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PREFACE XI

le jugement et les habitudes de réflexion personnelle. Plus il tenait à cette large tradition de l'Ecole, plus d'ailleurs il était hostile à tous les moyens de réglementation qui n'auraient pu la maintenir qu'en la rétrécissant, et plusaussi il souhaitait que rien ne vînt entraver chez les élèves la manifestation de leurs aptitudes propres et la recherche spontanée de leur vocation. Etant élève, lui-même avait eu à lutter contre la défiance et la défaveur dont l'administration de l'Université et de TEcole normale enveloppait la philosophie, et c'était seulement à force deténacitédans son dessein, d'habileté persuasive à le défendre, qu'il avait obtenu que le chef de la section des lettres, au risque de voir amoindrie sa future carrière, pût être classé comme philosophe ^. Toujours il resta l'ennemi de l'accaparement des intelligences sous quelque forme que ce fût : par une spécialité hâtivement choisie, ou par un

!.. V. Léon Ollé-Laprune, Caro^ son enseignement à VE- ■cole^ dans le Centenaire de l'Ecole normale (Paris, Ha-

cheLie, 1895), p. 358.

XIÏ LA RAISO>' ET LE RATIONALISME

souci précoce de situation, ou par une contrainte administrative. Ce qu'il aimait de l'Ecole, c'est qu'elle lui paraissait admirablement faite, en dépit des circonstances parfois défavorables et de manquements passagers à cet idéal, pour laisser maîtres et élèves marcher librement, sans préoccupation extérieure, dans les voies de leur personnalité. Aussi quand il y fut appelé comme maître, fut-il sans doute porté à croire que son action de professeur ne pourrait jamais s'exercer mieux que là. Survinrent quelques années plus tard les incidents que l'on sait, et qui eurent pour effet de lui enlever momentanément le droit d'y remplir sa fonction ; ce ne fut pour lui qu'une occasion de se sentir plus lié à l'Ecole et par les marques de sympathie qu'il reçut d'elle, et par la généreuse preuve d'affection qu'il lui donna '^. Il ne voulut écouter ni les propositions officielles qui

1. V. la Vitalité chrétienne^ inlroduction de G. Goyau, pp. xxi-xxiii. — Y. les discours prononcés par M. Ernest Havet en 1881 et 1882 dans la séance annuelle de l'Association des anciens élèves de l'Ecole normale : Annuaires de V Association.

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