TROISIEME PARTIE
22.T" e Sauveur du monde a dit dans l'Evangile : I j:c La nuit va venir, et pendant la nuit personne ne peut rien faire. Marchez pendant que vous avez la lumière , et ne vous laissez pas surprendre par les ténèbres; car celui qui marche
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dans les ténèbres ne sait pas où il va : Venit nox quando ne/no potcsl operari (Joan.j ix >. Ainbulate du/n lacera habelis, ut non vos tenebrœ cornprehendant. Qui anibuluL in tenebris , nescit quo vadat (Ibid., xn.). Or cet aimable Sauveur nous a donné lui-même l'explication de ces paroles ; car il a dit aussi : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que tout homme qui croit en moi ne reste pas dans les ténèbres ; Quamdiu sum in mundo , ego lux sum mundi. (Jbid. , ix). Ego lux in tnundum veni , ut omnis qui crédit in me in tenebris non /ruinent (Jbid. , xn). Et par là notre divin Maître nous a appris qu'il est dans l'ordre spirituel ce que le soleil est dans l'ordre naturel; que sa révélation est à l'àme ce que la lumière matérielle est au corps ; que comme sans la lumière matérielle on ne peut ni opérer ni marcher, de même on ne peut rien faire de saint et de parfait , on ne peut marcher dans les voies du salut, sans la lumière spirituelle de sa doctrine. C'està-dire que l'enseignement catholique est le seul enseignement religieux à l'aide duquel on peut pratiquer le bien, la sainteté, la vertu.
Et, en effet, l'enseignement religieux des peupies infidèles , en mettant les vices sous le patronage de la Divinité, et en les érigeant même en divinités, tend à détruire, a rendre impossible toute vertu, à corrompre, à abrutir l'homme, au lieu de
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le corriger et de le sanctifier. Parmi ces peuples malheureux, le Prophète Ta dit, la négation du vrai Dieu amène la négation de tous les devoirs de l'homme. La vertu y est anssi rare , aussi difficile que la vérité. Les ténèbres de toutes les erreurs y produisent le désordre de toutes les passions. Comme tout y est superstition dans les croyances, tout y est corruption, abomination dans les mœurs : Dixit insipiens in corde suo : Non est Deus. Corrupti sunt et abomina biles facti sunt in studiis suis; non est qui faciat bonum , non est usque ad unum (Psal. xm).
Les sectes des hérétiques , avec quelques vérités du christianisme, ont conservé la connaissance et la pratique de quelques-unes de ses lois ; mais en protestant contre une partie de la croyance de l'Église, elles ont proteste' aussi contre une partie de sa morale. Leur enseignement, faux ou incomplet par rapport aux dogmes, l'est aussi par rapport aux vertus de l'Évangile. Leur enseignement, en tant qu'il tient encore quelque chose de renseignement catholique, produit, il est vrai, des /tommes de bien; mais des chrétiens parfaits , des saints pratiquant toutes les vertus, tous les conseils évangéliques, il n'en produit pas, il n'en peut pas produire. Connaissez-vous, avez-vous vu, avez-vous rencontré quelque parties saints du protestantisme et de l'hérésie ? Pour moi, je n'en connais pas, je n'en ai jamais vu, je n'en ai jamais rencontré. Je ne sache pas que
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I hérésie, le protestantisme aient jamais produit un seul saint. Leur histoire est là pour prouver que la série des saints, dont ces Églises aussi avaient jadis compté un grand nombre, s'est arrêtée, a cessé, a lini tout à l'ait, à peine se sout-elles séparées de la communion de la vraie Église , et que l'époque de leur schisme a clos leur martyrologe.
On a bien souvent voulu, parmi les protestants, jouer au couvent , singer le prêtre, le missionnaire, la fille de charité; mais, mon Dieu! le scandale, on le sait , a été si grand, le succès si petit, que tout cela a fini par être révoltant ou ridicule.
Parmi les vrais protestants, la vertu chrétienne n'est plus que de l'honnêteté, comme les croyances ne sont plus que des opinions. Avec toute certitude du dogme, tout héroïsme de sainteté a disparu. A travers le voile, bien transparent d'ailleurs, d'une probité naturelle, qui n'a rien d'évangélique, et qui, clans les grandes circonstances, se dément elle-même, on ne voit trop souvent , dans ces prétendus honnêtes gens , que de véritables égoïstes ; comme à travers le voile de leurs opinions on n'aperçoit en eux que de véritables incrédules.
Ils ont même perdu ridée de toutes les lois , de tous les conseils de la perfection évangélique. Ils ne croient pas plus à la possibilité de la pratique de vertus sublimes, qu'ils ne croient à la possibilité de la croyance à des dogmes incomprehen-
df l'ensfignemfnt catholique. \-'\
sibles. Parce qu'ils se voient impuissants à s'éle\ er au-dessus de la nature, ils en sont venus à blâmer la chasteté volontaire et le dévouement, comme des choses contraires à la nature; et ils ne peuvent se décider à reconnaître, dans les autres, certaines vertus qu'ils désespèrent de posséder euxmêmes.
L'enseignement purement philosophique n'est pas plus que l'enseignement purement protestant, efficace pour la répression du vice, fécond en sainteté et en vertu. Nous avons vu la morale pitoyable que les philosophes ont enseignée ( Confér. prem.9 § 18, et trois., § 17), et celle plus pitoyable encore qu'ils ont pratiquée. Le monde a vu bien souvent la société corrompue, ruinée par la philosophie; il ne l'a jamais vue réformée, améliorée par elle. Le monde a bien souvent vu les philosophes sacrifier le bonheur des autres à eux-mêmes; il ne les a jamais vus se dévouer eux-mêmes au bonheur des autres. C'est que des théories froides, triste trouvaille de la raison se creusant ellemême et s' abîmant en elle-même, peuvent bien être admises par la raison ; mais elles ne sauraient pas descendre jusqu'au cœur, ni opérer sur le cœur pour dompter le cœur. C'est que la morale du rationalisme , aussi bien que la morale du protestantisme, très-puissante pour exciter, pour encourager les passions, n'a aucune force pour les contenir; c'est que tout enseignement religieux
^7'1 l'hOMOG|':NI 'iTK, L'nrMTTTAIÏILITK, ETC.,
hors de l'Église n'est qu'une faible lumière, une lumière menteuse, et plus souvent encore n'est que ténèbres; et à l'aide d'une pareille lumière, au milieu de telles ténèbres, on ne peut faire un pas, on ne peut accomplir aucune opération sainte et parfaite; Qui ambulat in tenebris, h'escit quovadai. Venit nox quando nemo potest operari.
23. II n'y a que l'enseignement catholique qui , en prêchant la sainteté, l'inspire, parce qu'il est le vrai précepte du Seigneur, l'unique loi immaculée, renfermant en lui-même la lumière qui éclaire la raison , et la chaleur qui échauffe l'âme et la transforme, l'élève et la perfectionne : Prœceptum Doniiiii lucidurh , illumînàns oculos ; tex Dornini immaculata coiwertens animas ( Psal. xviii). Ce qui a fait dire à saint Paul que le fruit de cette lumière divine est la pratique de toute sainteté et de toute vertu; Fructus autem lucis est in omni boni tate (E plies., v, 9).
Ah ! le nombre des catholiques est bien diminué de nos jours en Europe! mais le vrai catholique est toujours ce qu'il a été , l'homme de dévouement et de vertu, l'homme saint et parfait. Ce n'est que dans l'Église catholique qu'on rencontre ce mépris du monde et de ses illusions , ces victoires sur la chair et ses convoitises, cet amour de l'humilité, cet esprit de pénitence, ces pratiques du dévouement, ces vertus sublimes que les in-
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fidèles, les hérétiques, les philosophes, dans les moments lucides de leur raison, nous envient; qu'ils admirent sans les comprendre; dont ils sont ravis sans pouvoir les imiter, et qui sont cependant parmi nous si communes et si populaires !
Vous avez en France quarante mille prêtres et deux à trois cent mille illustres vierges vouées à la vie parfaite , au soulagement de toutes les misères de l'humanité. Dans ce temps d'une publicité souvent injuste et plus souvent indiscrète, où rien ne peut demeurer caché, où tout se produit au grand jour, et le mal encore plus facilement que le bien, vous savez qu'en voulant compter, parmi un si grand nombre d'âmes consacrées à la chasteté volontaire, combien oublient leurs devoirs, vous n'arriverez pas à faire une seule fois le tour des doigts de vos deux mains. Or tant de pureté avec tant de jeunesse, avec tant de liberté, au milieu d'une si grande corruption, est un prodige, un grand et étonnant prodige pour le vrai philosophe ayant des yeux pour le voir, du bon sens pour l'apprécier. Cependant parmi nous il passe inaperçu, on n'en est pas surpris, et on n'y fait pas la moindre attention. Et pourquoi? Parce que, dans les idées, dans les croyances catholiques, tout cela est facile, tout cela est je dirais presque naturel, tout cela est dans l'ordre; et il n'y a que ce qui sort de l'ordre qui frappe , qui fasse du bruit, qui excite la surprise et fixe l'attention !
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C'est une grande et profonde parole que celle-ci, qui est sortie de la bouche de Dieu : « Mon juste à moi vit de foi; Justiis aulem meus ex fuie, vwit (Hebr., ix, 38). Comme le dogme catholique, par son immutabilité, son uniformité, son autorité, sa certitudedivine,inspireunefoisansbornes,demême il inspire des vertus sans réserve par la force de la grâce qui raccompagne, par la grandeur des récompenses qu'il promet. Et dès lors rien n'est plus simple que de le voir produire , en tous les temps et tous les lieux, ce spectacle grandiose, étonnant, unique, et le propre de la seule Église catholique, de lant d'hommes vivant d'une vie céleste au milieu de la corruption de la terre, et imitant la pureté des anges au milieu des instincts des brutes. Cette vie de vertu est l'effet le plus naturel d'une vie de foi. Cette vertu est un reflet de la sainteté de Dieu, tout comme cette foi est le reflet de sa vérité; Justus autem meus ex fide vivit; et c'est le soleil de toute lumière qui produit la chaleur ineffable de toute sainteté; Fructus autem lucis est in omni bonitate.
24. Enfin, la lumière naturelle est le bonheur et la joie de toute la nature. Tout est triste pendant la nuit, tout se réjouit et tressaille d'allégresse à peine le soleil apparaît, sans nuages, sur l'horizon. C'est aussi l'effet de l'enseignement catholique : sa lumière, éclairant l'esprit docile, répand la joie et le bonheur clans les cœurs droits ; Lux orta
or l'enseignement catitoi iûff. ^7
est Juste, et rectis corde lœtitia Psal. xcvi, 11).
Paix et joie, fruits ineffables de renseignement catholique, je n'essayerai même pas de vous peindre par des paroles. Le prodige du calme, du repos, de l'allégresse secrète qu'éprouve l'àme catholique contemplant les grandeurs, les beautés de sa foi, est au-dessus de toute intelligence et audessus de toute expression. C'est un mystère que l'àme catholique elle-même comprend à peine, et que l'hérétique , le philosophe ne comprennent en aucune manière.
Souvent, afin d'augmenter leur mérite et de raffermir leur vertu ; Dieu permet que les âmes fidèles soient tentées contre la foi ; car, ainsi que Jésus- Christ l'a dit à saint Paul, toute vertu grandit dans le danger et se fortifie par le combat ; Quia vir~ tus in infirmitate perficilur (H Corint/i., xii, 9).
La lumière divine s'éclipse, et laisse ces âmes en proie à des doutes, à des agitations déchirantes dans lesquelles elles ne savent pas distinguer la tentation qu'on subit et qu'on combat , et la tentation à laquelle on consent et on succombe. A les entendre, elles ont perdu leur foi ; Dieu les a abandonnées. Mais ces tentations, ces doutes sont sans danger, comme ils sont sans péché. La lampe de la foi s'est alors cachée sous le boisseau, s'est concentrée au fond de l'àme , mais n'a rien perdu de sa lumière. Elles ne la voient plus, ne la sentent plus; et cependant ce n'en est pas moins sa lumière
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qui les éclaire, sa chaleur qui les soutient et les fait vivre la vie spirituelle et parfaite; Jus tïis aille m meus ex fuie vwit.
Oh! pour nous, ministres de l'Église, dépositaires du secret de la conscience, qu'il est beau de voir ces âmes vraiment chrétiennes , sublimes , héroïques, au milieu de tant de craintes , de peines et d'angoisses , loin de chercher à se soulager dans les vains amusements du monde, s'en détacher toujours davantage ; mortifier leur chair d'autant plus qu'elles sont plus affligées dans leur esprit; s'attacher toujours davantage à Dieu dans un temps où elles se croient repoussées par Dieu; et se montrer d'autant plus fidèles et plus généreuses envers lui, qu'elles sont plus tristes et plus désolées. Ah! c'est que ces aines ne désirent pas mais craignent que la foi, qui leur est si chère, leur puisse devenir suspecte. Elles ne tremblent que parce qu'elles aiment. Leurs agitations et leurs frayeurs sont des actes d'amour pur, et l'amour de Dieu est le bonheur de l'âme ; Rectis corde lœtitia !
Le philosophe profane, cet animal de gloire, cet esclave vénal des applaudissements du vulgaire, comme l'appelle saint Jérôme ; Gloria' animal et autre popularîs vénale mancipium {Ad Pammach.); l'inepte rationaliste s'applaudissant dans le secret de son orgueil de savoir tout, tandis qu'il ne sait vraiment rien; l'hérétique haineux; toutes ces pauvres tètes, ces âmes dégradées, étrangères
à l'esprit et au sentiment catholique, ne sachant pas ce que c'est que croire , et à plus forte raison ce que c'est qu'aimer, ne comprennent pas même les mots de ce langage, moins encore comprennentils l'ineffable mystère de l'âme intérieure aimant d'autant plus Dieu que Dieu se montre plus sévère. Ils ne comprennent pas le prodige d'une foi tourment en même temps et délices de l'àme où elle réside, l'héroïsme d'une âme préférant cet état de peines et de cuisantes douleurs à tout ce que le monde peut lui offrir de plus séduisant et de plus agréable. C'est que la chair n'a jamais rien compris aux secrets de l'esprit, ni l'orgueil aux merveilles de la foi ; Animalis homo nonpercipit eu quœ sant spiritus Dei (JCorinth., h, 14); et comme les hommes livrés à tous les égarements des passions, adonnés à contenter leur ventre, ne peuvent pas s'expliquer, ne peuvent pas comprendre comment un cœur , assujettissant toutes ses inclinations à l'abnégation évangélique, peut être heureux; de même les hérétiques, les incrédules qui ont fait une idole de leur raison, ne s'expliquent pas, ne comprennent pas comment une intelligence qui a renoncé à ses lumières, à son entendement pour les soumettre en hommage à la foi, peut être tranquille et éprouver de la joie.
Mais qu'on comprenne ou qu'on ne comprenne pas ce double prodige de la foi et de la chanté, cela ne fait rien, n'importe en rien; il n'est
T. FTOMOGKNTITh , T. rMMUTABILITK , ETC..
pas moins vrai, moins certain et visible parmi les vrais catholiques. Car il est visible, il est certain, il est vrai que parmi eux les âmes vraiment pures , loin d'être malheureuses parce qu'elles se privent des coupables délices des sens, ont en horreur ces délices, et le sacrifice même de leur chair les console, les ravit, les charme, et fait une partie de leur bonheur intérieur; et que de même pour les âmes vraiment fidèles, loin de souffrir du sacrifice de l'esprit de recherche, de curiosité indiscrète que la foi condamne, ce même sacrifice leur est cher, leur est agréable, les contente, les transporte, et les rend heureuses de Dieu et d'elles-mêmes.
25. Le bonheur de l'esprit consiste dans l'ordre des pensées , tout comme le bonheur du cœur dans Tordre des affections. Or mettre l'ordre dans la croyance, c'est l'œuvre de la grâce divine, comme c'est l'œuvre de cette même grâce de mettre l'ordre dans l'amour; Ordinavit in me charitatem (Cantic, ii, 4). La même grâce qui rend facile l'accomplissement des préceptes sévères, rend facile la croyance de dogmes incompréhensibles; la même grâce qui rend léger le poids de la loi, rend doux et délicieux le joug de la foi.
C'est donc seulement dans l'enseignement de la vraie Église que se trouve le double bonheur de l'esprit et du cœur, le bonheur complet de l'homme intérieur. C'est seulement par l'enseignement de
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l'Eglise que s'accomplit ce délicieux oracle que Dieu a prononcé par la bouche du Prophète : « Mon peuple s'assoira dans les beautés de la paix, dans les tabernacles de la confiance, dans la richesse du repos ; Sedebit populus meus in pulchritudiiie pacis, in iabernaculis fidixciœ , in requie opulente Isai., xxxn, 18), »
Regardez ce tendre enfant qui vient de s'endormir dans le sein de sa mère. Oh! que sa respiration est calme, son sommeil tranquille, parce que rien n'agite son cœur! Oh! qu'elle est heureuse la condition de l'innocence dormant dans le sein de l'amour ! Or ce n'est, dit le Prophète, que l'image de la tranquillité de l'âme catholique dans les croyances de la foi, de l'immense confiance avec laquelle elle s'abandonne, se repose dans les bras, dans le sein de l'Église lui parlant, sous la dictée de Dieu, au nom de Dieu, des mystères de Dieu. Ah ! c'est qu'elle sait que l'Église connaît les secrets de Dieu, parce qu'elle est son épouse , et ne peut pas tromper l'homme, parce qu'elle est sa mère. C'est donc le catholique qui peut répéter avec une parfaite vérité ces délicieuses paroles : In pace in idipsum ohdormiam et requiescatn Psal iv , 9).
La vraie foi est donc plus dans le cœur que dans l'esprit, ou bien elle est dans l'esprit et dans le cœur : dans l'esprit, pour l'incliner à croire en aimant; dans le cœur, pour l'engager a aimer en
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croyant ; et si le principe de la foi est la grâce , la forme et l'aliment en est l'amour.
Or, de l'amour naît la confiance , de la confiance le repos , l'abandon dans l'objet aimé. C'est donc pour cela aussi que le catholique chez qui la foi n'est pas l'effet d'un froid raisonnement humain, mais de l'amour divin, va avec transport à la rencontre de la parole de Dieu que lui parle l'Église, la reçoit avec humilité, s'y soumet avec bonheur, la garde en lui-même avec soin, s'y abandonne avec une confiance sans bornes , s'y repose avec l'entendement et la volonté, l'esprit et le cœur, comme dans un tabernacle divin de la beauté, de la confiance et de la paix : Sedebit populus meus in pulchritudine pacis, in tabernaculis Jiduciœ, in requie opulenta. Oh! condition heureuse, unique de l'àme catholique dans ses rapports avec l'enseignement de l'Église !
L'enseignement catholique est donc le seul enseignement religieux nécessaire, universel, facile; nous avons vu cela dimanche dernier. C'est aussi, comme nous venons de le voir aujourd'hui, le seul enseignement religieux naturel, immuable, incorruptible , complet, fidèle, le seul engendrant la certitude, la sainteté, le repos et la joie de l'àme qui le reçoit et s'y soumet.
Or ces admirables qualités ne lui viennent, ne lui ont pu venir que d'en haut. L'homme ne fait, n'a jamais rien fait de pareil On n'a jamais essayé ,
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on n'a même jamais imaginé ici-bas une économie pareille d'enseignement. Il n'y a que Dieu qui ait pu mettre l'enseignement religieux à de telles conditions, et l'y maintenir. Ce n'est donc pas, cet enseignement, une invention humaine ; des hommes qui auraient inventé cela seraient des dieux : ce n'est qu'une pensée divine, une grâce divine, une institution divine; et dès lors la raison catholique est bien inspirée , bien sage de prendre cet enseignement pour base de ses recherches , pour guide de son chemin, pour point d'appui de ses progrès; et de ne vouloir marcher qu'à sa lumière , sous son inspiration , sous sa tutelle , en sa compagnie. Eh ! oui, oui, mes Frères, ce n'est qu'à l'aide de cet enseignement, soyez-en sûrs, que l'homme peut, au milieu des ténèbres de ce monde, connaître la vérité, posséder la certitude, éviter l'erreur en matière de religion, avoir une religion claire, précise, solide, digne de lui et de Dieu, en un mot, la vraie religion.
26. Ah! voyez-la, l'Église, dépositaire de cet enseignement, telle que l'Évangile d'aujourd'hui la figure , d'une manière sensible, à nos yeux !
Jésus-Christ, assis sur une humble monture, entouré par ses apôtres, s'achemine vers Jérusalem, figure du ciel ; car le mot Jérusalem signifie la vision de la paix. Tout le peuple, qui prend part à ce voyage et à ce triomphe, crie également ho-
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sa»' a ! parole qui signifie : Sauvez-nous, nous vous en prions! Ce peuple est divisé en deux portions, dont l'une précède et l'autre suit Jésus-Christ : Turbœ quœ prœcedebanl et quœ sequebantur; et par cela même il représente, d'après saint Jérôme, les deux peuples dont l'un a précédé, l'autre a sui\i la prédication de l'Évangile, mais qui tous les deux ont regardé Jésus-Christ comme Messie et comme Sauveur, ont confessé de lui les mêmes dogmes, lui ont adressé les mêmes louanges et les mêmes prières : Significant utrumque populum qui an te et qui post Evangeliutn Domino erediderunt , concordi Jesum confessionis voce laudantes (/// Matt/i. .
Tous se sont dépouillés de leurs habits , les ont mis aux pieds de Je^ us- Christ , en ayant tapissé la roule que Jesus-Chr^t devait parcourir; et par cela même ils ont figuré les justes de tous les temps, qui se sont dépouillés ou de leurs mauvaises habitudes pour être fidèles à Dieu, ou de leurs biens pour le secours des pauvres, ou de leur vie, de leur corps, véritable enveloppe de l'âme, pour confesser la vraie religion. Tous portent dans leurs mains la palme, symbole de la Ucloire qu'ils ont remportée sur le monde et sur eux-mêmes, et l'olivier, symbole de la paix qu'ils ont obtenue par cette victoire. Ah ! voilà donc l'Église militante que Jésus-Christ éclaire par sa lumière, soutient par sa grâce, encourage par ses exemples, console par son onction, dirige par tes doctrines , ^uide par son autorité
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vers la céleste Jérusalem. Oh ! qu'elle est noble , qu'elle est sainte, qu'elle est heureuse cette société, ayant Jésus-Christ au milieu d'elle , les apôtres et leurs successeurs avec elle! Oh! que ses intentions sont pures, ses sentiments élevés , ses actions belles, sa vie parfaite, sa paix profonde, sa joie sincère ! Ici, toutes les espérances sont mêlées à tous les sacrifices, toutes les consolations à toutes les vertus !
Frères , le temps s'en va . le monde disparait . la vie s'évanouit, la mort approche, l'éternité nous demande !
Hàtons-nous donc, tandis que nous en avons encore le temps, de nous unir à l'esprit de cette sainte société , de nous glisser dans ses rangs ; car c'est elle seule qui connaît la voie du ciel; c'est uniquement avec elle qu'on peut y parvenir. Si nous ne pouvons pas y être admis au nombre des innocents , nous y trouverons bien une petite place au nombre des pénitents. Profitons des grâces de ces saints jours pour nous réconcilier avec notre Dieu, avec Jésus-Christ , par les sacrements de l'Église, pour recommencer une vie nouvelle , une vie vraiment chrétienne, afin qu'au moment de notre mort, nous retrouvant sur le chemin clu salut , la grâce dans le cœur, I'bosanna sur les lèvres, et chantant l'hymne de l'espérance, vainqueurs de la terre, nous puissions faire notre entrée triomphale dans le ciel ! Ainsi soil-il.