suivants d'un compte rendu fort curieux, écrit par un malade du quartier des agités de Ville-Evrard, à l'occasion d'une soirée dramatique donnée dans cet asile :

« Non, ce n'est pas un rêve, c'est la réalité me voilà, moi

qui avais renoncé, dès avant mon arrivée à l'asile, à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, transporté tout à coup, par le hasard qui est un grand maître, ou plutôt par la gracieuseté bienveillante de monsieur le docteur adjoint de l'établissement, dans une salle de théâtre qui me rappelle les plaisirs mondains de ma jeunesse

« Deux pièces ont été jouées aujourd'hui, 17 novembre 1877, devant moi

« L'auteur y a réalisé le projet du poète Horace :

« Omne ticlU pimctum qui tniscuil utile dulci.

« Oh oui ! c'est bien le cas de le dire, il a joint l'utile à l'agréable. Les saillies pleines de verve, dont ces deux œuvres sont semées, ont été bien goûtées des auditeurs, et les oreilles féminines ont été charmées, car nous avons entendu leurs bons rires, et on ne pouvait pas dire d'elles :

« Ridere sine re, signum est stullitiœ.

« Oh non! cette fois ces pauvres folles étaient dans leurs intervalles lucides, car au moment où elles riaient, je riais, et je dirais bien les passages où je riais

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