RER
mentation sur un individu syphilitique donné variera selon l’âge et l’évolution de la maladie.
Donc, si l’on titre une solution de péréthynol, de telle sorte qu'un sérum sain donne une hémolyse complète, on obtiendra avec un sérum syphilitique une hémolyse plus faible, ou même pas d’hémolyse ; ces gradations dans l’hémolyse, Vernes les traduit par une échelle colorimétrique, ce qui permet de suivre les variations du pouvoir floculant dans les sérums examinés.
Valeur diagnostique de la réaction
En résumé, si l’on compare ces théories nouvelles à la théorie primitive de la déviation du complément, on s'aperçoit qu'une notion générale se dégage de toutes ces tentatives d'explication : désormais Ja notion de spécificité de certains anticorps à fait place à la notion de quantité de corps colloïdaux, d’équilibre colloïdal régi par l'agencement variable des micelles. La réaction de Wassermann ne dépendrait donc pas d'anticorps spécifiques. Mais alors la réaction elle-même n'est-elle plus spécifique ?
Des affections différentes de la syphilis ne peuventelles pas modifier la constitution colloïdale du sérum humain dans un sens tel que la réaction de Bordet- Wassermann soit également positive du fait de ces affections L'expérience de tous les jours semble bien prouver qu'il faille répondre par l’affirmative à cette dernière question, et nous allons passer rapidement en
rares
revue les diverses maladies dans lesquelles la réaction de Bordet-Wassermann a été trouvée positive.
Hâtons-nous d'ajouter que dans chacune de ces maladies la réaction recherchée systématiquement a été trouvée positive par exception.
Nous citerons
La lèpre tuberculeuse ;
Le paludisme ;
Les trypanosomiases ;
La pneumonie ;
La scarlatine ;
Le pityriasis rosé de Gibert ;
La fièvre typhoïde ;
La splénomégalie primitive ;
Le sodo ku ;
La fièvre récurrente ;
Le saturnisme.
Dans certains états (individus agonisants, ou récemment chloroformés) la réaction de Bordet-Wassermann s’est parfois montrée positive.
Mentionnons que dans la spirochétose ictéro hémorragique la réaction d’après Costa, Martin et Petit, s'est montrée positive avec une fréquence particulière.
Ainsi donc, la réaction de Bordet-Wassermann peut se montrer positive en dehors de la syphilis.
Par contre, peut-elle se montrer négative au cours d'une syphilis en évolution ? Généralement on admet que dans go % des cas la réaction se montre positive à partir de 3 semaines après le début de l’accident primitif. Elle peut redevenir négative pen-
ROUES dus
LB
dant les périodes de rémission. Et c’est sur un pareil sujet que des opinions diamétralement opposées se sont fait jour : les uns se reportent uniquement au Wassermann pour juger de la spécificité ou de la non spécificité des malades, les autres n’accordent plus qu’une faible valeur diagnostique à cette réaction et ils apportent à l'appui de leur thèse des observations d’une précision souvent embarrassante. Nous n'ignorons pas qu'à Lyon, Monsieur le Profes-
. seur Nicolas défend cette opinion avec une grande
autorité. Mais nous l'avons dit, et nous le répétons, ce n’est point notre rôle ici de juger la réaction au point de vue du diagnostic.
Nous nous contenterons de constater que maints cliniciens, et non des moindres, accordent encore une grande valeur à la réaction de Bordet-Wassermann. Ils estiment, en majorité, qu'elle est toujours intéressante à rechercher, soit au cours d'une syphilis évoluant avec fracas, ou sommeillant depuis quelque temps déjà, soit au cours d’affections diverses dont les symptômes font parfois songer, par leur analogie, à une tréponémose en activité.
Cr, précisément, l’angine de Vincent est parmi ces affections qu’il y a grand intérêt à séparer de la svphilis, et ce diagnostic différentiel est souvent très délicat ; c’est du moins ce que nous allons nous efforcer de prouver dans le chapitre suivant.
va
vus