Valeur diagnostique
Nous croyons (compte tenu des erreurs que peut comporter toute réaction biologique si précise soit-elle), que la constatation d’une R. A. positive chez un malade permet d'affirmer qu'il présente ou à présenté une M. TI.
On pourra dire que cette donnée sérologique est de peu d'importance dans les -cas cliniquement typiques avec angine et adénolymphoïdite aiguë, hyperleucocytose modérée, mononucléose sanguine, le tout évoluant spontament vers la guérison.
Mais surtout la R. A. prend une réelle valeur toutes les fois que la M. I. ne s'accompagne pas des signes cliniques considérés comme caractéristiques de l'affection. Remarquons d’ailleurs que souvent si les symptômes classiques
sont au complet à un moment die l'évolution de la maladie,
certains d'entre eux peuvent manquer pendant une par. ie de celle-ci. On trouvera dans les observations ‘que nous avons rapportées des cas dans lesquels pendant plusieurs jours les seuls signes cliniques ont été un état infectieux à forme typhoiïde (observ. 15 V. d. G., observ. 26, Desgenettes) ou bien une angine sans adénopa-
thie, ou inversement des adénopathies sans angine.
Plus difficile encore est le diagnostic de formes nettement atypiques — soit par la localisation extra-cervicale des adénopathies, — soit par l'absence de celles-ci, la splénomégalie étant le seul signe d'atteinte du système lymphoïde (M. TRÉMOLIÈRES), — soit par l'atteinte hépatique dominante qui, constatée à un moment où les manifestations oropharyngées où amygdaliennes ont disparu, peut conduire à considérer qu'il s'agit d’un ictère commun
fébrile d'étiologie inconnue.
Nous avons rappelé plus haut les raisons pour lesquelles on est amené à faire, en présence de formes atypiques de M. le diagnostic de leucémie aiguë. M. CHEVALLIER en a rapporté quelques cas publiés dans la littérature. MM. CopvELLE et SonirR dans un travail intitulé « Syndrome ganglio-splénique insidieux -à évolution spontanément eurable » ont donné les observations de sujets qui paraissent bien atteints de M. L et chez lesquels ils avaient songé au moins pendant un témps à la leucémie aiguë. Le malade Ser.. (observ. Desgenettes N° 1), avait été envoyé à l'hôpital avec le diagnostie de leucémie aiguë ; la R. A. dans ce cas à permis d'écarter le dia-
gnostie et le redoutable pronostic qu'il comporte.
Ne
Nous avons indiqué dans quelle mesure certaines formes de M.I. avee angine ulcero-nécrotique d'aspect gangréneux et mononueléose avec leucopénie pouvaient donner le change pour une angine agranulocytaire de Wer- NER-SCHULTZE en raison de la neutropénie absolue et du syndrome clinique observé. Dans l’observation citée par M. R. Souier, la constatation d'une R. A. positive est d'une utilité indiscutable.
On ne saurait passer sous silence les formes cutanées de la M. I. On conçoit aisément qu'il soit difficile que le seul examen clinique et hématologique permette de distinguer une M.I. avec éruption cutanée morbilliforme où même scarlatiniforme d’une rubéole. La R. A. apporte un élément utile. L'observation de MM. Deumie, Brumpr, Taomas en est un exemple! Or les mesures de prophylaxie à mettre en œuvre sont différentes dans l’une et l’autre affection. ;
Enfin avant de clore le rappel des cas dans lesquels la R. A. donne au clinicien une précieuse indication üiagnostique, nous voudrions évoquer l'existence possible de formes inapparentes de la M.I. Une telle notion paraît pouvoir être déduite des recherches de MM. R. Sourer, Lépine et V. SAuUTTER. Ces auteurs ont en effet provoqué par inoculation l'apparition d’une mononucléose sanguine et des modifications sérologiques se traduisant par une R. A. positive — ceci en l’absence des signes cliniques habituels de la M. TI. Rien ne s'oppose à ce que des formes semblables puissent évoluer spontanément chez l'homme, de même que nombre d’affections à agents figurés ou à
virus peuvent évoluer chez l’homme sous une forme