‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 20 sur 98 · J02 LA. RAISON PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

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plus certain , le plus uniforme , le plus frappant du passé , le voilà réfuté , brisé d'avance , convaincu d'impuissance, de sottise, d'imposture dans ses prétentions orgueilleuses, pour le présent et pour l'avenir. Ainsi vous sentez toute l'importance de la discussion à laquelle vous venez d'assister.

20. En attendant , revenons encore pour un instant, afin de nous désillusionner d'une part et de nous édifier de l'autre , sur les opinions des anciens philosophes dont une esquisse vient d'être mise sous vos yeux.

Quel spectacle humiliant pour la raison humaine offrent ces hommes, ces philosophes que le monde a estimés et estime encore de grands hommes, qui l'étaient en effet sous plusieurs rapports, et qui cependant sont devenus si petits , si funestes , dès qu'ils ont voulu, par leur propre lumière, créer la vérité, créer les devoirs, créer les croyances !

Ainsi, la raison philosophique , dans ces temps-là , n'a fait que transformer les plus grands hommes en véritables enfants, les philosophes en idiots, les savants en ignorants, parce qu'ils ont fini par ne rien croire , et , par conséquent , par ne rien savoir ; car, en matière de religion, savoir, c'est croire, et celui qui ne croit rien ne sait rien. La raison philosophique n'a fait que transformer les chercheurs de vérité en misérables jouets de toutes les

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erreurs. Et au contraire , parmi les peuples chrétiens, les enfants sachant leur catéchisme sont de véritables hommes, les idiots de véritables philosophes , les ignorants de véritables savants , les gens que leur âge tendre et le petit nombre deleurs connaissances exposent à être le jouet de l'erreur possèdent au plus haut degré les plus importantes vérités , les doctrines les plus élevées, les mystères les plus sublimes, les lois les plus parfaites. Dans les anciens temps , la raison philosophique a fait à peine bégayer les hommes faits; et chez nous l'enseignement catholique rend éloquents, selon l'expression des Livres Saints, même les enfants bégayant à peine , et les fait parler en hommes , en philosophes; Linguas infantium fecit esse disertas.

Que diraient donc, M. F. , Socrate, Platon, Zenon, Aristote , Cicéron , si en ce moment ils ressuscitaient de leurs cendres , en voyant cette vérité qu'après tant d'efforts inutiles ils désespérèrent d'atteindre, qu'ils disaient renfermée dans les hauteurs du ciel ou ensevelie dans les profondeurs de la terre; en voyant, dis-je, cette vérité, devenue si commune, si populaire parmi les plus basses classes, parmi les jeunes filles , parmi les jeunes enfants chrétiens? Ah! qu'ils seraient ravis de joie ! ah! qu'ils admireraient la bonté de Dieu à notre égard, cette bonté de Dieu qui a mis à la disposition de tout le monde les trésors de sa sagesse infinie ! Et s'ils voyaient

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que , de nos jours, on a encore la triste pensée de chercher la religion, la vérité, hors de renseignement chrétien , ils crieraient à nos pauvres philosophes : Malheureux que vous êtes! comment, vous avez le Fils de Dieu qui vous instruit, et vous allez chercher encore , vous demandez à la parole creuse , à la parole vide de l'homme , ce que vos doctrines et votre enseignement religieux vous apprennent ! Comment, vous vous obstinez à chercher dans nos livres la vérité, que vous trouvez tout entière dans l'Évangile ! Comment , vous venez encore frapper à nos portes pour y trouver la science, tandis que vous l'avez tout entière dans l'Église! Courbez vos fronts , pliez vos genoux devant le Fils de Dieu, qui est votre unique maître; n'écoutez que lui; Ipsum audite. Oui, croyez, diraient-ils, croyez-en notre expérience : hors de cette lumière, il n'y a pas de vérité. Comme dans le monde matériel il n'y a pas deux soleils , il n'y en a pas deux non plus dans le inonde spirituel : il n'y a qu'une seule lumière de justice et de grâce, c'est la lumière du Verbe de Dieu , que Dieu a aujourd'hui constitué votre maître; Ipsum audite.

Pour moi, M. F., heureux d'avoir approfondi pendant trente ans cet enseignement divin , prêt à lui tout sacrifier, même l'honneur, je ne veux pas , à l'exemple de saint Paul, connaître d'autre enseignement, je ne veux pas savoir d'autre science que celle de Jésus-Christ, que je trouve dans l'É-

glise; Arbitrants sum , me nihil scire nisi Jesum

Chrîstum; et je préfère me sauver avec les simples, avec ceux que la raison philosophique dédaigne . méprise , en les appelant des esprits faibles , plutôt que de me perdre avec ceux que la raison philosophique divinise, et auxquels elle accorde l'apothéose du génie.

Quant à vous, jeunesse française, jeunesse chrétienne , hommes faits , qui , tout en vous livrant aux recherches pénibles de la science humaine , mettez votre honneur, votre gloire, à conserver la science divine de la religion et la foi de Jésus- Christ, restez, restez toujours dans cette voie de certitude, de vérité et de salut; ne vous en laissez pas détourner par les misérables plaisanteries de la raison philosophique qui vous appelle de pauvres esprits, tandis que, par cela même que vous avez la force de croire ce que vous ne comprenez pas, vous vous montrez , dirait saint Léon , maîtres de vous-mêmes, ayant une grande force d'intelligence, possédant des âmes solides , nobles et généreuses ; Magnarum vigorest mentium ea credere quœ oculorum non videntur intuitu. Ne fléchissez pas devant la faiblesse , la lâcheté du respect humain ; soyez toujours ce que vous êtes, disciples fidèles de Jésus- Christ; n'écoutez que lui; Ipsum audite.

Mais ne vous contentez pas de lui assujettir votre esprit , assujettissez-lui aussi votre cœur ; son enseignement ne doit pas être seulement l'aliment

de votre intelligence, il doit aussi être le guide de votre volonté et la règle de votre conduite. Vous ne devez pas seulement croire à la religion , vous devez aussi la pratiquer , la réaliser dans vos mœurs. C'est à cette condition que vous serez les véritables disciples, les sectateurs fidèles du Fils de Dieu ; c'est à cette condition que vous suivrez vraiment cet enseignement divin , le seul nécessaire , le seul vrai , le seul certain , le seul parfait ; le seul qui en nous éclairant nous réforme , en nous humiliant nous élève, en nous mortifiant nous sanctifie , en nous guidant nous couronne , en nous rendant paisibles, tranquilles, honnêtes hommes pendant la vie , fera notre bonheur après notre mort. Ecoutez donc Jésus-Christ; Ipsum audit*. Soyez ses disciples dans le temps : il vous fera part de sa gloire et de sa félicité dans l'éternité. Ainsi soit-il !

"Note A (Page 23).

Puisque des préjugés existent encore contre la doctrine établie à cet endroit de la Conférence , il n'est pas inutile de présenter ici au lecteur, dans son entier , le passage du cardinal Gousset, touchant la même doctrine, et dont une partie seulement a pu être citée dans le texte , et de raccompagner de quelques autres témoignages.

« Toutes les nations ont conservé une idée plus ou moins distincte de Yunité de Dieu. 11 faut, dit Bergier, ou que cette idée ait été gravée dans tous les esprits par le Créateur lui-même, ou que ce soit un reste de tradition qui remonte jusqu'à l'origine du genre humain, puisqu'on la trouve dass tous les temps.

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