‹ La raison et le rationalismeChapitre 17 sur 49 · PREFACE XXXIII · texte numérisé non relu

PREFACE XXXIII

toute conception quiliait la croyance à l'autonomie de la raison, M. OUé-Laprune travaillai ta réserver la notion que la conscience humaine commune enveloppe de la foi, et il demandait qu'on ne la soumît point, sous quelque prétexte que ce fût, à une transposition. La foi prise telle quelle enveloppe la confiance en un objet qui existe et vaut indépendamment d'elle, qui par conséquent, loin de procéder d'elle, la domine et doit la gouverner.

Dès lors, ce qui selon Tordre naturel est en nous la faculté de la règle, à savoir la raison, ne saurait être sacrifié. Assurément la raison comporte des limites ; si elle peut prétendre à un universel usage, elle ne saurait prétendre à un universel empire ; et surtout l'erreur serait de supposer que l'on peut faire sortir à'eWQ a priori^ par des procédés qui seraient des contrefaçons de la création divine, l'ordre entier des choses et des idées. Mais pour bien marquer à la fois la portée et les bornes de la raison, il suffit de ne pas la substantifîer pour ainsi dire et de la replacer dans la hiérarchie réelle

des attributs de l'être humain. Aux excès du rationalisme il ne faut donc point opposer lefîdéisme; car le fîdéisme, malgré Tapparence d'attachement qu'il a pour les vérités morales et religieuses, n'établit au fond entre la foi etxes vérités que des relations arbitraires ; il est un coup de désespoir de l'homme, au lieu d'exprimer cette plénitude de confiance et d'espérance qu'implique la foi; il s'en remet à la tradition et à l'autorité comme à des forces aveugles dont il faut supporterlepoids; il ouvre ainsi la voie à ces apologétiques inattendues qui n'iraient à rien moins qu'à confondre le mystère de la grâce avec la fatalité obscure des prédestinations naturelles et historiques. Cependant, si la croyance exprime la démarche à la fois la plus spontanée et la plus compréhensive de l'être pensant et agissant, il est nécessaire que l'objet qui y correspond consomme en la dépassant toute la perfection de notre nature. Voilà pourquoi une doctrine qui ne serait produite que par la raison resterait insuffisante,, ne pouvant être en accord qu'avec une par-

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