XX PRÉFACE
devant la pureté de la sienne. A quoi cela tient-il? je n'ai pas besoin de le demander maintenant. Soit que Jésus- Christ ait annoncé des nouveautés, soit qu'il n'ait dit que ce qu'on savait avant lui, la doctrine à laquelle il a laissé son nom et dont il a été le modèle s'est identifiée arec la conscience humaine. Tous ceux qui parlent de devoir s'efforcent aujourd'hui de la reproduire, qu'ils la lui rapportent ou non. Selon cette loi, que chacun trouve en lui-même, s'il y trouve une obligation quelconque, le bien c'est d'aimer les autres hommes , de leur vouloir du bien, de leur en faire autant qu'il est possible; c'est par conséquent de leur communiquer le vrai bien, la connaissance et l'amour du Bien, Le but c'est l'amour; el la parfaite réalisation de la loi morale conduirait immédiatement à la communion de l'humanité dans l'amour.
Mais d'ovi vient cette loi écrite en nous-mêmes, que nous confessons en pleurant et que pourtant nous suivons si peu? D'où cet idéal, dont un reflet colorant la matière, devient pour nous le type exquis de la beauté? Ils sont en nous, ils sont infiniment au-dessus de nous, ils ne peuvent venir que de l'être mystérieux dont nous tenons l'existence; ils sont l'excellence et la perfection, ils ne peuvent venir que de la source de toute excellence. Dans notre prison vernie, sous ce soleil trop brillant pour nos yeux rougis, au milieu de la misère qui nous enveloppe et qui nous consume, un soupir s'échappe de notre poitrine, et nous dit que le Bien doit exister, qu'il existe ! Les preuves de la Divinité sont dans ce soupir. Nous avons besoin de la perfection et nous l'affirmons par tout notre être; le besoin d'unité, dont la raison est possédée, n'est que l'ombre, pour ainsi dire, de ce besoin de perfection. Au bout de tout