DS DT OR
sentons), le début de la psychose remonte à trois ans au moins. É Nous avons même retrouvé chez certains malades des examens de liquide céphalo-rachidien pratiqués au moment de l’internement qui ne montraient pas encore cette réaction de type méningitique. C’est plutôt après une ou plusieurs années d’évolution qu’elle apparaît. Il ne nous est pas possible d'en expliquer la raison. Maïs cette remarque a pour nous une grande importance ; car cette apparition tardive semble réservée à la psychose hallucinatoire chro— nique et à certaines paralysies générales torpides dont nous reparlerons tout à l’heure. Cette modalité de la réaction s'oppose à celle que l’on rencontre dans certains autres états mentaux, signalés en particulier par Courtois et Dide (confusion mentale, dépression mélancolique, démence précoce d'origine toxi-infectieuse) où la réaction se manifeste précocement, mais est transitoire et fugace. Et ce caractère spécial de la réaction de type méningitique dans les psychoses hallucinatoires permet d'expliquer pourquoi elle a pu paraître, aux auteurs, plus rare que dans les autres syndromes mentaux précités. C’est que, pratiquant systématiquement la ponction lombaire à l'entrée des malades dans un service d'admission de mouvement très actif, ils n’ont sans doute pas pu suivre pendant des mois et même des années l’évolution chronique de ces malades, bientôt évacués dans les asiles de banlieue. C’est là qu’en répétant l'examen du liquide céphalo-rachidien, souvent après
plusieurs années d’internement, nous avons pu déceler la grande fréquence de la précipitation du ben- Join dans la zone méningitique.
Nous avons signalé déjà que, dans les psychoses hallucinatoires, cette précipitation s’accompagnait souvent, mais non toujours. d’une hyperalbuminose. Il s’agit, lorsqu'elle existe, d’une hyperalbuminose moyenne habituellement sans Iymphocytose. Et ceci constitue une nouvelle différence avec ce que l’on observe dans certains autres syndromes, tels que la démence précoce et la confusion mentale, où Courtois a noté que la précipitation méningitique du benjoin.s’accompagnait fréquemment d’une lymphocytose notable.
Nous n’avons pas rencontré de parallélisme entre la présentation clinique de l’état mental et la présence de la réaction. Néanmoins, lorsqu'elle existait, il nous a semblé que le fléchissement intellectuel était un peu plus accentué, les troubles hallucinatoires plus riches, avec prédominance cénesthopathique et auditive, et les idées mégalomaniaques très fréquentes.
Nous avons exposé dans la troisième catégorie de nos observations quelques cas où la précipitation dans la zone méningitique s’expliquait parfaitement par une origine organique. Dans l’observation 27, il s’agit d’un syndrome de Korsakoff typique. M. L... (obs. 28) et M. M... (obs. 29) sont deux alcooliques chroniques dont l’intoxication ancienne et l’impré-
gnation éthylique profonde ont déterminé des lésions