AUSSI BIEN QUE DANS TOUS LES PAYS DU MONDE
« On trouve la croyance de Yunité de Dieu, la notion d'un Être suprême, maître de toutes choses, même chez les peuples qui sont tombés dans l'idolâtrie. Les gentils ont connu le vbai Dieu. Et c'est parce que, l'ayant connu, ils ne l'ont pas glorifié comme dieu , qu'ils sont inexcusables. Ils se sont rendus grandement coupables en adorant la créature au lieu du Créateur. Voilà en quoi principalement consiste le crime des idolâtres.
« Les gentils n'admettaient point, du moins généralement, plusieurs dieux proprement dits, plusieurs êtres incréés, souverains , indépendants. Le polythéisme , comme nous l'avons fait remarquer d'après Bullet , n'est point un polythéisme dVgalité, mais de subordination. Les païens, dit Beatisobre, n'ont jamais confondu leurs dieux célestes ou terrestres avec le Dieu suprême, et ne leur ont jamais attribué l'indépendance et la souveraineté. Si par le polythéisme on entend plusieurs dieux souverains et indépendants, il est faux que les peuples aient jamais cru plusieurs dieux. Ils ont bien su que ces dieux n'étaient que des intelligences qui tiraient leur origine du Dieu suprême et qui en dépendaient, comme étant ses ministres, ou des hommes illustres par leurs vertus, et par les services qu'ils avaient rendus au genre humain ou à leur patrie.
« Nous pourrions citer, à l'appui des auteurs profanes, philosophes et poètes , tous ceux qui ont parlé de la religion des anciens peuples. Ils font tous mention d'un être éternel et sou-
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verain qu'ils nomment le père, le maître, le roi des hommes et des dieux (Hésiode, Homère, Virgile, Ovide); ce qui répond à ce que disent les Livres Saints, où le vrai Dieu est appelé le Seigneur des seigneurs, le Dieu des dieux; Deus deorum et Dominas dominantium.
« Maxime de Tyr, philosophe platonicien, n'est pas moins exprès (qu'Hésiode et Homère, cités au long). « Quand, dit-il, « on interroge les hommes sur la nature de la Divinité , toutes « leurs réponses sont différentes. Cependant, au milieu de cette « prodigieuse variété d'opinions, vous trouverez un même sen- « timent par toute la terre : c'est qu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui u est le Père de tous. » « Il est d'ailleurs constant, comme l'ont prouvé plusieurs savants, que les peuples de l'Asie, de l'Europe, de l'Afrique et de l'Amérique, même ceux qui ont adoré ou qui adorent encore plusieurs dieux , en ont toujours reconnu un supérieur aux autres (Bullet, de l'Existence de Dieu, H': part.). »
« Forcé de nous restreindre , nous nous contenterons de faire remarquer que les Pères de l'Église n'ont pas craint d'invoquer, en faveur du dogme catholique, la croyance des peuples et des auteurs païens.
« Saint Irénée , disciple de saint Polycarpe , prouva l'unité de Dieu , créateur du ciel et de la terre , par le témoignage de tous les hommes; Omnibus hominibus , ad hoc demum consentientibus; ajoutant que « les plus anciens ont consacré cette croyance, « et d'après la tradition primitive du premier homme. »
Dans le dialogue de Minutius Félix, le païen Cécilius reproche aux chrétiens d'adorer un Dieu qui n'était connu que des Juifs. Le chrétien Octavius répond : « Ne cherchez pas un « nom à Dieu. Dieu, voilà son nom. Mais quoi? n'ai-je pas, « quant à lui, le consentement de tous? J'entends le vulgaire « (des païens), lorsqu'il lève les mains au ciel, ne dire autre chose « sinon : Dieu est grand, Dieu est vrai. Si Dieu vous en fait « grâce. Est-ce là le discours naturel du vulgaire , ou bien la ■ preuve du chrétien ? Et ceux qui font de Jupiter le souverain « s'y trompent pour le nom, mais ils s'accordent à ne reconnaître « qu'une puissance. »
« Tertullien dit aussi que « les adorateurs des faux dieux ne font mention, dans leurs serments et dans leurs actions de
grâces, d'aucune divinité particulière, mais du seul vrai « Dieu. »
« Ailleurs le même Tertullien dit aussi : « Plusieurs chrétiens « ont prouvé la vérité de leur doctrine par le témoignage des « poètes et des philosophes. Mais j'invoque un témoignage nou- « veau, plus connu qu'aucune littérature , plus répandu qu'au- « cune doctrine. Tiens-toi là, 6 mon âme !... non pas toi formée « dans les écoles, exercée dans les bibliothèques, repue dans les « académies, et travaillée d'une indigestion de sagesse. Mais c'est « toi-même, âme simple, rude et grossière, toi telle que t'ont • ceux qui n'ont que toi; c'est toi que j'interpelle, âme tout « entière de village, d'ouvroir, de carrefour. Nous (chrétiens) « déplaisons quand nous prêchons un Dieu unique , par cet « unique nom. Rends témoignage s'il en est ainsi. Nous t'enten- « dons, et à la maison et au dehors, prononcer tout haut et avec « toute liberté : Ce que Dieu demande. Ce que Dieu voudra. Par « cette parole tu fais entendre qu'il est un Dieu à qui tu con- « fesses toute puissance , à la volonté de qui tu es soumise. En ■ même temps tu nies que les autres soient dieux, en les dési- « gnant par leurs noms propres : Saturne, Jupiter, Mars , Mi- « nerve. Tu affirmes seul Dieu celui que tu n'appelles que Dieu. « Ainsi donc, et à la maison et en public, sans que personne se « moque de toi et t'en empêche, tu cries, du fond de ta cons- « cience : Dieu voit tout. Je le recommande a Dieu. Dieuju- « géra entre nous. D'où te vient cela à toi, qui n'est pas chré- « tienne? à toi le plus souvent encore couronnée des bandelettes « de Cérès, ornée du manteau de Saturne, revêtue des insignes « d'Isis? Jusque dans le temple, tu invoques Dieu pour juge. '.< Debout, dans une chapelle d'Esculape, devant une Junon d'ai- « rain, chaussant une Minerve, tu n'en appelles à aucun des dieux « présents. Dans tout ton intérieur tu en appelles à un autre juge ; « dans les temples, tu souffres un autre dieu. Ce témoignage de « la vérité , après des démons eux-mêmes, te rend témoin des « chrétiens. »
« Suivant Lactance, les idolâtres, en admettant plusieurs dieux qui président aux différentes parties de l'univers, « admettent •< en même temps un seul gouverneur suprême. »
« On sait , dit Arnobe , que le Dieu tout-puissant n'a été ni en- • gendre ni mis au monde; mais qu'il est éternel : on le sait par
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<« l'unanimité et le commun consentement de tous les mortels. » « Saint Augustin s'exprime comme Arnobe : « A l'exception « d'un petit nombre, en qui la nature est trop dépravée, tout «* le genre humain confesse Dieu auteur du monde. »
«Maxime de Madaure, philosophe païen, écrivait à ce même saint Augustin : « Qu'il y a un Dieu souverain et éternel , le « père et l'auteur de toutes les choses. Quel homme est assez « grossier et assez stupide pour le nier? C'est celui dont nous - adorons , sous des noms divers , la puissance répandue dans « toutes les parties du monde. Nous, autant de mortels que nous « sommes sur la terre, nous adorons le père commun des dieux « et des hommes par différents cultes , à la vérité , mais qui « s'accordent tous dans la variété même, et ne tendent « qu'à la même fin. » Et saint Augustin répondait à ce philoso- « phe : Ce seul Dieu dont vous me parlez est certainement « celui qui est reconnu dans tout l'univers, et sur lequel , « comme l'ont dit les anciens, les ignorants s'accordent avec « les savants. »
« Maxime se trompait sans doute, et son culte des dieux était une erreur. Mais il attestait du moins , comme saint Augustin l'attestait lui-même, la croyance générale d'un Dieu unique, dont la notion est commune à tous les peuples. On convient que la notion du VRAI DIRU n'a jamais été aussi distincte, aussi pure, aussi parfaite chez les païens que chez les patriarches, les Juifs et les chrétiens. Mais il n'en est pas moins vrai que, quoique altérée par les superstitions de l'idolâtrie, elle se trouve partout , et que les gentils , encore qu'ils aient adoré les idoles, ont cependant connu et confessé le Dieu souverain, père et auteur de toutes choses, comme l'a dit le confesseur Saturnin au concile de Carthage de l'an 258; Gentiles , quamvis idola cotant, tamen summum Deum patremel creatorem omnium co~ gnoscunt et confit entur (Théolog. dogm., 1. 1 , p. 318 et suiv.). »
On trouve aussi, dans le même ouvrage du savant Monseigneur Gousset, ces deux remarques qui se rapportent à la même doctrine :
« L'existence des bons et des mauvais anges est un des dogmes de la révélation primitive, une croyance qui, transmise par les patriarches, s'est répandue dans toutes les parties de la terre. Bossuet dit : « Quand je vois , dans les Prophètes, dans X Apoca-
CHEZ LES ANCIENS. j , j
■ lypse et dans Y Évangile même, cet an*e des Perses, des Grecs
■ des Ju.fs, des petits enfants, et, parmi tous ces anges, S « m met sur l'autel le reste d'encens de la prière , je rec nn
- dans ces paroles une espèce de médiation à* saints an'es
^ — '- ™- qui a pu donuer occasioa au/paï;Js
utes dans les éléments et dans les flfc Car toute erreur est fondée