SIXIÈME LEÇON
Suite et fin des réflexions et remarques sur les différentes façons de considérer la pensée pour en faire l'étude. — La vérité et la pensée.
D'après les leçons précédentes, nous savons donc, si nous usons d'attention, distinguer ce qui est essentiel h la pensée : ce sans quoi elle nest plus ; ce avec quoi elle est le plus et le mieux elle-même.
Maintenant, une question encore se pose :
Notre pensée trouve dans ce que nous nommons les premières vérités une règle : est-il essentiel à toute pensée, à la pensée, d'être ainsi réglée par des vérités qui la dominent ?
Revenons sur ces vérités. Certaines propositions évidentes desoi^ universelles^ nécessaires; vérités « au dedans de nous^ et au-dessus de nous » : elles dominent nos semblables
comme nous, dominent tout ce qui pense.
Nous en connaissons au moins une, celle que l'on nomme principe de contradiction.
Insister sur deux points :
C'est quelque chose âî' intérieur,
Et c'est donné.
C'est si convenable à notre nature que c'est comme nôtre, encore que cela puisse contrarier nos caprices : « consentement de soimême à soi-même », dit Pascal.
Et c'est une loi^ c'est supérieur à nous, à notre volonté, à notre nature même.
C'est eAz nous.
C'est sans nous,
Au-dessus de nous.
Ici se place une remarque importante :
Nous sommes plus à notre aise, et, en un sens, comme plus contents, quand nous travaillons dans cette lumière que lorsque nous la considérons elle-même.
Avec elle, nous jugeons, nous raisonnons, nous définissons, nous démontrons, nous prouvons.
Elle est àpx^ àTioôef^ew;.
Rien à chercher au delà.