GG LA RAISON PHILOSOPHIQUE
traiter est, à elle seule, une démonstration sans réplique que le principe fondamental de la rai suit philosophique est l'ignorance; que l'erreur, l'incertitude et le doute en sont le résultat le plus naturel et le plus nécessaire.
Car voici ce qu'il dit : « Dans la multitude des questions que la philosophie a souvent entamées sans avoir jamais pu les résoudre, l'une des plus difficiles et des plus obscures, c'est la question de la nature des dieux. Sur ce grand sujet les hommes les plus savants ont émis tant d'opinions, et si diverses et si contradictoires entre elles, que, parce seul fait, on est autorisé à penser que le principe de toute philosophie n'est que la sottise , et que les académiciens sont bien sages en refusant leur assentiment aux doctrines philosophiques, comme à des choses incertaines et obscures (1). »
Ainsi, l'introduction à une dispute philosophique qu'un philosophe entreprend dans une assemblée de philosophes, avec l'intention de parvenir, par le raisonnement, à la première de toutes les vérités, n'est qu'un acte d'accusation en règle, la pro-
(1) « Cum multae res in philosophia nequaquam satis explicata?
« sint; tum perdifficilis et perobscura quaestio est de natura
« deorum , in qua tam varia1 sunt doctissimorum hominuin ,
«< tamque discrepantes sententiae, ut magno argumento esse
« debeat : causam, id est principium pbilosopbise esse, inscien-
« tiam ; prudenterque academicos a rébus incertis assentiouem
« cohibuisse {De NatiDeor. lib. I). »
CHEZ LES à\ClF.XS. f)J
mulgation du plus terrible anathème contre la philosophie.
Ensuite Cicéron, en la personne de Velléius, l'un des interlocuteurs dans ces dialogues , fait cette observation importante : « Que si la majorité des philosophes est d'accord dans l'opinion bien vraisemblable qu'il y a des dieux, c'est parce qu'on n'a consulté d'abord que la nature , la croyance universelle , qui nous disent à tous qu'il y a un Dieu. Mais que, lorsqu'on a voulu raisonner sur la nature de ce dieu, la raison de ces mêmes philosophes s'est trouvée si faible , leurs opinions si extravagantes et si opposées, qu'on n'a pas eu le courage de les entendre et de les suivre dans cette discussion. Ayant tout combattu et tout nié, ce n'est pas leur faute s'il reste encore dans le monde quelque trace de religion et de piété , puisqu'ils ont fait tout ce qui dépendait d'eux pour les détruire , en enseignant que les dieux ne se donnent aucune peine des choses humaines (i). »
« Or voulez-vous les connaître, continue l'interlocuteur, ces opinions? Je vais vous les rappeler; mais vous v verrez moins les étonnantes et mira-
(I) « Plerique qui, quod maxime verisimile est, et quo Mftrcs, « duce tsàtura, yehimur, deos esse dixerunt, tanta sunt in ■ varietate et dissentione constituti , ut eorum molestum sitenu- « meraresententias. Sunt qui omnino nullam habere eensent hu- « manarum rerum procurationem deos : quorum sivera sententia « est, quae potest essepietas, qiicpsanrtitas, urne reli0o ( Ibîd. ? «
culeuses pensées de philosophes qui raisonnent, que les extravagances de fiévreux qui rêvent (4).
« La stupidité des Platoniciens tient du prodige. Dieu doit être pour eux de figure ronde, parce que, pour Platon, la figure ronde est la plus parfaite et la plus belle, et qu'il faut que Dieu ait la figure la plus belle et la plus parfaite. Mais puisque chacun doit suivre sa raison, et ne se reporter qu'à sa raison dans le jugement des choses, que peut-il me répondre, Platon, si j'affirme que Dieu est et doit être d'une figure conique , cylindrique , pyramidale ou carrée ; puisque, pour ma raison à moi, ce n'est pas le rond, mais le carré, la pyramide , le cylindre et le cône, qui sont les plus jolies et les plus parfaites de toutes les figures (2)?
« Pour Thaïes , Dieu est cette intelligence qui, ayant tout pétri avec de l'eau , le premier de tous les éléments, a formé le monde; et, tout en soutenant que Dieu doit être incorporel , Thaïes l'unit à l'eau comme à un corps, afin que Dieu puisse opérer avec le secours d'un corps; comme si une intelligence ne pouvait pas exister sans corps (3).
;i) « Audite portenta et miracula, non disserentium philo- « sophorum , sed somniantium {Ibid. ). »
(2) « Admirabar tarditatem eorum (P)atonicorum) qui Deum a rotiuidum esse velint, quia ea forma ullam neget esse pul- < chriorem Plato. A t mini velcylindri, vel quadrati, vel corn vel « pyramidis videtur esse formosior {Ibid.). »
(3) « Thaïes aquam dixit esse initium rerum; Deum autem eam
« Anaximandre pense que les dieux, à des intervalles différents, naissent et meurent comme les hommes. Rien de plus absurde ; car on ne peut admettre Dieu à moins qu'il ne soit éternel (1).
« Anaximène établit que l'air est Dieu; que ce Dieu ayant été engendré , n'en est pas moins immense et sans fin. Autre absurdité; car tout ce qui naît doit mourir, et tout ce qui a un principe a aussi une fin (2).
« Anaxagore a été le premier de tous les philosophes à penser que Tordre des êtres et leur manière d'exister a été l'œuvre de la force et de la raison d'un esprit infini, n'ayant pas de corps extérieur. Mais moi je proteste ne pouvoir comprendre avec ma raison, et en conséquence ne pouvoir admettre, qu'une simple intelligence incorporelle soit capable de sentiment et d'action sur les corps (3).
« mentem qurc ex aqua cuncta fingeret. Si dii esse possunt sine <' sensu, sed mente, cur aquam adjunxit , si ipsa mens constare « potest vacans corpore (Ibid.)? »
(1) « Anaximandri opinio est, uativos esse deos, longis in- « tervallis orientes, occidentesque. Sed nos Deum, nisi sempi- « ternum, intelligere quî possumus (Jbid.)? »
(2) « Anaximenes aerem Deum statuit, eumque gigni esseque « immensum et infinitum, quasi non omne quod ortum sit ■■< mortalitas consequatur (Ibid.) ! »
(3) « Anaxagoras primus omnium rerum descriptionem et mo- « dum mentis infinitœ vi et ralione conhci voluit. Cingi corpore « externo ei non placet. Aperta et simplex mens , nulla re ad- « juncta, quae sentire possit, fugere intelligentiae nostrae vim et « notionem videtur (Ibid.). »
« Pour le Grotoniale, le soleil, la lune, toutes les étoiles et toutes les âmes des hommes sont des dieux. Mais peut-on souffrir une pareille extravagance qui attribue à des choses mortelles la divinité et l'immortalité (1)?
« Pythagore croit que Dieu est une grande àme, infuse et mêlée à la nature corporelle tout entière; et que de cette àme, comme des parties détachées d'un tout, naissent nos âmes; de sorte que ce pauvre Dieu est obligé à se voir à chaque instant déchirer et mettre en lambeaux. Et d'ailleurs Pythagore aurait à expliquer comment l'homme est si ignorant : peut-il rien ignorer, l'être qui est une partie de Dieu et Dieu luimême 2)?
» Xénophane affirme que Dieu est tout ce qui esl infini, uni à une intelligence. Cette opinion , d'un côté, est aussi absurde que celle des autres, puisqu'elle admet une intelligence sentant , quoiqu'elle n'ait pas de sens; et, de l'autre côté, cette opinion est plus absurde que celle des autres,
(1) « Crotoniates qui soli et lunœ, reliquisque sideribus ani- « moque divinitatem dédit, non sensit sese mortalibus rébus « immortalitatem dare Jbid.). »
(2) « Pytbagoras, qui ceusuit animum esse per naturam reruni ■ nnmem intentum et conimeantem, ex cjuo auimi nostri ca- " perentur , non vidit , distractione humanorum animorum , « dracerpict dilacerari Deuni. Gurauftuu quidquain iguoraret " an i mus honiinis, si Deus esset (Ibid*)f «
CHEZ LLS AVCIOS. *} [
parce que l'infini ne peut pas être sensible ni composé (1).
« Parménide, en partant delà similitude de la couronne, a imaginé je ne sais quoi d'entièrement poétique et factice, qu'il appelle sirphanon (mot grec signifiant couronne). Ce stép/mnon est Porbite de l'univers, contenant la lumière et la chaleur, et environnant le ciel ; et c'est cette orbite qui , pour Parménide, est Dieu. Pour moi tout cela est un jeu d'imagination ; je n'y puis y voir d'aucune manière ni la figure ni le sens de Dieu [S .
i Quant à Empédocle qui a fait quatre dieu\ ta quatre éléments dont se composent les choses, tout en croyant avoir mieux raisonné que les autres, il s'est trompé plus honteusement que les autres. Car il est évident que ces quatre éléments naissent et meurent ; et par cela même il est évident qu'ils ne peuvent pas être Dieu (3).
« Je mets hors de question Protagore ; car, ayant
(!) « Xenophanes, qui, mente adjuneta, omne pra?terea quod « esset infinitum Deum voluit, de ipsa mente reprehenditur ut « ceteri. De inflnito autem vehementius , in quo nihil neque « sentiens neque conjunctum esse potest [IbicL). »
(2) « Parmenides commentitium quiddam coronœ similitu- « dine efficit ; stephanon appellat, continentem ardore lucis or- » hem, quicingitcaelum,quem appellat Deum. In quo neque tigu- « ram divinam neque sensum quisque suspieari potest (Ibid. ). »
(3) « Empedocles in deorum opinione turpissime labitur : " quatuor naturas, ex quibus omnia coustare vult, divinas esse * censet, quas el nasci et extingui perspicuum est (lbid. ). »
72 LA RATSON PHILOSOPHIQUE
dit qu'il ne sait rien de certain à l'égard des dieux, ni s'il y en a ou s'il n'y en a pas, ni ce qu'ils peuvent être, il donne assez à croire qu'il n'admet point de divinité (1).
« Nous en ferons de même à l'égard de Démocrite ; car lui aussi , ayant soutenu qu'il n'y a rien d'éternel, tout étant variable et changeant, il a oté Dieu du monde , de manière à n'en laisser aucune trace (2). »
14. Mais l'interlocuteur de Gicéron va encore plus loin ; et il remarque que , dans cette importante question , les philosophes , en ne suivant tous que leur propre raison , sont en plein désaccord nonseulement chacun avec tous les autres, mais aussi chacun avec lui-même. De sorte que non-seulement ce qui est vrai pour un philosophe ne l'est pas pour un autre, mais ce qui pour un philosophe est vrai aujourd'hui ne l'est pas le lendemain, c'est-àdire que les opinions que se forme la raison toute seule sont aussi inconstantes qu'elles sont incertaines.
« Si, pour prouver, dit-il , l'inconstance des phi-
(1) « ISeque vero Protagoras, qui sese negat de diis habere quod liqueat, sint, non sint, quodque sint, quidquam videtur
« dénatura deorum suspicari (Ibid.). »
(2) « Quid Democritus? Cum neget esse quidquam sempi- « ternum, quia nihil semper suo statu manet; Deum ita tollit «< omnino, ut nullam opinionem ejus reliquam faciat (Ibid.). »
losophes dans leurs propres opinions, je voulais faire l'histoire des variations de Platon, je n'en finirais jamais. Il suffit de remarquer que dans le même livre intitulé le limée , et dans le même livre des Lois, tantôt il est évident pour Platon que Dieu, le père de ce monde, est l'être qu'on ne peut pas nommer, qu'on ne doit pas même essayer de connaître ce qu'il est ; et tantôt il est aussi évident , pour le même Platon, que Dieu peut être nommé, et qu'on peut affirmer ce qu'il est. Car c'est Platon qui dit que l'univers entier, le ciel et la terre, les astres et les âmes des hommes, sont Dieu. Quant à moi, je ne vois rien d'évident dans tout ceci que la légèreté, la contradiction , et la niaiserie (1).
« La raison de Xénophon , son disciple , n'est pas moins inconstante. Lui aussi tantôt fait dire à Socrate qu'on ne doit pas examiner de quelle forme est Dieu ; et tantôt il dit que Dieu n'est que le soleil, dont la forme nous est connue. Tantôt Dieu n'est qu'un , pour Xénophon ; et tantôt il y a pour lui aussi plusieurs dieux. Tout cela est de la même force que l'opinion de Platon , que je viens de rap-
(1) « De Platonis inconstantia longum est dicere; qui, in « Timxo , patrem hujus mundi nominari negat posse ; in < Legum autem libris, quid sit omnino Deus, inquiri oportere « non censet. Idem in Timœo et in Legibus dicit et mundum « Deum esse et cselura et astra et terram et animos. Quse et per « se sunt falsa perspicue, et inter se vehem enter repu gnantia Jbid.). »
^4 LA KAlSO\ PHILOSOPHIQUE
peler, et mérite qu'on en fasse le même cas(l).
« Mais , en fait de changement d'avis sur ce même sujet, personne ne saurait surpasser Aristote, si nombreuses et si contradictoires sont ses opinions sur Dieu, que cependant il nous présente toutes et toujours comme également vraies et également certaines. Car, pour Aristote , tantôt la Divinité n'est qu'une intelligence , et tantôt elle n'est (jue le monde; tantôt, outre l'intelligence-Dieu et rintelligence-monde,il y a un autre Dieu qui pré- Mdfl au monde et à l'intelligence; et tantôt Dieu n'est que le feu céleste. Mais Aristote, qui a tout \ h par sa raison , n'a pas vu ce que je vois par la mienne, à savoir qu'il est en contradiction ouverte avec lui-même. Car le ciel n'est, au fond, qu'une partie de ce même monde dont Aristote a fait ailleurs nu seul Dieu (2).
« Xénocrate, condisciple d'Aristote , sans être plus ferme (pic lui dans ses évidences , est plus fou que lui dans ses extravagances. Il était certain pour
(1) « Xenophon eadem fere peecat; facit enim Socratem disputantem formam Dèi quaeri non oportere; eumdemque solein et animum Deum dieere; et modo unum dicere Deum, modo plures, qua? sunt in eisdem erratis fere ac ea qua; de Platone
diximus {Ibid.). »
(2) « Arisloteles quoque mutta habet ; modo enim menti tribut! onmeni divinitatem. modo mundimi Deum dicit ess*1 ; modo quemdam alium piceficit mundo. Tum e<eli anJorem Deum dieit esse; non inlelliuens ealum mundi esse partem quem ajjq loco ipse designavit Deum esse 'Ibid.). »
CHEZ LES ANCIENS. rj >
Xénocrate qu'il n'y a que huit dieux. Les cinq premiers dieux sont les cinq planètes qu'on connaît. Le sixième dieu, ce sont les étoiles fixes, qu'on ne doit considérer que comme les membres différents d'un même et simple dieu. Le septième dieu est le soleil , et le huitième la lune (1).
« Mais Heraclite, élève de la même école de Platon, à la comédie sérieuse de Xénocrate a ajouté force de contes ridicules, bons pour les enfants. Car pour lui tantôt Dieu est le monde, tantôt l'intelligence, tantôt les planètes; et lorsqu'il fait de Dieu un être corporel , il lui refuse toute espèce de sens; et lorsqu'il dit que Dieu n'est qu'intelligence, il en varie la figure. Et dans le cours de son ouvrage, se rappelant qu'il avait laissé derrière lui le ciel et la terre, il revient sur ses pas, et du ciel et de la terre il daigne faire deux autres dieux L2 '..
« Il semble qu'en fait de légèreté et d'inconstance dans ses propres opinions, on ne puisse pat aller plus loin que les philosophes que je viens de
(4) « Nec vero ejus condiscipulus Xenocrates, in hoc génère « prudentior. Ueos enim octo esse dicit : quinque eos qui in « stellis vagis nominantur; unum, qui ex diversis quasi membris « simplex sit putandus deus; septimum solem adjungit, octa- « vumque lunam (Ibid.). »
Fa eadem Platonis schola Heraclitus puerilibus fabulis
■ referait libros. Modo mundum , tu m iiientem divinam esse n putat, errantibus etiam stellis divinitatem Iribuit , sensuque " Deum privât, ejusque forniam mutabiiem esse vult ; eodemque
■ iibro nnrsiis terrain et eadun referl in Deum ( Ibid ). »>
citer. Il n'en est cependant pas ainsi. Théophraste est allé encore au delà , au point qu'il s'est rendu tout à fait intolérable. Car tantôt il accorde à une intelligence unique la nature divine et la principauté du monde ; tantôt il défère tout cela aux signes du zodiaque, au ciel, et aux étoiles (1).
« Il n'y a que votre Zenon le Stoïcien qui puisse disputer à Théophraste la palme de la légèreté et du ridicule. Il avait commencé par dire qu'il n'appartenait qu'aux philosophes de sa trempe et de son calibre d'avoir une opinion certaine , déterminée et toujours la même à l'égard de Dieu (2). Et cependant personne , sur ce même sujet , n'a plus souvent que lui changé d'opinion. Pendant quelque temps il ne reconnut que l'air pour son Dieu. Dans la suite, le Dieu de Zenon fut une certaine raison environnant, investissant, pénétrant toute la nature. Depuis, tantôt c'étaient les astres, tantôt c'étaient les années, les mois et les saisons, qui étaient des dieux. Et, après avoir créé et adoré tant de dieux, un beau jour il finit par les nier tous; ayant nié, dans son commentaire sur la Théogonie d'Hésiode, que l'homme ait aucune
(1) « INec vero Theophrasti ferenda inconstantia est; modo « enim menti divinum tribuit principatum, modo caelo, tum « autem signis sideribusque cœlestibus (Ibld.). »
(2) « Est enim philosophi de Diis immortalibus habere non « errantem et vagam, ut Academici, sed, ut nostri, stabilem cer- « tamque sententiam (Lib. II). »
CHEZ LES 49GUUHL y 7
idée innée, aucun sentiment naturel de Dieu (1).
« Ce riche patrimoine de la raison philosophique de Zenon ne périt pas avec lui : Cléante, son disciple, en hérita, et en fit son profit pour y ajouter des variations et des folies nouvelles. Car, pour Cléante, tantôt c'est l'intelligence et l'âme de la nature qui est Dieu; et tantôt le vrai Dieu est infailliblement le feu, qu'il appelle et lier; et, poussant encore plus loin le courage du délire , tantôt il imagine une certaine forme ou image de divinité séparée de toute autre chose , et tantôt il établit que c'est dans la raison , dans la raison seule de l'homme qu'il faut chercher la Divinité (2). »
Parvenu à ce point , l'interlocuteur de Cicéron ne peut s'empêcher de pousser un profond cri de détresse, et de prononcer cette triste exclamation, que je recommande particulièrement aux rationalistes catholiques, aux défenseurs modérés de l'ap-
(1)« Zeno(utad vestros,Balbe, veniam, aholococetheraDeum « dicit, aliis libris rationem quamdam per omnem pertinentem « naturam , ut divinam esse effectam putat. Idem astris hoc ». tribuit, tum annis, mensibus, anuoruinque inutationibus. « Cum Hesiodi Theogoniam interpretatur tollit omnino insitas « perce ptasque cognitiones deorum ' Ibid. ). »
(2) « Cleantes, Zenonis discipulus, tum ipsum mundum Deum « dicit esse, tum totius naturae menti, atque animo hoc uomen o tribuit, tum ardorem quiaether nominatur, certissimum Deum « judicat idem, quasi delirans ; tum fingit formant quamdam et « speciem deorum , tum divinitatem omnem tribuit astris. tum < nihil ratione divinius [Lab. I). »