LA RAISON PHILOSOPHIQUE DANS LES TEMPS MODERNES
Vndeememus panes, ut manducent hi ?
Comment ferons nous pour nous procurer du pain pour donner à manger à tout ce monde? {Évangile du 4e dimanche de Carême.)
1.1 es miracles de J.-G. ont cela de particulier, I Jque , tout étant historiquement vrais, ils sont en même temps mystérieusement prophétiques.
D'abord, le pain signifie la nourriture de sa parole ; le poisson, l'efficacité de sa grâce. Car saint Augustin a dit : « Le poisson passé par le feu est J.-G. passé par le feu de sa passion, par laquelle il nous a mérité toutes grâces ; Piscis assus est Christus passus (In Joan. ). »
Le grand prodige donc par lequel cet aimable Sauveur, avec une très-petite quantité de pain et de poisson , a aujourd'hui rassasié tout un peuple dans le désert , est la figure et la prophétie du prodige encore plus grand par lequel , avec les quelques articles de sa céleste doctrine et le petit
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nombre de ses divins sacrements, il a, après mort, l'humanité entière dam le dés* i *
de ce monde.
Mais remarquez bien, M. T. C. F., la particularité historique rapportée dans le même évangile : que la multitude n'ayant pu tout à fait consommer le pain et le poisson avec lesquels J.-C. Ta restaurée, on a recueilli douze corbeilles des restes de cette nourriture miraculeuse, et que ces corbeilles sont demeurées aux mains des apôtres.
Or, cette particularité signifie que la doctrine et la grâce de J.-C, en rassasiant les peuples dans le présent . ne tarissent jamais, mais restent toujours les mêmes pour rassasier les peuples aussi dans l'avenir, et qu'elles ne se trouvent que dans les mains et au pouvoir de l'Église quiles a recueillir'-. el qui en garde fidèlement le dépôt.
VJ J.-C. qui dit à saint Philippe : « Comment ferons-nous pour nous procurer du pain pour donner à manger à tout ce monde; UtÉie emrmus panes, ut mandatent ht ? » est J.-C. qui proclame cette grande di importante vérité : Que l'homme ne peut pas, par ses seuls moyens , se procurer la vérité et la grâce, et que cet aliment divin de la bonté et de la puissance de J.-C. ne se trouve que dans l'Église, et ne peut lui être administré que par l'Église.
Voilà donc condamnée , flétrie d'avance la pensée aussi stupide que coupable de la raison philosophique de nos jours, prétendant découvrir par se>
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seuls moyens toute vérité intellectuelle et morale , et se créer la religion.
Ah ! nous avons vu déjà combien la raison philosophique des siècles païens a été vaine et funeste, lorsqu'elle a voulu marcher seule à la conquête de la vérité.
Nous avons vu aussi que si la raison ratholiqup des siècles chrétiens a, au contraire , été assez heureuse pour garder et développer la vérité , c'est parce qu'elle a toujours marché sous la tutelle et en compagnie de la religion.
Il nous reste à voir aujourd'hui comment la toison philosophique moderne , ayant renouvelé le divorce de la raison philosophique ancienne entre l'esprit humain et la religion , a subi le même châtiment , est tombée dans la même misère , a été également vaine et funeste dans ses résultats; afin d'en conclure que , en dehors de la religion e< de l'Église , il n'y a pas moyen de trouver le pain substantiel de la vérité pour la nourriture des peuples; Unde ememus panes, ut mandueent hi?
Implorons, par l'intercession de Marie, la grâce d'en haut, pour comprendre et mettre à profit cette grande et importante leçon. Ave Maria.