‹ La raison et le rationalismeChapitre 42 sur 49 · Malebranche, Traité de Morale, I, i · texte numérisé non relu

Malebranche, Traité de Morale, I, i

qu'elle est faite pour saisir la vérité : elle a par là un caractère divin.

Mais encore une fois, sortons de l'abstrait, et revenons à notre profonde formule.

L'Être est ce qui rend raison des choses.

La raison humaine cherche l'Etre et n'est

ce qu^elle est que parce qu'elle a avec l'Être

un secret commerce. Entre la raison et l'Être,

l'affinité est extrême.

L'Être est le propre objet de la raison. Plus de lumière, plus d'être.

Platon prétendait que le voOç saisit les réalités véritables, TàovTwçovra. Et opposant l'Être au devenir, il montrait dans le devenir un mouvement, un passage de ce qui a été à ce qui sera, tandis que de l'Être il ne faut pas dire : Il a été, il sera, mais simplement: Il est.

Et à cette parole vraiment philosophique correspond cette autre parole consignée dans la Bible : « Dieu dit à Moïse : « Je suis Celui « qui suis. »

Page 1