‹ La raison dans la folieChapitre 21 sur 84 · Annales médico-psychologiques, 1854, tome IX, p · texte numérisé non relu

Annales médico-psychologiques, 1854, tome IX, p

Le même auteur rapporte l'histoire d'un ccclésiaslique qui bégayait sans cesse et était atteint d'une manie ambitieuse portée au plus haut degré; jusqu'à la fin de sa vie il écrivit des lettres et des petits traités de morale qui ne présentaient aucun vestige de folie et de déformation de l'écriture ^

Une malade, observée par le D"" Billod, et qui était tout à fait incohérente, commençait ainsi une lettre adressée à sa mère : « Ma chère mère, je voudrais bien, à l'occasion de votre fête, vous adresser des compliments, mais, pour le faire convenablement, il faudrait avoir toute son intelligence, et je suis à Sainte- Gemmes 2 »

Le mémoire de Marcé, communiqué à la Société médico-psychologique, y donna lieu à une discussion au cours de laquelle Brierre de Boismont produisit des faits et des observations d'une grande importance. Il insista notamment sur ces malades qui sont d'une incohérence continuelle dans leur conversation, et qui cependant écrivent des lettres d'un sens parfait. Il appela l'attention sur ces aliénés"; qui, dans des moments de répit extrêmement courts, entre deux accès V d'agitation maniaque plus ou moins violente, écrivent des lettres empreintes de calme et du bon sens le plus complet. Il dit à ce propos : « Les gens du monde et les magistrats, qui ne vivent pas avec les aliénés, qui ne les connaissent qu'imparfaitement, ont peine à croire qu'il en soit réellement ainsi et ne peuvent le comprendre. Mais comment récuser les faits eux-mêmes? Les archives des asiles d'aliénés contiennent toutes des témoignages qui ne laissent subsister aucun doute. » Voici, comme spécimen, une lettre communiquée

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