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LA RAISON CATHOLIQUE DES SIÈCLES CHRÉTIENS

§ 1. Exorde. La parole de Dieu, véritable nourriture de l'àme. La Raison catholique s'est fortifiée de cette nourriture. Sujet de cette conférence Ib.

§ 2. Première partie. But de la philosophie de la raison catholique. La philosophie n'est que de deux espèces : inquisitive ou démonstrative* Il est bien étonnant que les modernes philosophes n'aient pas fait cette distinction , et n'aient pas connu que la philosophie démonstrative est la véritable philosophie 1 1 "

§ 3. Le trésor enfoui dans le camp est la vérité dans l'Église. La philosophie des premiers siècles chrétiens n'a élé que démonstrative. Ayant trouvé toute vérité dans l'enseignement de l'Église, la Raison catholique de ces temps-là ne se soucia pas de la chercher ailleurs. Sa philosophie raisonnable dans son but 121

§ 4. L'ordre de foi doit toujours précéder l'ordre de conceptions. C'est à tort qu'on croit qu'eu établissant la philosophie démonstrative comme Y unique rentable philosophie , on rétrécit la raison, on méconnaît ses droits. L'indépendance absolue n'appartient pas plus à l'homme dans l'ordre scientifique (pie dans l'ordre social. L'obéissance aux lois de l'intelligence , aussi nécessaire pour

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arriver à la science que l'obéissance aux luis civiles tsl nécessaire pour conserver la liberté. La tempérance est aussi nécessaire au

progrès de l'esprit qu'à la sauté du corps 12',

§ 5. Seconde partie. Principe, fondement et méthode de la philosophie chrétienne. Les deux besoins de l'homme intellectuel : le besoin de croire et celui de raisonner. Les fausses religions sont ou des religions sensuel/es ou des religions de Y orgueil. Celles-là, en satisfaisant le besoin de croire, étouffent le raisonnement ; celles-ci, en satisfaisant le besoin de raisonner, rendent impossible la foi. La seule religion catholique satisfait ce double besoin, et place l'homme intellectuel dans son état naturel. La raison catholique, en s inspirant d'elle, s'est créé une philosophie naturelle dans son principe 1 j 1

§ 6. Le caractère propre de la philosophie de la Raison catholique a été la foi poussée à la simplicité de l'enfant et le raisonnement jusqu'au développement du génie. Saint Augustin et saint Thomas. Grandeur et gloire de la France, sous le rapport scientifique, à l'époque de saint Thomas. Magnificence de cette époque. Les trois grandes inventions qui ont changé la face du monde r 35

§ 7. La philosophie de la Raison catholique solide dans son fondement. La vraie philosophie est dans la réponse adéquate à cette question : Qu'est-ce que l'homme? Le genre humain a toujours et partout répondu : L'homme est un composé substantiel. L'âme et le corps ne sont qu'un individu substantiellement un. La raison philosophique n'avait vu dans l'homme qu'un composé accidentel. L'àme y est unie au corps comme le moteur au mû , le batelier à son bateau. La définition de l'homme de M. de Bonald aussi fausse que celle de Platon. 1 40

§ 8. Conséquences funestes de cette dernière manière de considérer l'homme. Systèmes du commerce entre l'âme et le corps pour expliquer la concorde de leurs opérations, qui n'ont rien expliqué. Ou a fini par attribuer ou tout à Y âme, et on a nié le corps; ou tout au corps, et on a nié Y âme. De là Y idéalisme et le matérialisme, les deux vastes erreurs dans lesquelles s'est toujours partagée la philosophie purement rationnelle. La philosophie de la Raison catholique. se fondant sur le principe de Y unité substantielle de l'homme, n'a jamais connu de pareils écarts. La doctrine de Yunion substantielle de l'àme et du corps proclamée par l'Église 142

§ 9. La Raison catholique a puisé en Jésus-Christ la lumière pour connaître l'homme. C'est à la lumière de cette vérité catholique, quV/» Jésus-Christ la divinité et l'humanité sont substantiellement

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unies dans l'unité de la personne, qu'elle comprit que dans l'homme l'âme et le corps, sont substantiellement unis dans une unité de nature *45

§ 10. Importance de cetle doctrine. La vraie philosophie et. la vraie théologie sont dans ces mots de saint Athanase : « Comme l'âme et le corps sont ex seul homme, de même le Dieu et l'homme sont un seul Jésus-Christ.» Certaines questions dont s'est occupée la philosophie chrétienne, preuve de sa richesse. Le prétendu sérieux des questions dont s'occupe la philosophie moderne, preuve de sa profonde misère 1 4 7

§ ri. La philosophie de la Raison catholique a aussi été sûre dans sa méthode. Elle prenait et réunissait ensemble ce qu'elle trouvait de vrai dans les deux doclrines opposées sur chaque grande question. C'était la philosophie du milieu , un véritable Éclectisme. Imposture et absurdité de Y Eclectisme moderne i5o

§ 12. Troisième partie. Résultats du la philosophie chréi i>nne. Enfin la même philosophie a été très-HEUREusE dans ses résultats. Elle est la seule philosophie qui ait résolu la question sur Y origine des idées 1 54

§ i3. Le Dogmatisme et V Acatalepsie , ou le système du sens commun, tous les deux faux en matière de certitude. La seule philosophie de la Raison catholique, en sauvegardant les droits de la raison individuelle, a donné une base certaine à la doctrine du sens . mimun, et résolu la question sur la certitude. Sa belle théorie sur le témoignage des sens «56

§ i4. La philosophie chrétienne n'a été si heureuse dans ses résultats que parce qu'elle a cherché , avant tout, le royaume de Dieu et sa justice; et Dieu, selon la promesse de l'Évangile, lui a accordé les autres choses par surcroit. C'est à ce même procédé que l'Europe doit sa grandeur, sa puissance et sa civilisation. Les Grecs nsant, au contraire, cherché la science avant la foi, ont perdu la pureté de la foi et n'ont pas atteint la science ' fi'i

§ i5. Le même châtiment frappe les individus marchant dans la même voie. Les philosophes rationalistes sont de véritables Lazares morts spirituellement et en proie à la corruption morale 166

§ 16. Mais eux aussi peuvent ressusciter par la puissante parole de Jésus-Christ , en croyant en lui. Exhortation à revenir à cette croyance et à se décider à vivre dans la foi 16-

Note A. Les philosophes présomptueux. La philosophie inquisitive manque de base. Nécessité de revenir à la philosophie démonstrative, si l'on veut avoir une véritable philosophie 17°

Note b. L'entendement agissant , et son opération. L'âme n'a pas besoin de la parole pour se former les idées, mais pour les exprimer. La doctrine de M. de Bonald identique avec la doctrine de Locke sur ['origine des idées. On confond les idées avec les connaissances. Ce sont les connaissances qu'on reçoit; les idées, c'est l'entendement agissant, une faculté innée, qui les forme, par une opération naturelle et rapide qui est comme la respiration de l'âme. . 178

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