DES EDITEURS. XV
venu, lui aussi, une de nos gloires : puisqu'il parle ainsi la langue du pays, il est d'Athènes. La Providence a rédigé ses grandes lettres de naturalisation , et, certes, la France a signé de bien bon cœur au contrat. »
A ces considérations si frappantes de M. l'abbé Hippolyte Barbier, nous ajouterons quelques lignes seulement qui regardent d'une manière toute spéciale notre publication.
Les Conférences peuvent être considérées comme une apologie complète du christianisme. Pour atteindre à son but, le Père Ventura suivit une marche toute nouvelle : il voulut répondre au mouvement très-remarquable de curiosité qui entraine les esprits vers les choses philosophiques. C'est ainsi qu il a pris à tache d'opposer à tant de fausses philosophies qui dépravent le siècle une philosophie solide et pure ; c'est ainsi qu'il a fait de ses Conférences réunies un grand Traité contre le rationalisme ancien et moderne. Il y passe en revue tous les systèmes, et, avec une immense autorité de jugement et de lumière, il les discute pièce par pièce , pour en démontrer victorieusement l'inanité funeste. Jamais la langue de la métaphysique n'avait été si puissamment parlée ni plus heureusement mise à la portée d'un auditoire. Comme on l'a dit, le Père Ventura lui-même dut s'étonner de lui-même.
Plusieurs journaux ont essayé de reproduire en entier ces admirables Conférences , mais leurs reproductions sont tout à fait inexactes. On y fait dire maintes fois à l'orateur ce qu'il n'a pas dit, ou le contraire de ce qu'il a dit. Dans la Gazette de France, 31. l'abbé F. Chatenay en a donné des analyses non moins fidèles que savantes , mais ce ne sont que des analyses. C'est pourquoi nous avons prié le Père Ventura d'en autoriser l'impression avec son concours ; il s'y est prêté