PATRIOTES ET VOLONTAIRES
" Après l'ouvrage de M. C. A. M. Globensky sur la Rébellion de 18S7 à Saint -Eibstache, nous avons eu les Patriotes de 1SS7-38, par M. L. O. David, deux livres d'un grand intérêt, écrits à des points de vue différents, même opposés.
" M. Globensky, inspiré par un sentiment de piété filiale, voulant venger le nom de son père que l'on tentait de rendre solidaire des excès de certains volontaires, écrit sous le coup d'une émotion contenue, avec une chaleur pénétrante qui gagne le lecteur. Mais il ne s'est pas contenté de présenter la défense d'un homme ; il a porté sa thèse plus haut, et il a donné au pays une œuvre historique très importante, une justification élaborée de ceux qui ont travaillé à éteindre la rébellion.
" M. David a fait la biographie et -le panégyrique des héros de 1837 ; avec son talent bien connu d'écrivain, avec une verve entraînante, d'un charme réel et qui montre l'ardeur de ses convictions.
" Pour le public, ces deux livres se complètent l'un l'autre, en ce sens qu'ils nous offrent le tableau d'une même époque sous des aspects opposés, et nous permettent ainsi de la bien étudier, de la bien juger. Ces deux ouvragés étaient nécessaires. Mais ils nous suffisaient.
" Nous n'en demandions pas davantage, vraiment, et les nombreuses lettres que les journaux publient de c& temps-ci ne sont pour nous ni utiles ni édifiantes.
" On nous a demandé d'étudier deux ouvrages sérieux, et voilà que nous n entendons plus que des gros mots. Les susceptibilités personnelles sont souvent respectables. On comprend aisément que les fils des patriotes n'aiment pas à entendre dire que leui's pères étaient des fous ; de même on ne s'étonnera pas de l'indignation de M. Globensky si l'on traite son père de brâlot. Il faut cependant que de part et d'autre, on s'accoutume à voir le public étudier froidement cette malheureuse époque de 1837. Depuis bien des années, nous écoutons chanter la gloire et les malheurs des " héros " de 37 ; il faut maintenant s'habituer à entendre la justification des volontaires.
" Prenôns-en notre parti, et ne crions plus :
" Vous insultez les patriotes, ces champions de la " liberté, ces héros Je suis le fils d'un patriote !
"Vous insultez les volontaires, ces courageux " soldats de l'ordre .... Je suis le fils d'un volon- " taire ! "
" Pardon, messieurs, nous ne voulons pas vous offenser ; mais nous faisons notre cours d'histoire, et il nous est impossible de supprimer de nos études
une époque d'où l'on dit que sont issues nos libertés: actuelles.
" L'intempérie de langage qui se manifeste en ce moment est d'autant plus singulière qu'elle n'est pas provoquée par M. David et M. Globensky. En effet, M. David dit dans son avant-propos : " On peut " blâmer ces hommes estimables de n'avoir pas su " s'arrêter à temps dans la voie de l'insurrection, " mais on ne peut nier, sans mentir à l'histoire, la " noblesse de leurs motifs et la sincérité de leur " patriotisme. ... Le seul but de ce livre est de " montrer qu'ils ont droit à notre reconnaissance et " que nous devons accepter l'offrande de leurs sacri- " fices et de leur sang pour l'honneur de notre natio- " nalité et le triomphe de la liberté." Et dans sa conclusion : " Nous disions au commencement de ce " livre que notre intention n'était pa& de démontrer " que les patriotes de 1837 avaient eu droit de se " révolter, mais uniquement de prouver que leurs " griefs étaient sérieux, leurs motifs honorables, " leur patriotisme incontestable, leurs sacrifices et " leur dévouement héroïques, le résultat de leurs " actes utile à la liberté, à l'avenir de leur pays."
" M. Globensky, de son côté, prétend que les patriotes ont eu tort de se révolter, et que par conséquent, les volontaires ont eu raison de les combattre ; voilà ce qui le sépare de M. David. Dans le développement de sa thèse, a-t-il manqué de respect à la mémoire des victimes de la rébellion ? Les lils des patriotes, naturellement émus et chatouilleux en pareil cas, disent oui : mais le public, plus calme, dit non.
" M. Globensky a cité plusieurs écrits de l'époque, comme c'était son droit, entre autres le fameux Journal de l'abbé Pâquin ; mais il a dégagé sa responsabilité, il a condamné leur violence. C'est pour
le Dr Chenier qu'il se montre le plus sévère, et cependant voici ce qu'il en dit à la page 320 :
" Ne troublons pas les cendres d'un homme qui, " sans doute, était embrasé par le feu du patriotis- " me ou par un attachement indomptable à ses " convictions."
'• Et, partisans comme adversaires, respectons la " mémoire d'un malheureux qui, victime de la posi- " tion qu'il s'était faite, est tombé sur un champ de " bataille. Celui qui reçoit, pour quelque cause " que ce soit, la palme du martyre a droit au respect " de tous."
" Je veux ici rapporter un fait qui prouve que ces depiières paroles sont sincères et que M. Globensky a ménagé les personnes quand il y avait lieu.
" A la page 238 de son livre, M. David dit en parlant de Chevalier de Lorimier :
" Lorsque les mandats d'arrestation furent émis, " il s'en alla dans le comté des deux-Montagnes se " mettre sous les ordres de Chénier pour organiser " la résistance. Il était à Saint-Eustache, le 14 dé- " cembre, mais voyant que la résistance était inu- " tile, il fut un de ceux qui conseillèrent à Chénier " de mettre bas les armes. Quand il vit que ses " instances étaient inutiles, il partit pour Saint- " Benoit, et de là se dirigea vers les Etats-Unis en " passant par Trois-Rivières."
" Il est donc bien et dûment constaté par M. David lui-même que De Lorimier s'est enfui de vSaint-Eustache, le jour de la bataille, le 14 décembre.
" Or, voici maintenant ce qu'on lit dans la décla-
ration de M. Jean-Baptiste Bélanger, publiée par M. Globensky, page 172. Bélanger, lui aussi, a pris la fuite :
" Comme jetais, dit-il, pour le moment hors de " danger et à l'abri des balles, je fus grandement " étonné, en m'appuj^ant sur un clôture de pierre, " d'entendre deux personnes qui, du côté opposé, s'y " étaient blotties et cachées pour s'y reposer, et ces " personnes étaient deux chefs étrangers à Saint- " Eustache. Presqu'aussitôt après et comme nous " craignions d'être fait prisonniers, je pris une direc^ " tion et ces chefs une auk-e, afin de nous enfuir " et de nous éloigner davantacje du centre des hosti- " lités."
" Eh bien ! Chevalier de Lorimier était l'un de ces deux chefs. Son nom est en toutes lettres dans l'oriofinal de la déclaration de Bélang-er, et si M. Globensky l'a retranché dans le texte publié, c'est par égard pour la famille de Lorimier qui aurait pu se sentir blessée par ce récit de la fuite d'un des siens, fuite qui cependant n'était pas une lâcheté, mais un acte de simple bon sens. Je tiens ces détails de source certaine, mais je n'en aurais point parlé si M. David n'avait constaté le fait relatif à de Lorimier,
" On voit donc avec quel esprit dégagé d'animosités personnelles MM. Globensky et David ont écrit chacun leur livre.
" N'est-il pas à regi'etter que le même esprit soit -absent de leurs dernières lettres aux journaux, et surtout de celles des fils de patriotes, comme ils s'appellent eux-mêmes, à l'adresse de M. Globensky ?
" Le public saura bien, dans tous les cas, écarter du débat ces incidents déplorables, afin de juger la question avec sang froid.
" On devrait conseiller aux pins intéressés, parents: «u amis, qui s'échauffent aujourd'hui, de se donner la peine de supposer une idée, un principe et un plan aux patriotes. Qu'ils proclament donc hautement que les insurgés voulaient l'annexion aux Etats-Unis, au lieu de s'indigner lorsque d'autres l'affirment.
" En eftet, si Papineau et ses partisans n'attendaient pas de l'aide des Américains, que penser de leur conduite ? Ils parcourent les campagnes, haranguent le peuple, soulèvent les esprits, forment des comités, organisent les groupes de leurs adhérents, et, sans armes, sans argent pour en acheter, provoquent l'insurrection et défient les troupes anglaises disciplinées, bien commandées, aguerries. Puis où est la base de leurs opérations ? quels points choisissent-ils pour champ de bataille ? Saint- Charles et Saint-Eustache, plaçant ainsi entre les deux corps d'armée si l'on peut ici employer le mot — le Richelieu, le Saint-Laurent et l'Ottawa, et la ville de Montréal avec sa oarnison et ses arsenaux. Et vous dites qu'ils ne s'attendaient pas à l'intervention des Etats-Unis au moment critique ! Mais alors déclarez donc tout crûment que vos pères étaient des monstres qui m.enaient cyniquement leurs compatriotes à la boucherie, ou des fous furieux qu'il fallait traiter avec la camisole de force et triple dose d'ellébore.
" Si au contraire, vous admettez franchement que les insurgés étaient annexionnistes et comptaientsur les Américains — ce qui est la vérités — leur conduite devient explicable. On dira peut-être que leur patriotisme était mal entendu, et que les Canadiens qui ont" soutenu le gouvernement établi ont bien fait; mais nous garderons à leur mémoire estime et respect. Nous n'approuvons pas leurs projets ; mais nous reconnaîtrons qu'ils combat-
taieiit pour une idée qui ne manquait pas de o-randeur, et leur courage, leur nioit attestera devant l'histoire ce dont est capable un cœur canadien épris de justice et de liberté.
" Voilà ce que paraît avoir compris M. Globensky lorsque, tout en s'inclinant devant la sincérité des patriotes, il discute la question de république et de monarchie et condaunie leurs tendances annexionistes.
" C'est de même ce que M. David a compris, lorsqu'il s'attache uniquement à faire ressortir l'héroïsme des patriotes, en évitant de discuter leur €lroit de se révolter.
" On peut résumer en deux mots la situation politique en 1837.
" Le parti national canadien français luttait depuis longtemps, avec une énergie qu'on ne saurait trop admirer, pour' la défense de ses droits garantis par les traités et pour la revendication des plus légitimes libertés. Alors nous étions unis, nous marchions avec ensemble vers l'émancipation complète. Mais bientôt nous nous divisâmes en deux fractions.
" Les patriotes en appelèrent au ^ort des armes, en déclarant, le 7 mai 1837, à l'assemblée de Saint- Charles : " Le peuple du Bas-Canada ne peut plus compter f[ue sur son énergie, et ses alliés naturels sont les citoyens de la R.épubli(|ue voisine." De fait, ils s'attendaient à l'intervention des Etats- Unis. " Il n'y a pas de doute, dit M. David, que c'était là l'tispoir des chefs patiiotes, et il faut en tenir compte pour s'expliquer ce qui s'est passé."
"De leur côté, Xe'S, constitutionnels, ioMi an ne cessant de revendiciuer les réformes, cherchaient à restreindre l'agitation dans les limites de la légalité et demeurèrent fidèles à l'Angleterre ; un certain
nombre d'entre eux portèrent cette fidélité jusque sur le champ de bataille.
" Les pati-iotes voulaient la liberté avec la République américaine, les autres avec la monarchie anglaise.
" Les patriotes et les volontaires formaient les deux extrêmes ; le gros du parti national, sous l'inspimtion sage de M. Lafontaine, n'est pas sorti du iuste milieu pacifique.
, "Oscar Dunn."
A propos de monarchie et de république dont parle M. Dunn dans la, lettre que l'on vient de lire, je dois citer la fin d'un article de la il/in^?'ve, publié tout récemment, le 1er juin 1889, où ce journal défend le gouvernement fédéral, pour ne pas avoir engagé le pays de prendre part à l'exposition conimémorative de la révolution de 1789, *et où il affirme que le Canada-Français a toujours répudié les principes républicains comme les tendances d'un tout petit parti qui prêche l'annexion du Canada aux Etats-Unis d'Amérique.
Voici en quels termes, le journal s'exprime : " La Patrie parle de grand " concours international." Oui, concours international, mais concours ainsi défini par le premier ministre Floquet lui-même : '•' la célébration solonelle du glorietix centenatre de " 1789 à laquelle la France a convié les savants, " les industriels et les travailleurs du monde entier." (;)'est-à-dire que les nations étaient invitées à se joindre au chœur des admirateurs de la Révolution et c'est pourquoi les gouvernements monarchiques et chrétiens ont décliné l'invitation comme injurieuse. " L'AntT-leterre, notre métropole, est au nombre de
ces nations ; et n'y aurait-il eu d'autre raison que son abstention pour guider le gouvernement fédéral que cette raison de haute convenance eût été suffisante. Mais, à part cela, le Canada, surtout le Canada français, lils de la France catholique et monarchique, se devait à lui-même de ne jas s'a^s^cier aux athées et aux radicaux qui ont renié la vieille France, tille aînée de l'Eglise, aux athées et renégats .de la République fêtant une Révolution que nos ancêtres ont répudiée et maudite."
Article publiée par la Minerve, le 8 de novembre 1S84-.
" L'article de M. Dunn sur les " patriotes et les volontaires" sera lu avec fruit. Il est écrit sans passion, sans prévention, avec le calme qui convient à l'histoire.
" Nous sommes assez loin des malheureux événements de 1.S37 pour les juger impartialement, pour apprécier la v'éritable nature du mouvement insurrectionnel, ses tendances, ses résultats, yjour distin- •j-uer les héros des faux agitateurs, les vrais patriotes des démagogues. Ce n'est ni par des injures ni par des d<,)cuments partiels ou apocryphes que l'on éclaircira cet important débat. L'histoire ne saurait être faite de cet façon.
" La révolution est défendue par l'Eglise et ne peut être approuvée en principe. Sous le système anglais, l'agitation constitutionnelle sera toujours une arme de salut invincible. Agltate ! Affltate ! s'écriait O'Connell, le libérateur de sa race. Il lutta et triompha sans verser une goutte de sang. Sa gloire est incomparable.
XYIII
" Cela ne nous empêche pas de reconnaître que Tarbitraire régnait alors, que nous étions traités en pa3^s conquis, que l'on nous refusait les libertés constitutionnelles, et que cette oppression systématique échaufia les esprits et entraîna beaucoup de Ljens à aller plus loin qu'ils ne l'auraient voulu, risqua,nt tout, leur vie, leur fortune, pour donner la liljerté à leur pays.
" A ceux qui- ont tout risqué, tout perdu, qui étaient animés par les plus nobles motifs, la patrie ne peut être oubîi^'use. Les têtes qui ont roulé sur nos écliafauds ne sauraient être honnies.
" Il ])ourra en être autrement pour quelques-uns des chefs qu'entoure une fausse auréole et qui ne voulaient pas tant délivrer leur pays que le jeter dans les bras des Etats-Unis.
" Nos sympathies ne sauraient être acquises aux fauteurs de l'annexion, car c'est le pire sort que Ion pouvait infliger à notre race. Alors comme auj urd'hui, l'annexion ferait courir à notre race des dingers que l'on ne peut envisager sans effroi. C'est Ampère qui a dit que l'annexion eut été le Niagara pour notre nationalité. Il n'était pas loin de la vérité."
La quatrième lettre publiée dans le journal La Minerve du 27 novembre 1884, a été écrite par notre distingué et savant historien, monsieur J. C. Taché, député ministre de l'Agriculture et chevalier de. la Léo:ion d'Honneur.
" COMMUNICATION
" On nous prie de publier la lettre suivante,
adressée par Monsieur J. C. Taché, chevalier de hx Légion d'Honneur, à Monsieur C. A. M. Globensky :
*• Monsieur C. A. M. Globensky,
" Saint-Eustache, ^
" Ottawa, 20 novembre 1884.
'■ Cher Monsieur,
" J'ai reçu les papiers que vous m'avez envoyés et je les ai réunis à ceux que je possédais déjà. Je vous remercie de cet envoi et je me joins à vos autres amis, pour vous prier de ne prêter aucune attention aux attaques dont vous pourriez encore être l'objet.
" Vous avez défendu la mémoire de votre digne père qu'on avait outragée, vous avez revendiqué la vérité historique qu'on avait méconnue, il doit vous être conséquemment facile de ne tenir aucun compte d'injures dont la raison vous démontre l'ineptie et que la religion vous ordonne de pardonner.
" Que signifient ces insultes après tout ? On vous appelle volontaire, bureaucrate, pendant qu'on se décore du titre de patriote. On n'est point un méchant homme pour être volontaire ou bureaucrate et on n'est pas un homme recommandable pour se dire patriote. Bien niais sont ceux qui se parent de cette phraséologie puérile et devenue parfaiteinent ridicule à force de sot emploi.
" Si j'étais plus ingambe et plus maître de mon temps, j'irais vous rendre visite et là, au coin du feu, nous vouerions ensemble à l'oubli, les élucubrations pseudo-patriotiques de vos détracteurs qui sont aussi les miens ; car je partage votre infortune,
ou plutôt votre bonne fortune. Ne m'a-t-on pascomjDaré, à votre propos, à une momie égyptienne en guerre contre la liberté. Je n'en veux pas le moins du monde, je vous le jure, à l'auteur de cette brillante comparaison; mais j'estime qu'il a eu tortd'attaquer ces pauvres momies. Il sort bien, de ces sombres dépouilles qu'ont habité des âmes humaines, un enseignement de vérité immuables qui se dressent contre certaines libertés ; mais ce n'est pas une raison pour s'acharner sur les silencieux habitants des sépulcres.
" A ne prendre les choses qu'au point de vue, si faux du reste, de vos adversaires, c'est-à-dire de la liberté pour chacun de tout dire et de tout faire, est-ce que Monsieur votre père, avec l'immense majorité des habitants du paj-s, n'avaient pas la lil)erté de s'opposer à la rébellion que prêchaient les patriotes ? Est-ce que ceux-là n'avaient pas le droit de repousser par les armes ce que ceuxci voulaient leur imposer à main armée ? Mais ce n'est pas ainsi que l'entendent les démagogues L Toutes les libertés leur reviennent de droit : à nous ultramontains, bigots, bureaucrates, volontaires et le reste, ils ne concèdent que la liberté de les laisser dire et de les laisser faire. C'est l'histoire de tous les temps, à dater du jour qui éclaira le premier acte de désobéissance par lequel le mal fut mis dans le monde.
" Dans ce dédale de problêmes toujours résolus et toujours posés, au milieu de la mêlée de ces luttes incessantes, c'est à la lumière des principes qu'il faut éclairer sa conscience et diriger sa marche. C'est ce que vous avez fait ; votre livre est bon et il restera.
" L'homme appartient néaessairement à trois sociétés, chargées de le conduire à ses fins prochaines et à ses fins dernières, — la Famille — ^l'Etat —
l'Eglise. Ces trois sociétés sont revêtues, chacune dans sa sphère, d'une autorité qui vient de Dieu : cette autorité n'est point abandonnée aux caprices des foules, elle est d'essence primordiale. L'idée d'autorité porte avec elle, comme corollaire, la notion de l'obéissance.
" Quelque recommandables que fussent (à plusieurs exceptions près cependant) les hommes qui ont pris part au soulèvement de 1837, . malgré la pureté de leurs intentions en dépit de leur courage et de leur dévouement, ils étaient hors du devoir, sans tenir compte de l'extravagance de leur entreprise. Plusieurs étaient en révolte à la fois contre 1 autorité paternelle, contre l'autorité civile et contre l'autoiité religieuse, tous étaient insurgés contre l'Etat et conti-e l'Eglise.
" Enlîn votre père, comme officier et citoyen, après avoir repoussé en 1S12-1 5 l'envahissement du Canada par les Américains, était encore dans son droit en combattant en 1837, des aspirations annexionnistes et républicaines. .
" On peut jusqu'à un certain point, excuser la plupart de ceux qui fu]"ent concernés dans cette sanglante et désastreuse échautiburée : mais il n'est pas permis de les approuver ; encore moins est-il juste, .sensé et raisonnable d'insulter aux gens d'ordre qui s'opposaient à la révolution, en même temps qu'ils s'elibri;aient de rendreT moins brutale la répression triomphante.
" Les circonstances ont voulu que, blessé dans votre piété filiale, alors que, par des discours d'élection et par des articles de journaux, on attaquait pour vous démolir, la mémoire vénérable et vénérée de votre père, vous ayez eu à faire l'historique des événements de Saint-Eustache ; vous l'avez fait sans animosité contre les insurgés, vous l'avez fait d'une façon victorieuse, ce que prouve assez le tollé
qu'on a crié contre vous ; vous avez les sympathies de tous ceux qui réfléchissent, vous avez le témoignage de votre conscience, en voilà plus qu'il n'en faut pour vous élever au-dessus des désagréments qu'on vous a suscités.
"J'ai l'honneur d'être, avec estime, mon cher monsieur,
" Votre tout dévoué,
"J. C. Taché."
La cinquième lettre m'a et?, adressée par un prêtre doué de grands talents et des pliis belles vertus évangéliques et patriotiques. Il est actuellement à la tête de la cure de Whitehall, ville importante des Etats-Unis où ses supérieures ecclésiastiques ont cru devoir lui faire l'honneur de le placer. Comme il est fils de pitriote, et natif di Siint- Eustache, où il a toujours vécu aviint d'entrer dans le sacerdoc'e, sa lettre impartiale et n j:i inbéressée sera donc lue avec le plus grand intérêt. Lx voici :
''Cher Monsieur Globenskv,
" J'ai lu avec le plus vif intérêt votre ouvrage " sur les Troubles de LSST, et je sens le l)3Soin de " vous féliciter, spécialement pour la lumière que " vous jetez sur tant de faits connus, il est vrai, " pour la plupart ; mais mal interprétés et mali- " cieusement dénaturés par quelques hommes poli- " tiques fanatisés pour leur parti et jaloux de votre " famille.
" Après la lecture de vos preuves irrécusables, " qui ne font que confirmer tout ce que j'ai entendu
'' narrer, moi-même, depuis mon enfance, par les ' " anciens de ma paroisse natale de Saint-Eustache, " qui ont été les témoins oculaires et actifs de la " révolte, il faudrait être dépourvu de bon sens pour " prêter la moindre attention aux histoires des " Payriard et tutti quanti.
" Vous pourrez publier ou faire de ma lettre ce " que bon vous semblera ; car \ous savez cond^ien " j'entre dans toutes vos idées sur ces troiiblcs des " temps passés, c'est-à-dire de 1837.
" J'ai entendu faire bien des appréciations sur " votre livre, et soyez sûr que vous avez pour vous " les hommes sérieux, sans préjugés et ceux (|ui " figurent dans la sphère de la liante éducation, de " la vertu et du bon ton.
" Enfin, daignez accepter, cher I^lonsieur, mes " meilleurs lemer^-ments pour vos marques d'atten- '• tion et d'estime.
" Votre reconnaissant serviteur,
" J. S. Ethier, Ptre,
" F Ih de F al note."
Un haut personnage me disait, tout dernièrement : " Mais pourquoi n'avez vou's donc pas publié in extenso, le Mandement de Monseigneur Lartigue ? A^ous aviez là toute l'histoire de la rébellion comme celle des hommes de 37, et vous vous seriez épargné le trouble de répondre aux attaques injustes et inqualifi ibles de vos adversaires."
Comme cette remarque est fort judicieuse, je vais insérer ce mandement à la suite des lettres que l'on vient de lire. Je l'ai tiré d'un journal Canadienfrançais, qui le publiait, le 15 de Janvier 1838, et
qui le présentait à ses lecteurs dans les ternies c;ui suivent :
" Mandement de Monseigneur de Montréal
" Les événements qui viennent de se passer devaient appeler la sollicitude du vénérable chef de l'église du district de Montréal. C'est dans les occasions où l'honiuie a besoin d'un guide moral et spirituel, qu'il ne peut manquer de le rencontrer dans celui que Dieu a choisi povir lui dicter une conduite propre à l'éclairer. Monseigneur de Montréal vient de lancer un Mandement qui a été lu hier dans l'église paroissiale, à St-Jacques et à St- Patrice, où il fut reçu par les lidèles avec toutes les mar(|ues du plus profond respect ; nous espérons qu'il produira une sensation semblable dans toutes nos campagnes et nous nous estimons heureux de pouvoir fournir à nos lecteurs ce morceau digne en tout de la main et du cœur du prélat dont il émane.
" Jean Jacques Lartigue,
" Par la miséricorde Divine, et la grâce du St-Siège Apostolique, Evêque de Montréal, etc. Au clergé et à tous les fidèles de notre Diocèse, salut et bénédiction.
" Quelle misère, Nos Très-Chers Frères, quelle désolation s'est répandue dans plusieurs de vos campagnes, depuis que le fléau de la guerre civile a ravagé cet heureux et beau pays, où régiraient l'abondance et la joie, avec l'ordre et la sûreté, avant que des brigands et des rebelh'S eussent, à force de sophismes et de mensonges, égaré une partie de la population de notre Diocèse ! Que vous reste-t-il de
leurs belles promesses, sinon l'incendie de vos maisons et de vos Eglises, la mort de quelques-uns de vos amis et de vos proches, la plus extrême indigence pour un grand nombre d'entre vous ? Mais surtout, pour plusieurs, la honte d'avoir forfait à la fidélité due au Souverain, laquelle avait caractérisé de tout temps votre pays ; d'avoir méconnue la Religion Sainte, qui 'vous défendait avec tant d'énergie de pareils attentats ; d'avoir été sourds à la voix de la conscience qui, malgré l'étounlissement des passions, réclame toujours contre le désordre : Ah ! voilà principalement ce qui doit répandre l'amertume dans vos âmes ; voilà ce que vous devez déplorer encore bien plus que la perte des biens matériels. 11 est vrai que les temples de Dieu, les objets les plus saints, ont été profanés ; et vos cœurs se soulèvent avec raison contre ces sacrilèges : mais outre ipie le plus vaillant Capitaine, (|Uelque humain et quel({Ue généreux qu'il soit ne peut toujours, dans ces occasions, maîtriser la fougue du soldat, à qui doit-on attribuer la première cause de ces malheurs ? N'est-ce pas à ceux qui ont plongé la Province par leur propagande de rébellion ? N'est-ce pas à ces meneurs du révolte, qui ont osé s'emparer eux-mêmes de la maison de Pieu, afin de s'en servir comme de fort et de redoute pt)ur difiërer le châtiment qui les mena(;ait ?
" Et comme d'après l'Ecriture, un abîme conduit ordinairement à un autre abîme, à peine le drapeau de la rébellion a-t-il été arboré, que ces prétendus patriotes ont commencé à vous faire ressentir quelle espèce de gouvernement ils vous préparaient. En effet, est-ce le régime électif, qu'ils appelaient cependant le Pallad'mm de toutes les libertés, qui a proclamé les soi-disant Généraux, Colonels et autres Officiers de ces bandes, que l'habitant de la campagne n'a connu que par leurs pillages ?
Est-ce le vœu de la majorité du pays, qui néanmoins selon leurs principes doit régler tout dans un Etat, est-ce cette volonté générale qui a dirigé les opérations militaires des insurgés ? Vous trouviez- vous libres, lorsqu'en ^■ous menaçant de toutes sortes de . vexations, de l'incendie et de la perte de tous vos b ens, de la mort même si vous ne vous soumettiez à leur effrayant despotisme, ils forçaient plus de la moitié du petit nombre qui a pris les armes centre notre Auguste Souvaraine, à marcher contre ses armées victorieuses ? Ils ont montré ce (|u était la liberté qu'ils vous promettaient, lorsqu'ils ont dépouillé vos granges et vos maisons qu'ils ont enlevé vos bestiaux, et vous ont réduits à la dernière pauvreté, afin de se gorger de butin dans leurs camps, où ils démoralisaient notre jeunesse en l'entretenant dans un état halàtuel d'ivrognerie, pour étourdir ses remords. Ils ont fait voir ce (ju'ils entendaient par lihèralité, quand ils ont massacré de sang-froid, non en bataille rangée mais avec toute l'atrocité de l'assassinat, des honnnes qui n'avaient d'autres torts a leurs yeux, que celui de ne pas partager leurs opinions politi(]ues.
" Tels sont les fruits amers d'une première faute. Hélas ! qui vous eût dit, dès le commencement de vos divisions entre co-sujets et compatriotes, qu'une agitation illéscale conduisait bientôt à l'insurrection et à la ■ rébellion ouverte, celle-ci au vol et au meurtre, et tous ces crimes' aux malheurs affreux, qui vous ont ensuite accablés : un semblable Prophète sans doute aurait alors passé parmi vous pour visionnaire ; et pourtant, il n'aurait prédit que la vérité. Oui, c'est ce qui vous a été annoncé d'avance par vos Prêtres, par votre Evêque, par ceux qui avaient su Ire et comprendre l'histoire de tous les sièclôs, et en tirer des leçons salutaires pour l'avenir : pour(|Uoi donc n'a-t-on pas voulu les écouter,
et protiter des lumières de la Révélation, de la sagesse des âges, de l'expérience, et des événements qui se passent encore tous les jours en France, en Espagne, en Portugal, dans l'Amérique du Sud, et partout où l'on a prétendu essayer de ces systèmes funestes d'insurrection ? Oh ! combien on eût épargné au Canada de peines et Ojd douleurs, de crimes et de remords, si chacun eût suivi les avis de son Pasteur ! Mais il vous est aisé maintenant de distinguer vos véritables amis, les vrais patriotes, ceux qui vous veulent du bien, d'avec ceux qui ne visaient qu'à s'élever, à déminer dans un nouvel Etat chimérique, et à prendre la place de ceux qu'ils pourraient dépouiller ; car c'est, en dernière analj'se, le résultat de toutes les révolutions. Que devez- vous penser aujourd'hui de votre Clergé, qui a fait tous ses efforts pour vous prémunir contre des doctrines perverses, qui a même encouni la haine de plusieurs, parce qu'il ne vous parlait pas dans le sens des coryphées d'une faction, dont malheureusement quelques-uns d'entre vous étaient alors engoués { Des honnncs trouq^eurs vous ont dit qu'ils ne fallait pas écouter vos Prêtres, quand ils vous parleraient de ce que, dans leur langage, ces sophistes dangereux, ai)\yvh\ivnt purement jwlitique ; comme si la recommandation de l'obéissance envers tous nos Supérieurs, entr'autres à l'égard de ceux que la Providence a placés sur nous pour le gouvei"nement civil, ne faisait pas partie intégrante du dépôt sacré de la foi, qui nous a été contié pour en faire part à toutes nos ouailles, sans en omettre aucun article :
" Lorsque nous avons voulu aussi vous instruire nous-même sur ces matières, par notre mandement du 24 octobre derniei", ils ont, ces mêmes hommes, induit, à forces d'intrigues, plusieurs de nos brebis bien-aimées à ne pas écouter la voix de leur premier
Pasteur, en les entraînant scandaleusement hors du lieu saint, pour les constituer pleinement dans la mauvaise foi ; car comment pourrait-on se croire dans la bonne foi, quand on fuit la lumière, pour se complaire dans son aveuglement ? Omnis enhn qui malé agit, odit liœem. Mais vous n'oublierez plus à l'avenir que, lorsqu'il s'agit d'éclairer votre conscience sur des questions difficiles, délicates, et qui regardent le salut de vos âmes, c'est à vos Pasteurs qu'il faut vous adresser, à ceux à qui Jésus-Christ a dit celui qui vous écoute m écoute, et celui qui vous méprise me rtiéprise ; non pas à des flatteurs qui, avec les grand mots de liberté et d'indépendance, ne cherchent à vous endoctriner que pour leur avantage personnel, et qui d'ailleurs en savent souvent moins que vous sur les seuls véritables intérêts du chrétien, sur les grands intérêts de l'éternité. Pour vous servir de règle dans les circonstances importantes où a^ous vous êtes trouvés, vous aviez assez de notre premier mandement, où nous vous avions démontré le dogme catholique sur la soumission due aux puissances établies dans l'ordre civil, par l'autorité irréfragable de l'Ecriture Sainte, par la tradition constante ' des Pères et des docteurs de l'Eglise dans tous les temps et dans tous les lieux, par l'enseignement actuel de tous les évêques du monde chrétien, ayant à leur tête le Souverain Pontife. Comment est-il donc arrivé que quelques-uns ont refusé d'entendre la voix de leur Pasteur ? Ne voyaient-ils pas que par là même ils se séparaient du troupeau de Jésus-Christ ? Car ce divin Sauveur nous assure que ces véritables brebis entendent la voix du Pasteur, et le suivent : parceque l'étranger ne vient que pour piller, tuer et perdre le troupeau ; au lieu que le vrai Pasteur ne cherche qu'à donner à ses brebis la vie la plus abondante.
" Pleurons donc, N. T. C. F. sur les maux de notre Patrie : pleurons sur les plaies de ceux qui sont tombés, sur les fautes de ceux qui, dans cette ■occasion, ont si étrangement oublié leur devoir ; car parmi les chrétiens, dit St. Paul, et entre les membres d'un même corps, si quelqu'un d'eux souffre, tous les autres y compatissent Qui sait si ceux dont nous déplorons la chute n'avaient pas besoin de cette humiliation, pour se relever meilleurs chrétiens que jamais ? Qui sait s'ils ne surpasseront par la suite en loyauté ceux qui gémissent aujourd'hui sur leur défection ? Ils conçoivent à présent toute l'énormité de leur crime, comme le prouvent les assurances de repentir et d'une nouvelle fidélité qu'ils ont adressées de toutes part à leur Souveraine : ils savent les ordres que nous avons donnés à nos coopérateurs dans le Saint-Ministère, de n'admettre aux sacrements de l'Eglise, même à l'heure de la mort, sans une réparation préalable, aucun de ceux qui se sont montrés scandaleusement rebelles ; et de refuser la sépulture ecclésiastique à ceux qui mourraient sans s'être acquittés de cette juste réparation. Indubitablement, ils ne voudraient jamais retourner à leur ancien égarement, ni s'exposer à mourir comme des gens sans religion et sans honneur.
"A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, nous avons ordonné et réglé, réglons et ordonnons ce qui suit :
" lo. Dans chaque église de notre diocèse où l'on a coutume de faire des offices publics, il sera chanté, le premier jour libre après le dimanche, oi^i ce mandement aura été publié, une onesse solennelle pro reinissionepeccatoruinfiovisl&viipro'pvMicâEcclesiai -causa, laquelle sera suivie du trait Domine non secunclum, etc., avec le verset Fiat miséricordia, «te, et l'oraison Ne despicias, etc., pro quâcumque
trihulatione inter cliver sas ; le tout terminé par Divinurii auoÂlium, etc.
'• 2o. Cette messe, dans l'intention de celui qui la dira et de ceux qui l'entendront, sera pour faire à Dieu réparation publi(|ue de tous les sacrilèges, meurtres, pillages, trahisons et autres crimes, commis dans ce district pendant la crise insurrectionnelle que nous avons éprouvée ; et pour en obtenir miséricorde.
" 3o. Nous exhortons tous nos diocésains à recourir, ce jour là particulièrement, aux œuvres que l'Ecriture nous apprend être les plus propres à appaiser la colère de Dieu, qui sont le jeûne, l'aumône et la prière ; et messieurs les curés à exciter leurs peuples à la pénitence.
" 4o. Comme la paix intérieure parait généralement rétablie dans ce diocèse, les prêtres omettront dans leurs messes, après le jour de l'office ci-dessus ordonné, l'oraison Ne despecias, etc. ; et les communautés religieuses pourront s'exempter des prières prescrites par notre mandement du 24 octobre dernier.
" Sera le présent mandement lu et publié à la messe paroissiale ou principale de chaque église, et au chapitre de chaque communauté régulière de notre diocèse, le premier dimanche après sa réception.
" Donné à Montréal, le huit de janvier, mil-huitcent-trente-huit, sous notre seings et sceau, avec le contre-seing de notre secrétaire.
"f J. J. Évêque de Montréal,
" Par Monseigneur,
"Alexis, Frédéric Truteau,
" Prêtre, Secrétaire.*"
Les lettres ci-dessus déjà publiées dans les journaux et que j'ai voulu réunir à celles contenues dans mon livre et dans mes suppléments, ont-elles eu l'effet de convaincre d'erreur et de mauvaise foi les quelques adversaires qui m'ont combattu avec tant de déloyauté et de véhémence ? Non, ,et cela se comprend ! . . .
Le mandement de Monseigneur Lartigue, cette autre et importante pièce historique, qui est la justification de mon livre, en condamnant la rébellion avec la plus grande sévérité (sévérité à laquelle je n'ai pas voulu recourir moi-même) a-t-il pu dessiller les yeux de ceux qui ne veulent pas voir ?
Non, cela se comprend encore ; mais ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que l'on n'ait pas osé accueillir ce document qui frappe si rudement, avec le tollé radical que l'on a fait retentir autour de mon livre. Cependant, l'on m'a forcé de publier cet ouvrage, sans lequel je n'aurais jamais mis le holà aux attaques injustes et déloyales dont j'ai été l'objet. Et malgré tout cela, on a le triste courage d'essayer à soulever contre moi, l'indignation de ceux qui n'ont jamais connu les jours de 1837 !. . .
Mon père qui avait combattu en 1812-15, pour repousser l'union du Canada aux Etats-Unis, pouvait-il s'abstenir de répondre à l'appel de ses chefs militaires comme à celui de son pays, qui protestaient encore en 1837 contre ce même projet d'union ? Non, car que voulait on réellement en 1837 ? Je l'ai déjà maintes fois prouvé, mais lisons encore ce que le Populaire écrivait à la date du 16 juin de cette même année :