‹ La raucourt & ses amiesChapitre 14 sur 52 · HENRIETTE · texte numérisé non relu

HENRIETTE

Raucourt auteur dramatique. — Henriette. — L'opinion de Mlle Mimi sur la piège et sur l'auteur.

Pour charmer ses loisirs, il prit un jour fantaisie à Mlle Raucourt d'obtenir, comme auteur, les succès qu'elle avait cueillis en qualité de comédienne. En 1782, elle écrivit une pièce en prose inspirée, disait-on, d'un autre drame ayant pour titre, « Le Camp du Nord, ou la discipline militaire » (1).

« Mlle Raucourt a imaginé d'en faire une autre sur les mêmes habits et sur les mêmes décorations à peu près comme Duelos fit autrefois son roman d'Acajou sur je ne sais quelles gravures.

« La pièce intitulée « Henriette ou la femme déserteur » a été lue aux Comédiens Français et reçue avec acclamations, nous verrons dans quelques jours comment elle le sera par le public. »

r*(l) Pièce traduite de l'allemand, qui n'avait eu que quatre représentations, jouée pour la première fois, le 12 novembre 1781 .

y» LA RAUCOURT ET SES AMIES

Gomme il fallait s'y attendre, la curiosité mondaine était surtout éveillée par la notoriété de l'auteur et par la singularité de ses mœurs. Quel événement ! Dans le Landerneau des lettres tout le monde est en émoi, aussi il faut voir le ton des critiques :

Jamais les chefs-d'œuvre de Racine et de Voltaire n'attirèrent une plus grande affluence de monde au théâtre que le drame de Mlle Raucourt, mais laissons parler un critique contemporain, un spécialiste en la matière, le fameux Grimm : « Le sujet d'Henriette, c'est le titre du nouveau drame, est tiré, dit-on, d'une pièce allemande, suivant d'autres : d'une pantomime que l'auteur vit jouer dans ses courses du Nord à Varsovie. Nous ne sommes pas encore en état d'approfondir cette question. On ne perdra pas son temps à montrer ici combien la conduite de cette pièce est monstrueuse, combien toute l'action est folle et romanesque il n'en est pas moins vrai que la pièce où Henriette se détermine à déserter est d'une conception assez théâtrale, que celle du 3e acte entre son père et le commandeur doit une grande partie de son effet au jeu de Mole, mais que l'idée de cette situation est par elle-même infiniment touchante. La pièce est aussi bien écrite qu'elle est bien pensée, c'est tout dire. Nous espérons aussi que le roi de Prusse ne voudra pas se venger trop sérieusement de la petite impertinence que l'auteur s'est permis de mettre dans la bouche d'un soldat prussien.

— « Oui ! chez nous, dit-il, en temps de guerre le soldat est presque aussi bien traité que l'offi-

Page 1