ACTE DEUXIÈME
JEAN
En voilà une raison I
HENRIETTE
Il faut songer, dans la vie, h autre chose qu'à ces bagatelles.
JEAN
Mais je songe à autre chose de dix heures à quatre tous les jours.
HENRIETTE
Ce n'est pas suffisant.
JEAN
Commentée n'est pas suffisant ?
HENRIETTE
Mais non. Tu te plains d'être fatigué, en cela tu es comme tous les hommes qui se plaignent toujours, mais si tu travaillais un peu plus, tu éprouverais du mieux.
Ahl par exemple!
HENRIETTE
C'est comme ça, il suffit de s'entraîner, ta lassitude est toute morale, elle vient de ce que tu aspires toujours à ne rien faire. Quand on est véritablement laborieux, on n'est jamais las, parce qu'on aime le travail pour le travail, et ce qui pèse, dans ce caslà, c'est d'être oisif*
JEAN
Mais que veux-tu que je fasse de plus ?
HENRIETTE
11 faut avoir de Tinitiative, chercher, combiner, s'arranger une vie. Jolie occupation que la tienne, à faire toujours la même chose, à répondre à de vieux invalides décorés, et à attendre ton avance- ; à tour de bête.
Ohl Henriette I
HENRIETTE
Quoi, est-ce que je ne dis pas la vérité ?
JEAN
Tu es méchante.
Je ne suis pas méchante, je suis lucide.
JEAN
Qu'est-ce que tu as aujourd'hui ?
HENRIETTE
Je n'ai rien ; je suis peu satisfaite de la médiocrité de notre position, et voilà tout.
JEAN
Mais comment veux-tu que j'y remédie ?
HENRIETTE
- On Joue à la Bourse.
JEAN
Et quand j'aurai perdu notre petite fortune, nous serons bien avancés.
■sv.^pwj?';