SEPTIEME CONFERENCE
Mercenarius uatem, qui non est pastor ovium , videt lupum venientem t et dimittit oves et fugit; et lupus rapit et dispergit oves.
Le mercenaire, qui n'est pas le berger véritable des breois, en voyant le loup s'approcher, les abandonne et s'enfuit; et le loup disperse et ravage le troupeau.
(Évangile du 2e dimanche après Pâques.)
I./^e portrait que le Sauveur du monde a fait VJaujourd'hui des faux pasteurs, des pasteurs mercenaires qui se seraient trouvés à côté des véritables pasteurs, des pasteurs dévoués , dans son Église, convient aussi parfaitement à certains hommes , parmi ceux qui sont chargés de la haute et importante fonction de l'enseignement public.
Il y a dans cette classe, j'aime à le reconnaître, un assez grand nombre de bergers véritables, animés du zèle le plus pur, du dévouement le plus courageux à l'égard de leurs brebis , des jeunes intelligences que les familles et l'État leur ont confiées.
Mais il y a malheureusement bon nombre aussi de bergers mercenaires qui, ne s'occupant que de leur
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gloriole et de leurs profits, ne se soucient guère du véritable progrès de leurs élèves ; qui les abandonnent, non pas, disait saint Grégoire, en changeant de lieu, mais en les privant des secours qui leur sont nécessaires : Mercenarius fugii non tnutando locu/n, sed subtrahendo solatium. Honni. inEvang.)\\% n'enseignent pas précisément le faux, mais ils ne prémunissent pas assez la jeunesse, par un enseignement solide, contre les ravages du faux ; et de là ce qu'on voit , ce qu'on déplore généralement : que de certaines écoles sortent tous les jours plus d'incrédules que de philosophes , plus de victimes malheureuses de Terreur que de disciples dévoués de la vérité : El lupus rapit ci dispergit oves.
C'est que, dans la carrière de l'enseignement aussi, on se met trop souvent en dehors de la science chrétienne, de l'enseignement de l'Église, où seulement l'homme peut apprendre ce qu'il lui importe le plus de connaître et de pratiquer.
Nous avons déjà exposé cet avantage, tout propre à la raison catholique , par rapport à la science de Dieu : nous devons le constater aujourd'hui, par rapport à la science de l'homme. Nous allons voir donc pourquoi l'àme humaine est unie au corps , et quelle est la destinée de l'homme dans l'ordre naturel et dans l'ordre surnaturel.
Nous ne sortons donc pas du sujet (pie nous
nous sommes proposé dans ces Conférences. Nous continuerons à faire voir combien la raison philosophique est injuste de blâmer la raison catholique de ce que celle-ci ne veut pas abandonner les voies de Thumble soumission à l'égard de l'enseignement de l'Église, puisque la raison catholique, par ce moyen, est toujours dans la réalité et dans le vrai ; tandis qu'elle, la raison philosophique, en marchant hors de ces voies , est toujours dans le vide et dans le faux par rapport à tout ce que l'homme doit, avant tout, savoir.
Je compte beaucoup sur l'élévation de votre intelligence pour vous faire comprendre les doctrines abstraites dont je vais vous entretenir, et bien plus encore sur la lumière d'en-haut, que j'implore pour vous et pour moi par l'intercession de Marie. Ave , Maria.