‹ La raison et l'évangileChapitre 6 sur 39 · LA RAISON A · texte numérisé non relu

LA RAISON A

tiens, c'est-à-dire enfants de lumière^; si vous voulez rayonner la vérité.

Ce travail, d'ailleurs, n'est pas si effrayant qu'on le pense, si on le fait dans son ordre et dans ses conditions. Je dirai même qu'alors il se fait, en quelque sorte, tout seul en nous, et ce n'est pas là une des moindres preuves de la vérité doctrinale de notre foi et de son affinité à l'intelligence.

Expliquons-nous bien.

Au point où nous en sommes, on a la croyance à la doctrine, et on en a la connaissance. On y croit, et on la croit. C'est là l'indispensable, le minimum du chrétien. Or, dès lors et de soi commence le travail de l'intelligence sur cette doctrine : tellement que l'on prétend devoir le réprimer; et que, ne devant pas le réprimer, chose impossible, chose périlleuse et qui expose à mille dangereux écarts d'ignorance et d'erreur, il s'agit de le régler. La connais-

i^ Aux Épliénens , v, 8.

sance, en effet, suppose déjà ce que j'appellerai rintelligence technique de la doctrine. Non qu'il faille entendre à fond pour connaître en toutes choses, grâce à la foi qu'on a en celui qui enseigne. Mais, ce qu'on peut dire, c'est que plus une doctrine est connaissable (et la doctrine chrétienne Test éminemment), plus elle suppose de vérité dans son fond ; plus aussi elle excite l'esprit à la pénétrer et à s'en pénétrer. Ce qu'on peut dire encore, c'est qu'une chose bien connue est déjà en partie entendue, ou en voie de le devenir. Les pires obscurités ne sont pas celles de l'intelligence, mais de l'ignorance, surtout de l'ignorance qui croit savoir, et qui combat ensuite ses propres monstres. La connaissance de la doctrine chrétienne, donc, est déjà un commencement de son intelligence et comme un germe qui tend à se développer et à se transformer en celle-ci ^

1 Qu'on nous permette encore de citer ce que nous écrivions il y a longtemps à ce sujet, pour montrer notre constance dans une doctrine qui a été la méthode philosophique de tous nos écrits, même les plus dogmatiques. — « La foi est un germe qui n'est pas jeté en nous pour y demeurer stérile, mais dont le développement doit se faire dans tous les sens : dans le sens de l'intelligence comme dans celui de la volonté, puisqu'il doit aboutir à la Vérité autant qu'à la Charité, à Dieu qui est à la fois l'une et l'autre. Ce serait une sacrilège erreur que celle qui

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