LA NÉCESSITÉ, L'UNIVERSALITE, ETC
teuses passions, toujours à genoux devant les puissances du siècle , s'offrant à les servir en esclaves, à la condition qu'elles étendent sur eux leur manteau royal pour en couvrir la nudité , leur épée pour en soutenir la faiblesse.
La seule Église catholique est toujours debout par sa seule force, par le seul principe d'existence qu'elle a en elle-même. Elle seule ne tremble pas devant ces puissances qui font tout trembler ; elle seule leur parle en maîtresse , se pose devant elles en reine , se passe de leurs caresses , de leur ap- • pui et de leur protection. Elle seule pénètre partout , s'établit partout où il y a des pouvoirs humains, sans le concours des pouvoirs humains, et malgré les pouvoirs humains.
S'aveuglant volontairement sur la force innée et indépendante de la vraie Église, la confondant avec toutes les églises de fabrique humaine, la raison philosophique a, dans ces derniers temps, proclamé le principe de la liberté de conscience de tout pouvoir civil, a voulu interdire au pouvoir civil toute intervention dans les affaires de la religion. Et savez-vous pourquoi ? Afin que l'Église catholique , qu'elle a cru n'exister, comme les autres églises, que par l'appui des pouvoirs humains, privée de cet appui , tombât en ruine. Mais faux calculs , vaines illusions ! L'Église ne demande pas mieux que d'être laissée à elle-même; qu'on la laisse faire ses affaires, remplir sa mission elle-
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même. Tandis que les autres communions religieuses vont mendiant protection et appui à tous les pouvoirs, elle seule ne demande aux hommes, comme à Dieu, que la liberté de toute entrave, l'indépendance de toute tutelle et de toute protection. C'est sa prière de tous les instants : Ut destruc lis aduersitatibus... Ecclesia tua secura sibi seiviat Ubertate.
En proclamant donc si haut l'indépendance de l'Église du pouvoir civil , la raison philosophique a proclamé le premier de ses besoins, le plus ardent de ses désirs, l'une des conditions indispensables de son existence et de sa propagation. Elle, la raison philosophique, a fait les affaires de l'Église en croyant travailler à sa ruine ; en croyant la priver de tout secours, est venue à son secours; en croyant combattre contre elle, a combattu pour elle. Car voyez ce qu'elle a fait, voyez comme elle grandit, s'étend, s'affermit, prospère dans l'Océanie, aux États-Unis, en Angleterre, partout où on la laisse faire, où l'on est obligé de la laisser faire; au point que, en voyant que l'Église augmente la puissance de ses moyens, le nombre de ses conquêtes en raison de la liberté politique de son existence, de l'indépendance de son action, maintenant la même raison philosophique , lorsqu'elle arrive au pouvoir, n'a pas honte de renier ses principes, de rétracter ses promesses, de mentir à sa parole; et sa première pensée, ses premiers ac-
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tes sont des pensées, des actes d'intolérance au préjudice de l'Église , pour ôter toute liberté à l'Église, pour asservir l'Église. C'est que l'Église catholique seule, ayant Dieu avec elle , a tout ce qu'il lui faut en elle-même, et n'a besoin que d'ellemême pour être elle-même. C'est ainsi que l'enseignement catholique est universel par son existence , étant le seul existant par lui-même dans tout le monde. Mais seul nécessaire, seul universel, comme la lumière, l'enseignement catholique est aussi le seul enseignement extrêmement facile. C'est sa troisième condition , que nous allons développer dans la troisième partie.