‹ La rançon: comédie en trois actesChapitre 17 sur 63 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

JEAN

Si j'étais femme je mépriserais un mari qui ne le serait pas.

HENRIETTE

Vous avez peut-être raison. Un mari qui aime doit avoir une pointe de jalousie. Mais d'un autre côté, un jnari prudent doit tenir à ce que sa femme ne s'ennuie pas. Vous venez do me dire quelque chose qui m'a frappé, ceci : Pourquoi se marie-ton? Pour mener une vie qui serait tout le contraire de la vie de garçon. Je pourrais vous répondre que nous attssi nous noas marions pour mener une vie qui serait tout le contraire de la vie de jeune fille. Ce n'est vraiment pas de notre faute, si on nous élève d'une façon toute différente, pour nous unir ensuite avec dès- goûts disparates.

JEAN, gai.

Dans ce cas, ilfaut adopter un système mitigé : rester à la maison pour faire plaisir aa mari, et sortir pour faire plaisir à la femme.

HENRIETTE

Mais, mon Dieu, que nous parlons sérieusement! On ne dirait jamais un jeune homme et une jeune fille qui étaient en intention de valser, mais plutôt des gens de cinquante ans.

JEAN

Au moins.

HENRIETTE

• Oui, au moins. Comment trouvez-vous que cette toilette me va ?

A ravir.

HENRIETTE

Le mouvemént'de la jupe est bon, n'est-ce pa&?

JEAN

Oui, elle tombe très bien.

HENRIETTE

J*aime assez aussi ce petit décolleté, il est jeune fille, discret et gracieux.

JEAN

Très gracieux.

HENRIETTE

Je parie que vous serez féroce sur Tarticle du décolletage, quand vous serez marié.

JEAN

Oh ! mon Dieu, sait-on ce qu'on fera une fois marié ? Tout cela dépend si bien de la femme.

Tiens, vous ne portez pas de bague ?

JEAN

Ohl un homme I

HENRIETTE

Oui, je sais bien, mais un anneau d'or avec un petit diamant, cela est joli I

JEAN

11 faut pour cela avoir une main qui soit un joyau comme la vôtre.

Il lui prend la main.

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