‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 37 sur 98 · D7. LA RA1SOJN PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

D7. LA RA1SOJN PHILOSOPHIQUE

propres yeux. La foi, que vous croyez avoir entièrement perdue, est encore au fond de votre cœur, où l'instruction première et le dévouement de votre mère l'ont déposée. Sondez-le ce cœur; ôtez-en les couches de boue que les fausses doctrines et les passions y ont entassées ; et vous trouverez sous ces terrains d'alluvion postérieurs le sol primitif de cette croyance catholique qui, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, forme toujours le fond de la nature française.

Levez-vous vite donc, marchez, revenez à votre Père céleste, qui n'a jamais cessé de vous regarder avec compassion , même pendant que vous étiez éloigné : Cum adhuc longe esset, vidit illum Pater ipsius. Venez, et ne craignez pas de rencontrer un juge sévère dans ce divin Père, que la miséricorde rend impatient d'embrasser en vous un coupable qui est son enfant. Le voici, ce Père de bonté, venir à votre rencontre, et vous abréger la longueur du chemin qui vous sépare de lui : Et misericordia motus est, et accurrens. Il se jettera à votre cou, il vous embrassera, vous pressera sur son cœur: Cecidil super collum ejus. Il imprimera sur votre bouche, avouant par la confession vos torts, le baiser de la réconciliation et de l'amour : Et osculatus est eurn. Il ordonnera à nous, ses ministres, de vous dépouiller des haillons de vos erreurs et de vos vices, et de vous orner de la robe riche, précieuse de la grâce : Proferte stolam primant,

et induite illum. II voudra qu'on mette l'anneau de la fidélité à votre doigt, la chaussure de la persévérance à vos pieds, pour marcher toujours dans les voies de la croyance et de la vertu : Date annulum in manum ejus, et calceamenta in pedes ejus. Il vous fera asseoir à sa table, en compagnie des enfants chéris qui lui ont été fidèles, où l'Agneau divin sera votre nourriture et votre joie: idducite vituluni saginatum, et epulemur.W sera plus heureux que vous-même de votre retour à l'Église, de votre résurrection à la vie : Quia lue filius meus mortuus erat et resurrexit, perieral et inventas est.

Mes Frères, puisque la Pàque approche; puisque l'indulgence de l'Église nous facilite les voies ; puisque l'exemple de tant de nos frères égarés, qui reviennent, nous encourage; puisque la voix de Dieu nous appelle, que sa grâce nous attire, sa miséricorde nous presse, que notre propre cœur nous en fait un besoin, profitons de ces dispositions heureuses pour décider, pour accomplir notre retour à la foi et à la grâce, qui jadis a fait notre félicité. Ce sera le plus beau jour de notre vie dans le temps qui assurera notre bonheur dans l'éternité. Ainsi soit-il.

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Note A {Page 244).

k Et le critérium de la philosophie, objet des vœux et des efforts de tous les philosophes, et signe auquel on puisse distinguer l'erreur de la vérité; cette première vérité qui puisse servir de point de départ pour la recherche de toutes les autres, ce premier fait qui puisse légitimement expliquer tous les autres faits, est-il encore trouvé? L'un place ce critérium dans l'expérience, l'autre dans l'évidence; celui-ci dans la raison suffisante , Vinstinct ou V habitude; celui-là dans la connaissance réfléchie ou intuitive. Le sens moral, le sens naturel, le sens commun , le sens interne, la raison naturelle, la sociabilité, X identité, \t principe de la contradiction, etc., etc., etc., ont chacun leurs partisans. La maxime , Point d'effet sans cause , paraît évidente à quelqu'un ; Hume n'y voit qu'un prestige que la raison dissipe, et il doute du principe même de la causalité. Berkeley élève des doutes insolubles sur l'existence des corps, et ne découvre qu'un songe de simple apparence dans tout ce que nous appelons matière, monde, univers. L'unôte tout caractère représentatif à nos idées, l'autre voit un caractère représentatif à nos sensations. Celui-ci ne voit dans l'univers que de l'in- « telligence , celui-là n'y voit que de la matière; un pyrrhonien « conséquent n'y verra rien, et nous retomberons dans laques- « tion : Pourquoi y a-t-il plutôt quelque chose que rien? et « même sans pouvoir la résoudre {Reeherches, etc.) » Et M. de Bonald lui-même , l'auteur de ce sombre tableau de la philosophie de nos jours, n'a pas, avec son principe de l'impossibilité que l'homme ait inventé la parole, fait faire un pas de plus à la philosophie; car, quoi qu'il en dise, à l'aide de ce principe, tout vrai qu'il est , on arrivera tout au plus à prouver la vérité de la révélation primitive, mais on ne saurait résoudre les questions de V origine des idées et du critérium de la certitude.

Mais après M. de Bonald, le premier des philosophes spiritualistes de notre siècle , il est bon d'entendre , sur le même sujet, M. de Gérando, le premier philosophe expérimentaliste ou sensualiste du même siècle. « La première impression, dit-

- il, qui s'empare de nous en reconnaissant nos propres er-

- reurs, est celle du découragement. Ce découragement s'ac- < croit encore, en considérant cette longue suite d'erreurs qui « se sont succédé, même dans les régions les plus élevées de « la science; le spectacle des controverses gui ont partagé les

- esprits les plus distingués; la destinée des systèmes qui ont « semble jouir de la considération des siècles. Ya-t-ilquel-

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