‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 58 sur 98 · L'INCORRUPTIBILITÉ, LA PLÉNITUDE, LA VÉRACITÉ · texte numérisé non relu

L'INCORRUPTIBILITÉ, LA PLÉNITUDE, LA VÉRACITÉ

Et adduxerunt pullum ad Jesum, et posuerunt vestimenta sua super eum, et Jesum desuper sedere fecerunt.

Et les apôtres amenèrent l'ànon à Jésus, et ils posèrent dessus leurs propres habits, et ils firent asseoir dessus Jésus-Christ.

{Évangile du dimanche des Rameaux.)

I."| 'homme, a dit le Prophète en parlant parti- JLJculièrement des peuples païens , a oublié la noblesse de son origine , la grandeur de sa destinée , la dignité de sa condition ; et dès lors, égaré par les erreurs , corrompu par les vices, il est descendu au dernier degré de l'abrutissement moral, est devenu semblable à une impure et stupide bête de somme : Homo, cum in honore esset, non intellexit ; comparatiis est jumentis insipientibuSj et similis factus est illis (Psal. xlviii).

Il n'y a donc pas de doute , dit le grand saint Hilaire, que l'animal indompté, dont il est parlé dans l'évangile d'aujourd'hui, figurait les peuples gentils qui s'étaient livrés à la licence de toutes

l'homogénéité de l'enseigheMî CATHOL. 3 1 3

les doctrines, aux désordres, aux excès de toutes les passions; Indcmitœ gentes significanlur per

pullum (In Malt h.).

Quant aux habits des apôtres, ils signifient, d'après saint Jérôme, la doctrine des mœurs et la variété des dogmes de l'Église ; Vestis apostolica est doctrina morum eum ecclesiasticorum dogmalum vàrietate (In Mat th.).

Jésus-Christ donc , n'étant assis aujourd'hui sur sa modeste monture que par les mains des apôtres, Desuper eum sedere fecerunt, et qu'après que les apôtres eurent caparaçonné cette même monture avec leurs propres habits, Etposuerunt super eum vestimenta sua , a donné à entendre, d'après le même docteur, qu'il ne s'assied , ne repose sur l'âme, ne règne sur elle, qu'après que l'àme, par sa foi en l'enseignement de l'Église, a été couverte, ornée des doctrines , des croyances de l'Église ; Quitus nisi inslructa fuerit anima atque ornata, sessorem habeve Domimun non meretur (Ibid.).

C'est, M. T. C. F., que Dieu ne peut agréer que ce qui vient de Dieu , qui émane de Dieu , qui appartient à Dieu et qui a quelque chose de Dieu même, comme la grâce et la vérité. C'est que l'enseignement de l'Église est le seul divin; car, semblable à la lumière, c'est le seul enseignement religieux nécessaire, universel, facile, ainsi que nous l'avons vu dans notre dernière conférence. C'est que, comme la lumière toujours, c'est

3r/| l'homogknkit*:, l'immutabilité, etc.,

aussi le seul enseignement religieux homogène, naturel à l'homme, immuable, incorruptible, complet, fidèle, certain, comme nous Talions voir dans la conférence d'aujourd'hui-, d'où nous conclurons que la raison philosophique est bien insensée de négliger, de repousser cet enseignement divin; et qu'au contraire la raison catholique est bien avisée , bien prudente , bien heureuse de le prendre pour sa règle, pour son guide, de s'appuyer sur lui et se confier à lui.

Il nous sera facile de nous pénétrer de ces importantes vérités , si la lumière divine vient à notre aide. Implorons-la donc par la médiation de Marie. Ave, , Maria.

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