‹ La raucourt & ses amiesChapitre 16 sur 52 · ET USURIER. — J. DE FLEURY. — RESTITUTION · texte numérisé non relu

ET USURIER. — J. DE FLEURY. — RESTITUTION

Dans le Gazetier Cuirassé à propos des fameux soupers de la duchesse de Villeroy, il est question d'une certaine « Première Présidente ». D'autre part, nous savons par les indiscrétions de Grimm, que plusieurs grandes dames payaient assez cher la curiosité qu'elles avaient de connaître les secrets de la jeune prêtresse de Lesbos. Leurs offrandes étaient insuffisantes pour couvrir les dépenses qu'exigeaient son luxe et ses fantaisies (1).

Il est curieux de rapprocher ces vagues racontars des lignes qui vont suivre ; on en déduira certainement que suivant l'antique adage, parfois exact : il n'y a point de fumée sans feu.

Vers le temps où le commissaire Boullanger clôturait la procédure interminable intentée par les créanciers de l'actrice, un procureur chargé des intérêts d'une puissante personne, se présentait quai

(1) Corr. de Grimm , ouv. cit., t. xv/'p. 274.

du Marché-Neuf et contre espèces, demandait la délivrance des plus beaux bijoux de la Rauco'urt. Dans un moment de gêne, l'artiste avait fait porter chez un prêteur sur gages, ses magnifiques joyaux ; l'usurier, un certain Verbeck, rue du Chantre, qui joignait à son industrie celle plus avouable de maître de danse, ne délivra son nantissement qu'à la dernière minute et devant la signification d'un arrêt de la cour du Parment (1).

« Le 30 octobre 1778, signifié à Boullanger, par Chambon, procureur, demeurant ru© de la Huchette, la copie d'un arrêt de la Cour du Parlement portant entre autres choses que la paire de boucles d'oreilles en perles garnie de petits brillants et la paire de girandoles en brillants seront rendues et restituées à Mme Joly de Fleury, demeurant rue Verte, faubourg Saint-Honoré, sous l'assistance de Me Le Nain, énoncé en l'ordonnance de M. le lieutenant-criminel du 30 juillet 1776 moyennant 4.000 livres, plus une opposition à la requête du sieur Verbeck, et à la remise des dits bijoux sinon qu'en sa présence et avons signé.

Le 11 mai 1779, par devant nous, Claude-Louis Boullanger, sont comparus : haute et puissante dame Elisabeth-Pierrette Dubois de Sourval, séparée quant aux biens de haut et puissant sei-

(1) (( Guy Verbeck, maîlre de danse, rue du Chantre, maison du sieur Godot, limonadier : Du 29 mai 1775, Mlle de Raucourt, pensionnaire du roy, demeurant à Vaugirard, reçoit la somme de 4.000 livres sur une paire de girandoles de brillants et une petite paire de boucles d'oreilles perles et brillants, le tout cacheté du cachet de la demoiselle de Raucourt avec le nom de Vilers, valet de chambre de M,,e . » — Arch. Nat. Y. 12.704.

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