L'ANNEXION DE LA JAMAIQUE
Lea habitants de la Jamaïque continue toujours de travailler avec une grande activité à leur projet d'annexion au Canada, Les principaux propriétaires et les marchands de cette île se sont rendus à Londres, où ils ont eu une réunion, il y a quelques jours, pour délibérer sur les meilleurs moyens de résoudre cette question.
Ila ont adopté une résolution que M, Solomon, un des
hommes les lus importants de la Jamaïque, doit soumettre an ministre des colonies, Cette résolution comporte : “ Que cette réunion de propriétaires et de marchands de la Jamaïque approuve le projet de l’annexion de la Jamaïque, comme province, à la Puissance du Canada, et désire que l'honorable M. Solomon saisisse la plus prochaine occasion de soumettre la question à la législature de la Jamaïque, afin que des propositions officielles puissent être faites, sans délai, au gouvernement du Canada ; et dans toutes les relations que M. Solomon pourra avoir avec le premier ministre du gouvernement canadien, sir John A. MacDonald, il peut être assuré de l’appui des propriétaires et marchands de la Jamaïque qui sont en Angleterre.”
Les marchands de la Jamaïque tiennent à faire partie de la
uiseance du Canada, Un journal de ce pays disait que les État-Uuis seraient bien prêts de les accepter, mais que les citoyeus de la Jamaïque préféraient l’annexion au Canada.
Il y a là une lecon qui s'adresse aux partisans de l’annexion du Canada aux Etats-Unis. L’exemple de la Jamaïque doit leur démontrer qu’ils ont de fausses idées sur les prétendus avantages que nous pourrions retirer, si nous faisons partie de l'Union américaine. Nous aurions encore moins d'avantages que la Jamaïque, néanmoins les citoyens de cette île préfèrent s’unir à nous plutôt qu'aux Etats-Unis.
Lis aiment mieux s'attacher à la destinée de notre pays qu'à celle de la république voisine, Il existe déjà entre cette île et le Canada des relations d'aftaires assez étendues pour démontrer aux deux pays les avantages réciproques qu’ils retireraient de cette union.”
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Et enfin qu'avons-nous donc, nous, Caniuliens, à envier aux Américains ?
Notre territoire n'est-il pas plus vaste que le leur, et n'estil pas plus grand que la moitié de l'Europe ? Oui, le Canada est la seconde puissance du monde quant à la grandeur de sou territoire, et il n'y à que la Russie qui l'emporte par la superficie,
Nosfleuves offrent les plus belles voies de commu nication du monde,
Notre tonnage de com nerce est le troisième du globe,
Notre dette est minime comparée à celle des autres pays et aux avantages immenses que nous en retirerons lorsque nous aurons le plus court point de transit entre l'Asie et l'Europe.
Nos ressources sont incalculables et ne demandent qu'à être exploitées,
Mais M. David est prèt à donner tout cela et à nous livrer corps et biens aux Etats Unis, comme on voulait le faire en 1837 ! Heureusement que le peuple a l’expérience du passé pour se protéger, et il ne donnera pas lète baissée Gans le guôpier où les annexiounisles voudraient le faire tomber eucore,
Allons, que ces messieurs les annexionnisles me donnent donc la paix. Je le répète, ie ne les crains poiut, je suis leur adversaire et ce ne sont pas leurs diatribes qui n'empêcheront de les combattre et toujours, mais avec des armes loyales et patriotiques. Eufin, qu'is en prennent leur parti, et ce n'est point parce qu'ils se ligueront contre mon livre et mes écrits qu’ils me feront reculer d'une semelle.
Pour revenir à 1837, je dirai sans doute que je déplore les exécutions qui eurent lieu après la rébellion de 37 et 33 ; mais à qui la faute ? N'est. ce pas à ces jeunes têtes chaudes qui, n’écoutant
rien et ne prenant avis de personne, pas mème les conseils du clergé et de la très grande majorité du pays, voulaient à tout prix se nrécipiter dans l'abime de l'anarchie et fomenter les horreurs d’une guerre civile parmi leurs compatriotes ?
Et après ce forfait politique, condamné en hart lieu et par la majorité du pays, des mêmes têtes chaudes, comme il en existait en 37, viendront
m'attaquer, parceque je viens rétablir la vérité his- | torique à l’aide des historiens contemporains de ( cette époque de triste mémoire ?
Je n'ai pas à défeudre les autorités gouverne- c mentales qui crurent devoir faire tomber des têtes [ qui avaient conspiré contre l'Angleterre, et qui voulaient se jeter dans les bras des Américains ; j mais l’on devait savoir que le Canada était un pays f. conquis. Le Souverain, où plutôt ses représentants 0 préviennent charitablement quelques conspira- u
teurs, quelques révolutionnaires ineptes et ambitieux, que s'ils commetient la folie de prendre les armes, ils seront punis. Nonobstant ces avis, ces menaces, les exaltés passèrent outre et voulnrent être châtiés. Cependant, le Souverain ne voulut pas même penser à faire dresser des échafauds. Au contraire, oubliant cette échauffourée, il accorde son pardon royal aux exilés des Bermudes, qui, aussitôt mis en liberté, méprisent la grâce royale et fomentent en retour, la sotte et humiliante rébellion de 1838? Alors, à qui donc la faute si Eu des têtes sont tombées ?...…, a
Et ces quelques têtes tombées sur l’échafaud peuvent-elles racheter toutes celles qu’elles ont fait tomber à Saint-Denis, à Saint Charles, à Saint-
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Est-ce que M. David aurait raison contre la vérité historique ? Enfin, à quelle école äppartient-il ? N’est-il pas de l’école des quelques hommes de 37 et d'aujourd'hui, qui voulaient et veulent l’annexion ou une république ?
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Et après tout cela, quelques républicains en herbe, comme M. David, voudraient censurer mon ouvrage qui exprime et reflète Les sentiments véritables de l'immense majorité des deux clergés, catholique et anglican, comme les sentiments de presque tout le pays ?
Néanmoins, je remercie M. David, car il n’a pas écrit une censure contre mon livre, mais bien la plus belle des réclames à laquelle je ne visais pas cependant.
M. David et ses amis po‘itiques diront, peut-être, qu'il n’e-t plus question d’annexion, de république, mais uniquement de l’indépendance du pays.
Je réponds à ces messieurs que lindépendance, l'annexion, la république sont trois mots que l’ou faisait résonner en 1837, qui ont toujours été + ynouymes comine épée et glaive, et que chacun porte le germe de la mort de la race canadienne-française.
La question de lindépendance qui semble mieux vue et que l’on discute quelque peu dans certains cercles politiques, nous conduirait inévitablement à l'annexion avec les Americains et personne ue l’ignore.
Je crains de plus l'indépendance, parce que si le pays devenait libre, nous serions abandonnés, nous, Canadiens-français, à la merci des autres nationalités qui habitent le Canada et dont une partie est à craindre, pour ses préjugés et son fanatisme religieux.
Montréal, Ottawa et d’autres villes ont eu leur panique et les prémices révoltantes d’une guerre de religion. Et que serait-il arrivé si les provocateurs eussent été en majorité et libres d'agir.
Le Canada, en obtenant son indépendance, et en perdant l'égide, le protectorat de l'Angleterre, ne pourrail se maintenir comme nation à côté de nos voisins qui, à la première difficulié qu’ils pourraient taire surgir, envahiraient notre territoire.
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D'ailleurs, où est notre marine, notre armée pour nous défendre ; et où prendrions-nous les moyens de créer des consulats, des ambassades, afin de protéger et de faire respecier le drapeau de l'indépendance ?
Je ne puis mieux terminer ces quelques mots de dissertation sur l'indépendance qu'en reproduisant le discours que sir Hector Langevin a prononce tout dernièrement à Winnipeg, et que je tire d’un article de la Minerve.
Lisons :