‹ La réaction d'agglutination (réaction de Paul-Bunnell-Davidsohn) au cours de la mononucléose infectieuse: Son intérêt diagnostique et nosologiqueChapitre 47 sur 51 · EVOLUTION DES REACTIONS SEROLOGIQUES · texte numérisé non relu

EVOLUTION DES REACTIONS SEROLOGIQUES

Dès la découverte de la R. A. différents auteurs, Davin- SOHN un des premiers notamment, se sont intéressés à l'évolution des réactions sérologiques.

Par analogie avec différentes maladies infectieuses dans lesquelles la recherche des modifications humorales au cours de la maladie est parfois d’un grand intérêt pour le diagnostic, on s'est demandé à quel moment de la M. I. la R. A. devenait positive. On à par ailleurs essayé d’étudier la durée de positivité du test sérologique, son mode d'extinction. On s’est efforcé enfin de préciser si le retour à la négativité de la KR: A. allait de pair avec la guérison clinique et hématologique.

En ce qui concerne le moment d'apparition de la R. À. différents auteurs le fixent au 12° jour. Notre Maître M. le Professeur SonrER, dans un article paru en 1959 l’a trouvé positif au 40° et 11° jour. Nous l'avons vu 2 fois apparaître plus tôt : au 6° jour (obs. 1) et au 9° (obs. 26). Mais dans l’ensemble c’est entre le 11° et Ie 17° jour que la R. A. est pour la première fois trouvée positive.

C'est qu’en réalité il est difficile de fixer avec précision

— à l'aide des renseignements fournis par le malade

le début de l'affection. Le sujet vient en général consulter une fois l’angine déclarée, Or celle-ci est précédée d'une période d'incubation de durée indéterminée, s’accompagnant de signes souvent diserets attirant tardivement l'attention du malade. Le tableau clinique, en outre, peut = au début de l'affection du moins — ne pas être caractéristique et ne pas faire songer d'emblée à la M. F Un certain temps va done s'écouler pendant lequel la physionomie de la maladie se dessine peu à peu : la persistance de Fangine, de la réaction thermique, la constatation d'une adénopathie généralisée, d'une splénomégalie, précisant un diagnostic jusqu'alors incertain ineiteront enfin le médecin à rechercher les modifications sanguines et humorales.

Il est cependant des cas, peu nombreux il est vrai, dans lesquels il a été possible non seulement de voir apparaître la R. A, mais aussi de situer sa date d'apparition dans l'évolution de la M. HE. AT

MM. Demaxcue et Worms en 1939 ont pu ainsi saisir

la période présérologique de la M. I.

IH s'agissait d'un étudiant en médecine venu consulter. au 4e jour. L'examen hématologique montrait alors 10.000 G. B. avec une mononucléose à 80 %. R, À, négative. Cinq semaines plus tard le malade entrant en convalescence, la R. A. était trouver positive,

I est done utile de renouveler la réaction si, à un premier examen précoce, elle s'est montrée négative.

Des faits analogues étaient observés la même année par M. Soir à Paris.

ON a

OBSERVATION V. d. G. 19. — Tin. Début de l'affection : premiers jours de juillet par une angine, des adénopathies cervicales, une splénomégalie. Température, asthénie, subictère, J \ |

Le 4 juillet, — R. A.: taux peu élevé d’aggl. 1/20 : absorption totale par les globules de bœuf et le rein de cobaye. FH°L : 6.100 G. B. Mononucléose à 58 %.

Le 18 juillet. —— R. A.: élévation du taux des aggl. à 1/40. Absorption par les globules de bœuf 100 %. Absorption nulle par le: rein de cobaye.

OBSERVATION V. d. G. 33. — Leu... angine banale.

Le 9 août, —.R. A. : taux des aggl. 1/80. Absorption par les globules de bœuf 87 %, par le rein de cobaye 75 %.

Le 18 août. — KR. A.: pas de modifications quantitatives, mais l’absorption par les globules de bœuf est de 100 %, elle n'est que de 75 G par le rein de cobaye.

On peut admettre qu'il s’agit de sujets à la période présérologique, et que les dernières réactions ont été pratiquées au moment où le virage était en train de se produire. Les circonstances n'ont pas permis alors à M. Sonrer de suivre ces malades aussi longtemps qu'il l'aurait voulu.

D'autres exemples sont tirés des essais de transmission expérimentale de la M. INous avons signalé précédemment qu'un assistant de Wisixc après s'être blessé au cours-d’expériences avait présenté au bout de 7 jours une M. L. typique. Une observation du même ordre est fournie par les travaux expérimentaux de MM. Sonier, LEPINE, Mile V. Saurrer : un dément après avoir été inoeulé avec du sang de singe injecté lui-même avec du sang d'un sujet atteint de M. L. présenta 15 jours après l'inoculation une R. A. positive. Remarquons toutefois que ces auteurs

n'ayant pu suivre au jour le jour l'apparition de la réac-

Le EEE

tion, il est possible que les agglutinines aient apparues plus tôt.

Alors qu'il est possible de supposer qu'il faut au virus de la M. I. un même délai de temps pour présider à l’élaboration des modifications humorales caractéristiques de la M. I. les faits semblent indiquer qu'il n’en est rien puisqu'aussi bien on à pu trouver positive la R. A. au T°, 15°, 35° jours après l'inoculation. Peut-être s'agit-il de variations dans la virulence du virus de la M. T. ou dans l’intensité des processus réactionnels de l'organisme. En Tabsence d’une connaissance plus précise de l’agent de la M. I. l'explication de ces faits ne peut que relever d'hypothèses incertaines. |

Il était en outre intéressant de chercher à préciser le

temps que met la R. A. à devenir négative. Les chiffres

indiqués par différents auteurs montrent que les modifications humorales persistent pendant un temps variable. Davipsonx indique une durée moyenne de 50 à 296 jours. M. DEMANCHE à vu dans un cas se produire le virage de la R. A. au 140% jours tandis que M. SouiER assistait chez 6 sujets à la disparition de la R. A. en 29 à 115 jours. Dans les observations qu'il nous a été donné de suivre, nous n'avons observé qu'une fois (obs. 13) la disparition des agglutinines atypiques au 138° jour,

On s’est demandé si la guérison clinique allait de pair avec le retour à la normale de la formule sanguine et des réactions sérologiques. Avec Davipsogx et M. DEMAN- CHE il est classique d'admettre que la guérison clinique survient d'abord ; vient ensuite la guérison hématologique qui elle-même précède la disparition de la R. A.

Le we

Dames

En 1987 en éffet Davinsoun signalait «qu'à peu près parallèlement se produit l'amélioration des malades et la disparition des lymphocytes anormaux. La chute des mononucléaires au-dessous de 50 % vient un peu plus tard … La guérison hématologique est suivie à son tour par la guérison sérologique «en retard des trois ».

Plus récemment M. DEMANGHE, à propos d'un cas suivi jusqu'à guérison complète faisait remarquer que les réactions sérologiques suivent une marche parallèle à celle des réactions Sanguines : très fortes au début de la maladie elles diminuent rapidement et régulièrement d'intensité, le pouvoir agglutinant du sérum tombant dans l’espace de 2 mois de. 10.000 et 20.000 unités à 80 unités el au-dessous en même temps que se rétablit l'équilibre leucocytaire. Arrivée à ce degré d'atténuation la réaction pathologique est caractérisée non seulement par le taux des agglutinines anti-mouton qui reste modéré, mais encore et surtout par leur inversion qualitative que seule révèle l'épreuve d'absorption.

En fait, les observations de M. Sourer, suivies jusqu à extinction de la R. A., semblent montrer que l'évolution des modifications sérologiques se fait conformément aux notions indiquées par M. DeEmancue. Cependant nous n’aVons pas retrouvé dans les observations du Service de notre Maître cette chute rapide du taux des agglutinines au cours des 2 mois qui suivent le début de l'affection.

Nous n'avons pas non plus observé une régression rapide des réactions leucocytaires ; la guérison hématologique, contrairement aux résultats publiés par M. DEMan-

CHE, ne semble pas précéder la guérison sérologique, les

deux ordres de modifications paraissant plutôt dans l'ensemble aller de pair, comme MM. Sourer, PARNET et BEr- NiER l'avaient précédemment montré ; ou de façon plus précise si l'on tient compte pour parler de guérison hématologique de la disparition des leucocytes mononucléés anormaux, celle-ci précède de beaucoup la négativité de la R. A. Par contre il est fréquent de voir parallèlement le taux des mononueléaires typiques revenir à la normale

en même temps que la R. A. devient négative.

Enfin, comme M. DEMANCGHE l'avait signalé, la fin de la réaction est caractérisée par la disparition des aggluti-

nines atypiques et le retour des anticorps F.

C'est une observation du même ordre que nous avons pu faire à propos dé l'observation 13 ; la dernière R. A. donnait en effet les résultats suivants :

Une réaction de même nature était notée dans l’obser-

vation V.-d.-G, 2 bis lors du retour à la normale de la R. A.

Ainsi l'absorption des agglutinines par le rein de cobaye montre qu'elles ne sont plus de même type que celles observées dans la M. [, mais qu'elles appartiennent au groupe F.

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