‹ La raison et le christianismeChapitre 21 sur 57 · PREFACE. XXXI · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXI

race ne s'y éteindrait pas; mais elle a repris. Le Christianisme l'a accompagnée au seuil du tombeau, et s'est relevé avec elle, 11 a vu l'Histoire mourir et ressusciter ; on peut dire que, pareil à son fondateur, il est mort et ressuscité lui-même; car les notions et les mœurs chrétiennes du huitième siècle ne différaient pas moins de celles du premier que de celles du nôtre.

Durant une période très-considérable relativement à l'étendue totale des temps bistoi-iques , le Christianisme, malgré des altérations peut-être inévitables, dirigea la société. La foi des peuples était sincère, et des croyants n'hésitèrentjamais sur la place que la religion doit occuper. Le principe idéal se maintint donc au rang suprême : dans ce sens l'ordre était respecté; mais par une exagération inséparable de l'avènement d'un nouveau principe, on ne se contenta pas de lui reconnaître la première place, on voulut tout absorber en lui, et par celte méprise on le faussa.

Il absorba d'abord la science, et devint lui-même une science, la science unique. C'était un progrès, car le Christianisme est appelé à régénérer l'inteliigonco; mais c'était d'abord une altération. Le Christianisme se meut au-dessus de la sphère intellectuelle, sa force ne réside pas dans la pensée, mais dans l'esprit, dans l'intimité de l'intention. Son fondateur démontrait moins qu'il n'inspirait. La confusion du Christianisme et de l'orthodoxie était une première hérésie, qui devait nécessairement en enfanter d'autres.

Pour donner une base au système dogmatique, il fallait circonscrire l'inspiration dans des limites précises. On choisit entre les écrits des premiers chrétiens, dont un certain nombre furent exclusivement considérés comme l'expression authentique de la vérité divine, .\insi se forma le

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