CONCLUSION
14. Parvenu à la fin des conférences religieuses que l'on m'avait chargé de faire ici, je sens, mes très-chers Frères, le besoin de vous exprimer ma plus vive reconnaissance pour la faveur avec la-
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quelle vous avez bien voulu m'entendre, pour l'indulgence avec laquelle vous m'avez jugé.
.Mais, tout en vous remerciant, je sens aussi le besoin de vous féliciter, de tout mon cœur, pour les sentiments que, à cette occasion, j'ai eu le bonheur de découvrir en vous, pour l'édification que vous m'avez donnée.
Saint Paul disait aux fidèles de la primitive Églisf) : « Nous autres chrétiens, avons le sens de Jésus-Christ, et par là nous connaissons la grandeur et le prix des dons que Dieu nous a faits : Vos f fuient sensuni Christi habemus, ut sciamus (juœ a Deo donala sunl nobis (I Cort/u/i.,u, 16). »
Or, à ma plus grande satisfaction dans le Seigneur, j'ai du me convaincre, dans le cours de ma prédication ici, que vous possédez vraiment, mes Frères, ce sens précieux de Jésus- Christ.
Étranger à la France par la naissance, quoique presque autant Français qu'Italien par mes sympathies et par mes affections, et ne possédant pas assez votre belle langue, je n'ai pas pu vous attirer par ces beautés du langage et du style, qui forment l'une des plus puissantes ressources de vos plus grands orateurs sacrés, si justement célèbres. Qu'est-ce donc qui a pu vous intéresser dans ma prédication, sérieuse comme la religion, simple comme l'Évangile? Rien que le fond des doctrines que je vous ai exposées, et pas autre chose.
Je n'ai ménagé ni l'orgueil de la raison se po-
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sant comme la seule source, le seul juge du vrai et du bon en matière de religion, ni la corruption du cœur n'applaudissant qu'à ces interprétations de l'Évangile qui flattent les passions aux dépens de la vérité.
Je n'ai insisté que sur la nécessité de se soumettre au joug de la foi de Jésus-Christ, au poids de ses lois. Je n'ai insisté que sur le bonheur qu'on ne rencontre que dans la grandeur du dogme et dans la sévérité de la morale chrétienne.
Or, des hommes trouvant de l'attrait dans une prédication pareille sont, à mes yeux, des esprits sérieux, des âmes aux instincts nobles et élevés, des chrétiens ayant le sens de Jésus-Christ, et pouvant, sans se faire illusion, se rendre le témoignage que se rendait saint Paul, et répéter avec lui : Vos au tei /i sensum C/iristi kabemus, ut sc/amus qiur a Deo donata sunt nobis.
Je n'oublierai jamais l'enthousiasme de la joie sainte que vous avez fait éclater dimanche dernier en entendant l'exposition du mystère de Jésus-Christ, et qui a fait passer dans mon cœur la profonde émotion du vôtre.
15. Que vous dirai-je donc au moment de prendre congé de vous pour cette année, et ne sachant pas s'il est dans les desseins de Dieu que je revienne vous évangéliser encore l'année prochaine? Ah! je ne puis que vous prier, vous conjurer de ne pas
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laisser éteindre, de garder soigneusement en vous cet esprit, ce sens de Jésus-Christ : Sjririturn nolite extinguere, car c'est là, et non pas ailleurs, le véritable moyen de restauration de votre patrie et de vous-mêmes.
Je dis, de votre patrie d'abord. Frères et amis, j'ai pu être méconnu et même calomnié dans ces derniers temps; mais je déclare, en présence de Dieu et des hommes, que dans la part que j'ai prise, malgré moi, aux derniers événements de mon pays, je n'ai eu d'autre but que les véritables avantages du peuple, que j'aime; de la religion, que j'adore ; de l'Église, à laquelle je suis profondément dévoué. J'ai pu me tromper dans le choix des moyens pour atteindre ce but; mais je ne me suis pas trompe dans mes sentiments et dans mes intentions, et l'immense majorité de tout ce que votre Paris renferme d'esprits distingués et d'âmes généreuses a rendu justice à ces intentions, à ces sentiments. J'ai du m'en convaincre aux sympathies que j'ai eu le bonheur de rencontrer parmi vous, et dont je *uis profondément touché et sincèrement reconnaissant, et aux témoignages d'estime qui m'ont environné et qui m'ont bien dédommagé des attaques partielles de l'ignorance ou de la mauvaise foi.
Mes paroles ne peuvent donc vous être suspectes, lorsque je vous dis : Frères et amis, restez soumis à l'enseignement de Jésus-Christ, attachés à son Église; travaillez à la propagation de cet en-