NOS VOISINS
" Les journaux de la désorganisation sont toujours à nous parler de nos voisins, et persistent à faire croire à nos bons habitants que leur situation est la plus heureuse du monde. Suivant le système de Mr Papineau, nous n'aurions plus rien à désirer» si nous avions le bonheur de faire partie de l'At^iérique ; c'est-à-dire qu'il n'aurait plus rien à désirer lui-même, car il deviendrait gouverneur du pays, seul point oii il espère d'arriver, quant à présent, quitte à monter encore plus haut s il le j^oitvait ensuite. Tous les jours nous avons des preuves des maux que la réalisation d'un aussi funeste dessein amènerait sur le Canada, et ce n'est pas d'aujourd'hui que notre conviction est formée sur ce point.
" Cependant, s'il fallait encore une nouvelle preuve de la situation éphémère dans laquelle se trouvent nos voisins, sous une administration qu'on nous représente comme si libérale, si paternelle, si avantageuse au peuple, nous la trouverions sans réplique dans l'extrait ci-après, que nous tirons d'une gazette de la Nouvelle-Orléans. Cette fois, ce sont des descendans de Français, des hommes d'une même origine que celle de la majorité de nos habitans, qui se sont placés aussi sous l'aile soidisant protectrice de l'aigle américain, qui reconnaissent leur erreur et qui laissent exhaler leurs plaintes. L'indépendance n'a pas compensé les maux qui les accablent et dont ils se plaignent avec tant d'amertume. Ils disent ouvertement que la domination anglaise est préférable à l'administration républicaine sous laquelle ils respirent opprimés. Ceci doit être une grande leçon pour nos braves habitans, (][ui se garderont sans doute de trop en croire leurs meneurs imprudents ; c'est aussi le plus fort démenti
que puissent recevoir nos agitateurs du beau gouvernement qu'ils prêtent aux Etats-Unis."
En parlant des taxes énormes de nos voisins, le Populaire écrivait, le 22 juin 1837, ce qui suit : " Il est facile, par cet aperçu, de voir ce que nos citoyens gagneraient s'ils écoutaient les suggestions de ses ennemis et s'ils déclinaient la pesante dojnination anglaise, qui ne leur réclame aucun impôt, pour se placer sous la légère protection des états indépendants, qu'il faudrait payer un peu cher."
Le 28 juin, le même journal s'exprimait ainsi :
" Contresens : — La. . . ., dans une longue diatribe insérée dans son numéro du 15 courant, dit que la Compagnie des terres veut no^^er la population française en Canada par le Ilot de l'émigration, et elle lui fait un crime de cette pensée.
" Sur ce pied, la. . . . devrait demander que l'on fit son propre procès et surtout celui de Mr Papineau, car l'un et l'autre veulent certainement noyer la population française, en réclamant une jonction avec les Etats-Unis. Si les Américains étaient maîtres de notre pays, en place des Anglais, leur émigration se ferait en peu de jours et alors on pourrait dire : Adieu la religion, la langue et les institutions de nos braves habitans."
A une assemblée tenue à Québec, le 31 juillet 1837, dans l'une des résolutions proposées par Mr E. Glackmej^er, secondée par Mr T. Baillargé, il y est dit : " Ajoutez à cela le refus des subsides, et depuis les doctrines séditieuses et révolutionnaires, les appels aux Etats-Unis, qui eux-mêmes, tout en appréciant la liberté, commencent à comprendre que la démocratie désordonnée, de Lynch Law,
n'est qu'un esclavage déguisé ; et vous aurez un tableau de la conduite de nos ambitieux ultrapatriotes. Une circonstance qui doit réveiller les habitans du pays est l'esprit de persécution qui règne aux Etats-Unis contre le catholicisme. Il est étonnant que, sous ces circonstances, notre évêque et notre clergé ne soient pas venus à notre assistance pour éclairer le peuple sur les dangers de la lutte actuelle. Compatriotes, votre courage, votre valeur, \'otre loyauté ne seront pas abattus par les eiforts d'une faction de rebelles, qui veut asservir le pays, et que ces cris de loyauté retentiront avec force dane nos cœurs. (Applaudissements)."
Le 10 juillet, 1S37, le même jounial allait ju.squ'à dire ce qui suit :
" On dit que Mr Papineau est allé à Washington soumettre au président Yan Buren, un plan de conquête du Canada."
Plus tard, le même journal, écrivait en date du 8 septembre 1887, un long article éditorial, pour condanuier ceux qui désiraient l'annexion du Canada à la république américaine, et il débute dans les termes qui suivent :