TROISIEME PARTIE
\ 6. /^1 'est bien extraordinaire que ce grand, cet V Jineffable bienfait du Dieu créateur, la lumière matérielle, soit aussi facile qu'il est nécessaire et universel. Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir, comme il suffit d'ouvrir la bouche pour respirer. L'enfant , avant même d'avoir appris à bégayer le mot « lumière, » voit, sans qu'il lui soit nécessaire pour cela de faire la moindre étude , de se donner la moindre peine, de vaincre la moindre difficulté. L'homme grossier, ne sachant pas ce que c'est que la lumière, en jouit autant que le philosophe qui se casse le cerveau et se tourmente l'es-
prit pour en deviner la nature et en constater les phénomènes.
Oh! la belle et fidèle figure qu'est celle-ci, de la lumière spirituelle de l'enseignement catholique, dont l'Église seule a le dépôt, la dispensation et la grâce! Cette lumière divine ne demande aucun effort, aucune étude, aucune application. L'homme le plus ignorant, l'ouvrier, le paysan, la jeune fille , l'enfant , peuvent en jouir autant que le théologien qui passe toute sa vie à en contempler l'origine divine, à en pénétrer les augustes profondeurs , à en étudier les monuments , à en multiplier les preuves.
Il suffit d'avoir les yeux sains et de vouloir les ouvrir, pour voir ; de même il suffit d'avoir l'esprit exempt de la maladie de l'orgueil et de vouloir le soumettre , pour croire. Le philosophe connaît mieux que les autres les prodiges de la lumière, mais il ne voit pas pour cela mieux que les autres. Il a la science de la lumière, mais la science n'en augmente pas en lui la vision. De même le théologien connaît mieux que le fidèle les grandeurs de la religion, mais il ne croit pas pour cela mieux que le fidèle. Il a la science de la religion, mais la science n'en augmente pas en lui la foi. Ce n'est pas celui qui a mieux étudié la physique qui voit mieux, mais celui qui a plus sain l'organe de la vue. De même ce n'est pas celui qui a mieux étudié la théologie qui croit mieux , mais