‹ La rébellion de 1837 à Saint-eustacheChapitre 92 sur 102 · MOUVEMENT INOPPORTUN · texte numérisé non relu

MOUVEMENT INOPPORTUN

" On nous écrit :

" Chaque chose en son temps est un proverbe de

beaucoup de sagesse. Nous nous demandons si c'est bien l'occasion de parler d'un monument à Chénier. La liberté est le plus grand des bienfaits ; mais on en invoque souvent le nom pour pallier des excès. Chénier a, au nom de cette grande et chère liberté, montré une telle insubordination envers l'autorité religieuse, qu'il nous est difficile de nous associer à l'idée de perpétuer par un monument son acte de révolte. Qu'il ait été brave, patriote, enthousiaste,, héros : tout ce que l'on voudra, telle n'est pas la question. Si son pays en juge ainsi, qu'il honore sa mémoire d'une autre manière. Mais le projet d'élever un monument à Chénier à Saint- Eustache, e'est-à dire à l'endroit où il leva l'étendard de la révolte plus encore contre son curé que contre son roi, c'est trop perpétuer un sentiment antireligieux que nous devons désapprouver. Il parait que la majorité de la paroisse de Saint-Eustache désapprouve ce projet : ce devrait être assez. En faisant de ce monument une affaire locale, on ne le dégagera jamais des considérations locales qui s'y rattachent. Or, le point le plus saillant de la carrière de Chénier, c'est sa lutte contre son curé et sur ce point, sa paroisse le condamne.

" Nous ne sommes pas de ceux qui désirent déprécier le patriotisme ; loin de là. Nous rendons au patriotisme et au courage civique un hommage sans bornes ; mais nous voulons que cet hommage soit noble et raisonné. Il ne faut pas rapetisser ce sentiment sublime en le convertissant en mouvement de flanc pour des Ans d'émulations personnelles ou des arrières-pensées inavouables."

A peu près à la même date, le journal l'Etendard, écrivait et publiait aussi l'article suivant :

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