RU MIEL
Au cours de cette expérimentation, un assistant s'étant blessé avec un couteau ayant servi à couper un ganglion prélevé chez un singe malade, présenta sept jours plus tard une M.L. cliniquement et hématologiquement typi que. Or, au douzième jour de cette maladie expérimentale la R. A. apparaît positive.
Les résultats obtenus par MM. Van pex BerG et Lies SEns lors de leurs essais d’inoculation de la M. T. au macaeus Rhesus sont beaucoup moins nets. Ces auteurs n’ob servent en effet qu'une élévation minime du taux des agglutinines anti-mouton dans le sérum tes animaux ino culés avec du sang de sujet atteint de M. I. Chez aucun des animaux ils n’obtiennent de taux d'agglutination
comparables à ceux observés chez l’homme du moins
à s’en tenir à une lecture macroscopique des réactions De plus ces taux diffèrent peu de ceux observés chez le singe normal. Enfin les auteurs n'indiquent pas s'ils ont procédé à une identification des agglutinines par l’étude de leur comportement en présence des extraits de rein de cobaye et de globules rouges de bœuf. Mais surtout ces résultats douteux ne peuvent être retenus à Paetif ou au passif de la méthode qu'avec la plus grande cireons pection. Ces auteurs en effet se sont servis pour leurs inoculations du sang d’un enfant qui présentait clinique ment un syndrome se rapprochant de celui de la MT, mais qui, hématologiquement s'en distinguait par une “modification ne portant que sur les monocytes qui étaient légèrement augmentés de nombre sans que les autres éléments mononucléés soient dans une proportion supé
rieure à la normale, ce qui diffère des constatations faites
LE TRS es
habituellement dans la M. I. Bien plus, les singes inoculés ont présenté une leucopénie avee monocytose mais sans mononucléose ; ce qui ne va pas sans laisser subsister des doutes sur la nature de l'infection qui a évolué chez le singe à la suite de l’inoeulation.
MM. R. SoniEr, LÉPiNE et MHe V. SAUTTER, au cours d'un essai de transmission expérimentale de la M. TI. ont procédé de la façon suivante. Ayant inoculé un Macacus Rhesus avec du sang d'un malade présentant une M.H. cliniquement, hématologiquement et sérologiquement Lypique, ils ont observé ‘quinze jours après l’inoculation une poussée fébrile nette avec leucocytose à 22100 et mononucléose à 64 %. Le sang de ce singe fut alors inoculé à un jeune dément qui en dehors d’un déficit psychique avait une parfaite santé, et chez lequel ils avaient vérifié — avant l’inoculation — que la F. H°L était normale et que le sérum donnait une R. A. négative. Bien qu'ils n'aient pas constaté d’angine ni d’adéno-splenomégalie, un examen de sang pratiqué seize jours après l’inoeulation révélait une R. A. positive et une mononucléose sanguine à 59 %. La réaction restait positive pendant six semaines et redevenait négative au 44 jour, donc dans des délais souvent observés au cours de la maladie spontanée. Cette expérimentation trouve ainsi place à côté de celle de WisixG où la transmission de la maladie du singe à Fhomme avait été réalisée accidentellement et où la R.A. était apparue positive comme dans le cas de M. SOHIER.
Si aucune cause d'erreur n'est venue troubler cette
expérience non plus que celle de Wisixe, il paraît done
FR. à FOR
démontré que lon peut —- à partir du sang de malade atteint de M.I. — inoculer la maladie au singe puis à l’homme et reproduire simultanément les manifestations sérologiques ‘qui accompagnent constamment la maladie lorsque celle-ci apparaît chez l’homme. |
En résumé et après ce bref rappel des acquisitions récentes sur la R. A. nous croyons pouvoir conclure à la spécificité de cette réaction. Cette spécificité nous paraît suffisamment établie non seulement à l’aide des recherches effectuées tant pour montrer la constance de la réae. tion au cours de la maladie que sa négativité dans toutes les affections où elle a été recherchée, mais aussi au moyen des essais de reproduction expérimentale. Comparée à des réactions du même type ‘qu’elle, c’est-à-dire ne mettant pas en jeu directement l'agent causal de l’affection, comme par exemple la réaction de Werr-F£Lix, elle repose sur des données aussi bien établies. Eile apparaît done comme un test sérologique très fidèle, et prend de
ce fait une réelle valeur pour le diagnostic de la M. T.