‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 87 sur 90 · UNE LETTRE DE M. ROYAL · texte numérisé non relu

UNE LETTRE DE M. ROYAL

" St-Boxiface, (Manitoba,) 26 août 1886.

** Cher Monsieur,

" Vous aviez raison dans votre numéro du 22 courant de douter de l'exactitude du compte-rendu de Toasemblée de Lachine en ce qui me touche. Je n'ai pas parlé de la rébellion de 1837 ; j*ai fait le contraste entre la résistance patriotique des Métis en 1870 et Finsurrection de 1885, et rien de plus. " Croyez à toute mon estime,

tt

J. Royal.

" A Monsieur Tardivel,

" Réd. de la Vérité, " Québec.

La Vérité ajoute :

" C est avec plaisir que nous publions cette lettre de M. Royal ; elle met fin à une impression pénible que certains journaux avaient réussi à créer par leur compte-rendu de rassemblée de Lachine. C*est la manie de plusieurs soi-disant conservateurs d'afficher une admiration malsaine pour les hommes et les événements de 37 ; nous sommes bien aise de voir que M. Royal n'est pas de ce nombre '*

Lel9seplemb>-el8S6,la Virilt'fMiMt

la seconde

lettre .

[iiî va suivre :

Royal nous adresse k lettre siiiv

an te (ju'ïl

publie

tn iiiême temps dans la Mlmrvc :

" A Monsieur Tabdivel, " Rédacteur de la Vérité,

" Québec.

" MONSIEUB,

" Voua me paraissez heorenx de me trouver &a faute sur la foi d'un rapport inexact que je n'ai pas contredit dans le temps parceque celui de la Minerve ou de y EtencUu'd m'avait semblé à peu prèa fidèle.

" Je m'empresse de vous écrire pour rectifier l'inexactitude dont vous vous plaignez, et voilà que, sans attendre un mot de moi, vouti penii.ittez à un abbé de me faire la leçon sur le manque de principes dont j'ai fait preuve à Lachine en pailant de 18S7. Je vous le répète : je n'ai pas dit un seul mot de 1837 à Lachine. Votre abbé prétend <jue si j'ai ainsi mal parlé, c'est parceque je n'ai pas fait de philosophie (sic) ; or, je me dépêche de vous informer de suite que j'ai fait ma philosophie chez les RR. PP. Jésuites.

" Ce que vous publiez d'ailleurs de cet abbé est rempli d'odieuses calomnies sur moi.

" Joseph Rotau

' Manîtoba, " 3 septembre 1885."

Lxxxvri

La Véi^ité répliqua longuement et vertement à M. Royal, spécialement pour défendre M. labbé, son correspondant ; mais je n'exti'airai de ses longues reman]ues que les suivantes ;

" M. Royal est fâché : et comme tous les hommes qui n'attendent pas, avant d'écrire que leur mauvaise humeur soit passée, il dit des choses ridicules. Il les regrettera plus tard, nous en sommes convaincu.

*' Nous avons accueilli avec une véritable satisfaction la première lettre de M. Royal dans latiuelle il déclarait n'avoir pas parlé de 37 à Lachine ; . . . .

" Nous ne savons (jui est respcjnsable du compterendu inexact qui prétait à M. Royal ce singulier propos touchant la révolte de 37. Nous l'avons remarciué, d'abord, dans un article de rédaction du Quotidien, en date du 12 août. Nous ne l'avons relevé que le 22, dix jours plus tard.

" Si la Vérité n'avait rien dit, il est plus que probable que M. Royal aurait continué à garder le silence, attendu que le compte-rendu d'autres feuilles lui semblait à peu prés fidèle. Il aurait d<mc passé, aux yeux d'un gi-and nombre de nosconcitoyens,pour un admirateur et approbateur de la coupable échauffourée de 37. Eu provoquant une explication de sa part, nous lui avons donc rendu un fameux service

Ce M. Joseph Royal, qui a eu une passe-d'armes avec la Vérité, est l'ancien fondateur et rédacteur du journal "Le Nouveau-Monde." Plus tard, il alla s'établir au Manitoba où il représenta le comté

de Provenchor, druis la. lé^slature du Manitoha oîi il fut élu orateur, puis premier miniatre. En 1879, il se fit élire, pour In Chambre des Commune», tb aujourd'hui l'Honorablf Joseph Royal, est le Lientenant-Goiivemeur aes ierrinjucs du Xord-Out-st.

Lrttre d'appréciatifHi d'bii jonm^ÎBte fort distingo^ te pn>i«ietMre-réâactear du jonmal Le Monde :

" Montréal, 15 décembre 188Z.

" C. A. K. Qlobebsxt, Ect.,

" Plafeeaa des Chênes,

" St-Eostache.

" Monsieur,

" J'ai beaucoup de plaisir k vous offrir mes remerciements pour le précieux envoi que vous avez bien voulu me faire de votre excellent ouvrage sur la rébellion de 1SJ7. à St-Eiu<tacke.

" J'avais déjà eu la bonne fortune de lire, avant aujoui-d'hui, votre " Histoire de la rébellion." Elle orne les rayons de ma bibliothèque. Venant de l'auteur lui-même, ce livre me sera encore plus précieux.

" Ce livre est non seulement une noble et touchante revendication de l'honneur paternel et de la loyauté d'un brave soldat envers son drapeau et envers son roi ; mais il est encore un magnitiqne hommage rendu à l'action patriotique de l'égbse canadienne, pour entraver l'œuvre insensée de Papineau et des exaltés qui suivaient cet ambitieux si mal équilibré.

" J'ai l'honneur d'être, " Monsieur, " Votre obt. serviteur,

" F. Vanasse Vertefeuille."

Quoique je n'accuse point M. le Directeur du journal LEteinlurd aêtre sympathique à la rébellion de 1837, d'autant plus qu'il a nié être l'auteur de l'ai-ticle qu'on lui reproche, je suis forcé néanmoins de reproduire l'accusation dans toute sa sévère teneur ; et uniquement pour faire voir comment en 1889 la pi-esse apprécie cette révolte de 1837-38.

Tiré du journal Le Triftuvien publié dans la ville des Trois-Rivières. Article éditorial :

(Samedi, 5 janvier 1889.)

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