DÉCLARATIOM DE ANTOINE POIRIER DIT DESLOGES
Je, soussigné, certifie que mes deux frères, Michel, Thomas et moi nous faisions partie du camp de St-Eustacheen 1837, et que nous avons été renfermés dans l'élise pour combattre les troupes anglaises.
Quant à moi, je n'ai figuré dans cette journée du t^ décembre qu'avec le détachement qui s'est aventuré sur la glace, pour aller au devant de la compagnie du capitaine Globensky; mais lorsque je vis que mes compa> gnons d'armes prenaient la fuile et qu'ils se dirigeaient
dans toutes les dii^ctions^ je me sav^vairooi-mâmeetnTai pas reparu au village pour assister à la bataille.
L'un de mes irères, Thomas^ qui est mort après 1837 et qui est le seul qui a combattu dans l'église, m'a d& bien des fois que : avant la bataille, le général Colbome avait envoyé un padementaire, pour faire des propositions de paix ; que ce parlementaiiie qu'il a vu, était monté sur un cheval, et que la. répopse qu'il reçut fut des huées et des coups de fusil.
J'avab un autre ûrère, du nom de François, qui au lieu d'être parmi les insurgés, faisait partie de la compagnie de volontaires de mon oncle, Eustache Cheval dit St- Jacques ; compagnie qui fut ajoutée à celle du capitaine Globensky et dont je parle plus haut
Si j'avais eu alors Fexpérience que j'ai aujourd'hui, je serais entré dans cette compagnie plutôt que dans les rangs des rebelles et cela pour trois raisons. La première, parce que les volontaires avaient droit de se protéger et de se défendre contre les persécutions sans nombre auxquelles ils avaient été en butte. La seconde, parce que nous avions été entraînés de force au camp, oU l'on ne commettait que des déprédations ; et en troisième lieu, parce que nos chefs, comme Girod et le Dr. Chéni/er^ nous avaient honteusement trompés.
J'ai aussi fait partie des piquets ou groupes de soldats» qui parmi les patriotes gardaient les approches du village et qui avaient ordre d'emprisonner ou de tuer tous ceux qui auraient voulu s'évader ou s'enfuir du camp.
EaBjkf je nlsàite pas à dire que je condamne énergî-
^nement tant nos chefs que la rébellion de 1837, et je
ne connais pas un seul de mes anciens compagnons qui
ne blâme pas comme moi cette époque de triste mémoire.
Enfin de quoi, j'ai signé la présente déclaration, en frisant ma marque, en présence du révérend Messire Goyoo et de Monsieur son ricaiie, ce 24 avril 1877.
Antoine m PoiRisit orr Desloges.
marque
JL J. GuYON, Ptre. jCuré > ^ j^ A. M. CoLANERi, Ptre j *^*"""**
Note. — M. A- Poirier, homme honnête et considéré, ^tait autrefois un cultivateur très fortimé. Son fils le iXxrteur, mort très jeune, était marié à la sœur du révérend Messire Théberge, curé de St-Augustin.