‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 87 sur 98 · LA i;lmali;\iiu.\ di i.i\i\i;us · texte numérisé non relu

LA i;lmali;\iiu.\ di i.i\i\i;us

seignement, à l'affermissement de cette Église dans votre patrie, si vous voulez y rétablir, avec la solidité de Tordre, le bonheur de la paix.

Les choses ne se conservent que par les mômes moyens qui les ont produites. La France n'est la nation très-civilisée que parce qu'elle a été la nation très-chrétienne, et parce qu'elle a développé le christianisme dans toutes ses conséquences. La France ne doit qu'au christianisme sa force, 89 grandeur et sa gloire. Ce n'est donc que par la fidélité au christianisme qu'elle peut conserver ces avantages et s'assurer sa suprématie morale et la puissance de son action civilisatrice du monde.

Je lis dans toutes vos rues, en tête de tous vos établissements publics, ces trois mots : liberté, égalité, fraternité. Mais, mon Dieu, la véritable liberté n'est que la justice pour tous; la véritable égalité n'est que l'humilité; la véritable fraternité n'est que la charité. Or, la justice, l'humilité, la charité ne sont que les trois vertus dans lesquelles se résume toute la morale chrétienne ; ne sont que trois plantes qui ont poussé au pied de la croix, arrosées et fécondées du sang de Jésus-Christ; ne sont que trois sœurs sorties du côté ouvert de Jésus-Christ en compagnie de l'Église.

Transportées loin delà croix, ces plantes divines se dessèchent ; séparées de Jésus-Christ, ces trois sœurs perdent toute la puissance de leur vie, tous les charmes de leur beauté. En dehors de l'influence,

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de la tutelle de l'Église, la fraternité n'est que conspiration, l'égalité n'est que destruction, la liberté n'est qu'anarchie, et les trois sœurs, au lieu d'y apporter le bonheur, changées en véritables furies, ne seront que le fléau de la société.

Hélas ! de trop funestes expériences ont dû vous apprendre que ne vouloir faire de Tordre que par la force, de la civilisation que par la science, du bonheur que par les intérêts, de la société que sans Dieu, c'est de la folie autant que de l'impiété. Tachez donc, chacun dans la mesure des moyens qui sont en votre pouvoir, d'exciter et de raffermir l'esprit de Jésus-Christ dans le peuple et de rappeler les doctrines et les vertus de l'Évangile dans la politique, afin qu'elle ne soit pas folle; dans la législation, afin qu'elle ne soit pas injuste; dans l'administration, afin qu'elle ne soit pas oppressive; dans l'éducation, afin qu'elle ne soit pas profane; dans la science, afin qu'elle ne soit pas impie.

16. Je dis, en second lieu, nécessité de rester fidèle à l'esprit de Jésus-Christ pour la restauration et le bonheur de l'âme.

Il est rapporté, dans la Genèse, qu'Adam, après avoir péché, craignant la colère de Dieu, qu'il avait provoquée, effrayé par la voix de Dieu qui le cherchait, alla se cacher, avec sa compagne, dans la cavité d'un arbre. Les incrédules qui,

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étrangers à la vérital)le science de Dieu et de l'homme , blasphèment ce qu'ils ignorent , ont fait de ce récit le sujet de plaisanteries de mauvais goût et d'une sotte impiété.

Mais le grand Origène a dit : « C'est par un instinct prophétique qu'Adam, pécheur, alla s'abriter dans le bois. Par ce fait, Adam a figuré le grand el délicieux mystère , que l'homme qui a péché ne peut se défendre des frayeurs et des coups de la justice de Dieu qu'en se cachant derrière la croix : Non sine mjsterio, post peccatum abscondit se Adam, et uxor ejus , in medio ligni : significans jeun (une nidhun aliud peeeatoribus perfugiu/n futurum , nisi in arbore crueis.

Le premier sentiment qui s'empare de l'homme ayant foulé aux pieds la loi de Dieu, est celui de la crainte et du désespoir.

Mais, Frères, la crainte et le désespoir qui dégradent l'homme et font l'esclave dans l'ordre politique, trop souvent abattent l'homme et font l'impie dans l'ordre religieux.

Le premier moyen donc, pour la restauration de l'àme effrayée de la multitude et de la gravite de ses fautes, est de ne pas désespérer de la miséricorde de Dieu; et cette espérance ne se puise qu'au pied de la croix. Mes petits enfants, disait saint Jean, tâchez, je vous en prie, de ne pas pécher : Filial i mei, hœc seribo vobis ut non peccetis. Mais si vous avez le malheur de tomber, rap-

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pelez-vous que nous avons pour avocat, auprès de Dieu le Père, Jési s-Christ, son Fils, donl la justice infinie est la propitiation pour tous nos péchés : Sed si cpds peccaverit, (ich'ocalum kabemus apud Patrem Jesum Christian jus tum, et ipse est propitidtio pro peccatis nos tris (I, ,/oan., n, 1).

Si donc le nombre de nos péchés, si la malice de notre volonté, si les conséquences de nos scandales, si la force de nos coupables habitudes nous effrayent etmenacentdenouspousser dansFabîme du désespoir, qui finit par le mépris de toute pratique religieuse et par l'impiété, allons nous cacher derrière la croix de notre Sauveur; tenons-nous embrassés à la croix ; à l'ombre des ailes de ce bois sacré, derrière les épaules déchirées de Jésus- Christ, ainsi que David Favait prédit, nous trouverons Fespérance: Scapulis suis obumbrabit tibi, et sub permis ejus sperabis (PsaL, xc, 4); et Fespérance, cette première ressource de la restauration de l'àme, nous disposera au repentir, qui, à son tour, nous assurera le pardon.

Mais cette restauration, commencée par Fespérance, ne peut être achevée que par l'amour. Espérons donc en Jésus-Christ, mais tâchons aussi de Fairner. Disons avec Tertullien : Oui, Jésus-Christ est à moi, comme je suis à Jésus-Christ; je le veux pour moi et avec moi. Je veux F aimer, je veux Fembrasser, le presser sur mon cœur. Je le défendrai en moi-même contre les blasphèmes des im-

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pies, par le courage et le zèle de ma confession ; contre les exigences du monde et de la chair, par l'obéissance à la loi de Dieu, par la pratique de la religion: Meus est Jésus ; mihivindico Jesum.

A ces conditions, nous aurons notre part de cette restauration universelle par laquelle le Verbe de Dieu fait homme a tout restauré : Instaurare oninia in Christo. Nous retrouverons la paix de l'âme pendant la vie, la tranquillité au moment de la mort , et la félicité de Dieu dans l'éternité , que je vous souhaite, que j'implore pour vous et sur vous, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il !

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