‹ La raison et le christianismeChapitre 11 sur 57 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

historiens. Ce défaut est rare aujourd'hui; nous n'essayerons pas de le combattre. Il est difficile de faire admettre dans un sens universel et rigoureux que l'être ait pour unique fin d'être connu. Et si l'idéalisme, qui est au fond de cette doctrine , s'introduit facilement dans l'esprit des savants, qu'il éblouit, et dans leur cœur, qu'il ravage ; il ne réussit pas à s'affirmer tout entier d'une manière conséquente.

Voilà donc deux buts, deux pôles : l'intérêt, la satisfaction des désirs du moi, quelle qu'en soit la nature, puis le devoir^ le bien moral, et entre deux la sphère des moyens, la sphère des forces, dont l'intelligence est la première. Une vue claire de ces trois degrés et de leurs rapports comprend toute la science de l'homme, elle résume la morale et nous donne aussi la clef de l'histoire. C'est de là qu'il faut partir pour comprendre le siècle des Crédits mobiliers et des chemins de fer.

La morale et la religion appartiennent au degré supérieur. Elles se confondent dans leur base et dans leur sommet. Il y a dans l'homme un respect, un amour inné du bien qui lui fait connaître la nature du bien, lorsqu'il obéit à son impulsion en surmontant les tendances contraires. Personne n'a parlé de ces choses là d'une manière aussi claire et aussi pure que Jésus-Christ; personne n'a établi la sincérité de ses convictions d'une manière aussi forte, aussi conséquente ; et depuis qu'il a prêché, depuis qu'il a vécu, nul de ses disciples ni de ses émules n'a retrouvé l'inexprimable accent de sa parole; tout comme personne n'a laissé le souvenir d'une vie qui ne se trouble

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