‹ La raison et le christianismeChapitre 28 sur 57 · XL PREFACE · texte numérisé non relu

XL PREFACE

aux anciens abus, à l'ancien chaos, le réveil de l'intérêt religieux ne se produit qu'imparfaitement et n'aboutit pas. La vie se concentre donc dans la sphère inférieure, qui attire tout ce qu'elle peut s'assimiler en quelque manière, et qui écrase ce dont elle ne peut pas tirer parti. Tel est le sens du matérialisme qui règne dans la science et dans les beaux arts, le sens du mépris où l'on tient et les théories abstraites et les sentiments généreux, tel est le sens du communisme des prolétaires et de l'industrialisme universel.

Cette évolution nouvelle contient un progrès. Comme l'empire exclusif de la politique était nécessaire pour dégager nettement les idées de l'Etat et du droit, conquêtes impérissables, de même il fallait que la richesse eût son joiir pour se constituer et pour s'affermir. Elle avait toujours subi la loi d'un autre principe, il lui fallait une suprématie temporaire pour arriver à l'émancipation, pour trouver sa propre loi. Quand l'intérêt matériel aura gouverné quelque temps seul et d'une manière avouée, on saura enfin comment le capital se produit et se conserve. Cette expérience une fois acquise ne se perdra plus; mais peut-être fmirat-on par trouver unjour que c'est assez d'écus, et que tout n'est pas là. Aujourd'hui la richesse des sociétés grandit dans une proportion qui semblerait miraculeuse, si l'on ne savait que toutes les forces de l'intelligence et de la volonté humaines y sont appliquées. Cet essor de l'agriculture, de l'industrie, du commerce et du crédit, cet immense accroissement de la richesse accumulée s'est révélé dans des entreprises destinées à la décupler encore : il faudrait être aveugle pour en méconnaître l'importance, et bien

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