‹ La raison dans la folieChapitre 71 sur 84 · ËRREÙRS DANS L* APPRECIATION DE LA FOLIE. 'M · texte numérisé non relu

ËRREÙRS DANS L* APPRECIATION DE LA FOLIE. 'M

général do la folie, un principe essentiel, c'est cekii •qui consiste à comparer l'individu avec lui-même, aux diverses époques de son existence..... Il est naturel d'attendre d'un individu qu'il ait de la suite dans ses discours et dans ses actes, de l'uniformité dans sa conduite Si l'on voyait un homme liabitaellement grave

revêtir tout-à-coup, et avec persévérance, la frivolit(^, d'un adolescent étourdi, on ne manquerait pas de concevoir des craintes d'aliénation qu'on n'a nullement pour le jeune homme dont la conduite répond à l'âge, au tempérament ou à l'éducation personnelle. Qu'un homme habituellement prodigue se livre à tous les actes qui peuvent compromettre sa fortune et celle de sa famille, personne certainement ne voit dans sa conduite aucun signe d'aliénation mentale. Mais qu'un homme strict dans ses dépenses, et poussant l'économie jusqu'à l'avarice, change tout-à-coup de manière de vivre, et se jette dans des prodigalités ruineuses, ses parents peuvent bien l'accuser de caprice, de bizarrerie, etc.; mais Tobservateur pénètre plus avant dans cette métamorphose ; il y distingue le début de la folie. Il en est de même pour l'homme de mœurs pures,

comparé à un libertin d'habitude Ainsi, il est des

cas où les symptômes de la folie ressortent plutôt delà comparaison de l'individu avec lui-même que de la comparaison de l'individu avec l'humanité tout entière ' . »

Cette comparaison est un moyen d'autant meilleur de reconnaître la folie, qu'elle s'applique non seulement à la maladie confirmée, mais encore aux premières phases, à la période de début, c'est-à-dire à cette période où les signes physiques proprement dits sont encore peu accentués et peuvent échapper à l'observateur. Elle s'établit d'elle-même et, en quelque sorte, à l'insu de ceux qui ont occasion de la faire.

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