Insistons. Revenons à Topéralion claire et préméditée
Il y a les sous-entendus^ les ellipses par élégance, ou par précipitation.
Uenthymème abrège le syllogisme, et est plus naturel.
Mortel, ne garde pas une haine immortelle,
Art qui consiste à ne pas tout dire.
7. Ce que nous opérons très cite. Nous ne discernons pas les détails.
On ne s'aperçoit de la multiplicité des mouvements de la main, par exemple, que quand une lésion les rend difficiles.
8. Plus généralement, nous percevons, nous connaissons en gros, et le détail nous échappe. Un son, par exemple, une multitude de vibrations ; comme un flot, une multitude de flots.
9. Cette remarque s'applique à nos résolutions. Nous ne détaillons pas ; nous ne développons pas, nous ne remarquons pas expressément les motifs, les raisons de notre acte.
Ceci mérite examen.
Voilà un acte voulu, et très réellement, encore que non eu forme '^ il procède de notre personne,
La personne. Libère se agens ad operandum^ liahens domiuiam sui, causa sui. (Saint Thomas.)
Et il y a en elle quelque chose qu'elle ne démêle pas ?
Il y a donc une différence entre action procédant de la personne et action toute vue et pesée. C'est à noter.
D'ailleurs, ceci nous met sur la voie d'une autre remarque.
10. Il y a le rôle de Vhabitude^ et ici, des distinctions à faire : la routine fâcheuse, la machine utile, l'acquisition libre, excellente. Insistons sur ces distinctions.
il. Nous arrivons à la nature même, à Vinstlnct; aux principes non aperçus; aux maximes fondamentales. Notre nature intellectuelle nous détermine à notre insu.
12. Notons enfin l'influence des mots, qui nous apportent la pensée des autres, qui opèrent en nous, sans nous, déposant en nous une pensée qui nous dépasse.
Insister sur la puissance excitative des mots.
Voilà ce que nous constatons. Tout cela : pensée implicite^ enveloppée^ très réelle, très agissante.
Comprenons bien ces faits.
1. Il n'est donc pas vrai que l'âme ait conscience de tout ce qu'elle fait, conscience claire et complète, ni qu'elle connaisse qu'elle le fait et le rapporte à elle-même.
2. Les perceptions insensibles, comme dit Leibniz, ont un rôle considérable. Et, à notre point de vue, il faut entendre surtout que, par la décomposition de la pensée, nous arrivons à y voir, non pas seulement comme des faisceaux, mais bien au contraire le simple, l'acte, hors de la loi de la succession.
Nous saisissons l'activité spontanée qui précède la réflexion et la science.
C'est pensée, c'est raison, fondé en raison, raisonnable, raisonné même, mais non en forme.
Et la pensée est là avec sa marche naturelle, tenant à ses racines, à ses données, en
contact avec l'être et s'y attachant, opérant selon sa nature^ qui a une force, retenant, contenant la fantaisie, réprimant les écarts, « empêchant d'extravaguer ».