‹ La Réaction de Type Méningitique du Benjoin Colloidal dans Certaines Maladies Mentales et Plus Spécialement dans les Psychoses Hallucinatoires ChroniquesChapitre 33 sur 35 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

cérébro -méningées définitives ; M. Ch... (obs. 30) a fait une confusion mentale, de courte durée d’ailleurs, sous l’action d’une intoxication alcoolique massive, accompagnée d’un accès d’urémie. Les troubles mentaux de M. B... (obs. 31) sont apparus à la suite d’un syndrome méningé aigu probablement de nature herpétique. Actuellement le malade se présente comme un dément précoce, Dans les observations 32 et 33, il s’agit de troubles survenus après une atteinte d’encéphalite épidémique. Dans l'observation 34 c’est une névraxite poliomyélitique de nature mal déterminée, avec gros troubles trophiques, que l’on retrouve dans les antécédents. Enfin, M. S... (obs. 35) présente des crises d’épilepsie Bravais-Jacksonienne consécutives à un traumatisme cranien (balle de revolver intra-cranienne)... Nous aurions pu citer d’autres observations comportant ainsi une réaction du benjoin de type méningitique en rapport avec une lésion organique manifeste. Or, dans les psychoses hallucinatoires chroniques où nous avons trouvé la réaction, on pouvait dans de nombreux cas, sinon aflirmer, tout au moins envisager aussi une étiologie organique.

Dans les observations 5, 7, 8, 10, l’appoint éthylique paraît d’une importance considérable. Le malade T..., de l'observation 9, a présenté durant son internement, et à deux reprises, des symptômes de polynévrite aiguë avec fièvre, disparaissant en quelques semaines. Le malade C..., de l’observation 4,

souffre depuis de nombreuses années d’une otite

adhésive gauche avec tympan scléreux cicatriciel. Ch... (obs. 2) a fait quinze jours avant le début de ses troubles mentaux un ictus paraissant d’origine spécifique. G... (obs. 1) a subi quelque temps avant l'apparition de la psychose hallucinatoire chronique dont il présente les symptômes les plus typiques, un traumatisme cranien (blessure de guerre) et il a parfois des crises épileptiformes. Le malade V... (obs. 6) est pensionné pour accès pernicieux palustres. L’examen de Mme P... (obs. 11) révèle une paralysie du moteur oculaire externe droit, probablement de nature diabètique. Mme P... (obs. 19) présente quelques signes neurologiques (tremblement de la langue et des doigts, paresse et inégalité pupillaires) probablement en rapport avec une syphilis torpide du névraxe.….

Nous abrégeons. On voit que, dans nombre de nos observations, un examen soigneux a permis de mettre en évidence l'existence d’une atteinte toxi-infectieuse ou d’une lésion neurologique ayant précédé les troubles psychiques ou coexistant avec eux. Dans quelle mesure ces lésions organiques sont-elles en rapport avec l’apparition de la psychose ? Nous ne pouvons le préciser. Mais le fait nous semble intéressant à noter.

Un des points qui a le plus retenu notre attention au cours de notre étude, c’est l'existence. chez de vieux paralytiques généraux, de la même précipitation du benjoin colloïdal dans la zone méningitique de la réaction. Certains de ces malades avaient un

CAE. BARS

tableau clinique voisin de celui de la psychose hallucinatoire chronique, au point que seuls quelques signes neurologiques, les commémoratifs psychiques et humoraux, permettaient de porter le diagnostic exact, D’autres, au contraire, présentaient un syndrome banal de paralysie générale (gros affaiblissement intellectuel, idées délirantes absurdes...) qui depuis des années n'avait pas subi de modifications sensibles (sauf peut-être l’accentuation du déficit psychique). Dans ces différents cas, formes délirantes, formes torpides anormalement prolongées, toute la zone syphilitique de la réaction du benjoin était devenue négative et nous avons retrouvé seulement la formule méningitique que nous avons signalée.

Un autre fait qui nous a frappé, c’est celui de l’apparition tardive de ces modifications humorales. Dans l'observation 26, cette nouvelle forme du syndrome humoral s’est manifestée 4 ans environ après le traitement paludéen. A la Maison-de Santé de Saint-Maurice, nous avons observé la même formule chez de vieux paralytiques délirants et hallucinés, qui étaient internés depuis plus de 10 ans. Chez presque tous ces malades, les réactions de Bordet-Wassermann et de Meinicke étaient devenues négatives dans le sang et le liquide céphalo-rachidien, même parfois sans im paludation ou chimiothérapie.

L'observation de G... (n° 21) est particulièrement intéressante pour nous, car elle peut-être considérée comme un type de transition entre les paralysies générales délirantes et les psychoses hallucinatoires

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