XXXIV PREFACE
métaphysique^ il descendit bien plus bas, lorsque^ sous la préoccupation d'intérêts mondains, des prélats grossiers eux-mêmes malgré leur supériorité relative, y cherchèrent un moyen de gouverner la barbarie. De l'esprit à l'intelligencOj de l'intelligence à la matière, c'est un déclin continu. Au pardon, prix d'une croyance correcte, on substitua la soumission implicite à l'Eglise et l'absolution du confesseur. La grâce devint inutile, parce qu'on accommoda le devoir à la mesure des cœurs charnels; maison distingua deux morales^ l'une suffisante pour le salut^ qui se résume à reconnaître l'autorité de l'Eglise^ l'autre^ la morale des saints, la loi de perfection, chargée de commandements arbitraires.
En prenant corps dans la prêtrise, en dictant la loi civile, en faisant la conquête du pouvoir, la Religion était entrée dans la matière, elle s'y engagea profondément.
Ce fut d'abord, semble-t-il, pour la combattre et pour la maudire sous toutes ses formes. La continence absolue, la pauvreté, la faim, les souffrances et les blessures volontaires semblèrent méritoires en elles-mêmes, et devinrent les éléments les plus essentiels de l'idéal chrétien. Mais ce matérialisme négatif accusait une préoccupation suspecte; le revers de la médaille apparut bientôt. Si les moines enseignèrent à l'Europe les arts utiles et la dignité du travail, s'ils furent les premiers laboureurs et les premiers vignerons, ils en devinrent bientôt les plus grands propriétaires. La richesse de l'Eglise ne parut pas importer moins que la pauvreté des saints au règne de Dieu sur la terre. L'étendue des biens en main-morte paralysa le développement économique des états chrétiens; les peuples s'imposèrent