HUITIEME CONFERENCE
Mulier, cum parit, tristitiam habet... Cum autem peperit puerum, jam non meminit pressurée pr opter gaudium, quia natus est homo in mundum.
La femme qui enfante est triste... Mais après avoir mis au jour son enfant, elle oublie toutes ses douleurs, et elle se réjouit de ce que l'homme est né au monde.
(Évangile du 3e dimanche après Pâques).
l-T\ 'après l'opinion des Pères, par cette simili- I Jtude de la femme qui enfante, le Sauveur du monde, tout en ayant voulu nous consoler des souffrances de la terre par l'espérance du bonheur qui nous attend dans le ciel , a fait allusion à un grand mystère de sa personne et de sa religion.
Cette femme mystérieuse , sans nom , au comble de la tristesse au moment de son accouchement, c'est l'ancienne Église, c'est l'humanité plongée dans le chagrin, à cause du retard du Rédempteur qui devait naître d'elle.
Cet homme, mystérieux lui aussi , et lui aussi sans nom , dont la naissance fait oublier à l'humanité ses misères et ses souffrances, et la comble de
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joie, c'est l'homme dont Balaam avait dit, deux mille ans avant : « Et l'homme surgira du peuple d'Israël : Surgel Homo de Israël {Num., xxxiv, 17, Septuag.). » C'est l'homme dont David avait dit aussi « que Sion désolée l'aurait à chaque instant demandé au ciel et à la terre, jusqu'à ce qu'il fût né du sein de ses espérances et de ses douleurs ; Numquid Sion dicet : Homo, et homo natus est in ea (PsaL lxxxvi , 5)? » C'est l'homme qui, à chaque page de son Évangile, se plaît à s'appeler « le Fils de l'homme : Filins hominis. » C'est Thomme que Pilate, représentant du plus grand pouvoir de la terre, a annoncé à la terre par cette mystérieuse parole : « Voici l'homme : Ecce homo (Jocm., xix, 5). » C'est enfin l'homme, le père le plus tendre , le frère le plus affectueux , l'ami le plus dévoué de l'homme, mort pour l'homme, pour sauver Thomme. C'est Jésus-Christ, l'homme par excellence, l'homme modèle, l'homme parfait , parce qu'il est le seul homme qui en même temps est Dieu.
0 grand et délicieux mystère de l'Homme- Dieu! C'est de ce mystère que je vais vous entretenir aujourd'hui. C'est-à-dire qu'après avoir vu combien est raisonnable, est grand, est sublime le mystère de l'union de l'àme avec le corps dans l'homme, nous allons voir combien est encore plus raisonnable, plus grand et plus sublime le mvstère de l'union de la Divinité et de l'humanité
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l'incarnation. 4^3
en Jésus-Christ; et combien, par conséquent, il est honorable pour la raison catholique d'accepter ces mystères, et d'en faire le principe et la base de ses recherches, de ses progrès, de ses opérations. Comme nous l'avons fait en parlant du mystère de l'auguste Trinité, nous allons considérer aussi le mystère de l'Incarnation dans l'image qui le représente, dans l'économie qui le rend plus croyable, dans les sentiments qu'il inspire.
Nous n'avons pas aujourd'hui le temps de le considérer dans ses merveilleux effets. Ce sera le sujet de la prochaine conférence, dans laquelle j'exposerai ce mystère comme le mystère de la restauration de l'univers. En attendant, vous connaissez déjà le sujet de la conférence d'aujourd'hui.
Mais c'est dans la plus pure de toutes les créatures, c'est dans la Vierge par excellence, c'est dans Marie que s'est opéré cet ineffable mystère. Prions-la donc, afin qu'elle, qui a joué un si grand rôle dans l'accomplissement de ce mystère, nous en obtienne l'intelligence et l'amour. Ave, Maria.