LE MONUMENT CHÉNIER
" Quelques brouillons libéraux songent à élever
un monument, à Saint-Eustache, en l'honneur du révolutionnaire Chénier, l'un des fauteurs du malheureux mouvement de 37-38 condamné par tous les Canadiens sensés d'alors, le clergé en tête.
" C'est l'idée révolutionnaire, et non le patriotisme, qu'on veut glorilier en la personne de Chénier.
" Si l'on voulait glorifier le patriotisme, on choisirait un nom qui rallie tous les suffrages.
" Les véritables héros du patriotisme ne sont ni discutal)les et ni discutés ; ils s'imposent, on ne les impose pas aux populations.
" Or, on nous alîirme que les trois-quarts des gens de Saint-Eustache même non-seulement ne veulent pas de ce monument en . l'honneur de Chénier, mais demandent plutôt qu'on en érige un en l'honneur du curé Paquin, l'adversaire des révolutionnaires de 37.
" Le sentiment des haljitants de Saint-Eustache est le sentiment du pays tout entier, nous en sommes convaincu."
Le même journal La Vérité exprimait aussi, presqu'à la même date, dans un article éditorial, les remarques qui suivent :
" Les démagogues de l'école liVjérale nous parlent sans cesse de la rébellion de 37 comme d'une époque glorieuse de notre histoire. Les chefs conservateurs vont-ils, eux aussi, donner dans ce travers déplorable ? "
" Les Canadiens, en 37, avaient de légitimes griefs contre le gouvernement anglais ; et ils avaient raison de faire une agitation légale pour en obtenir le redressement. Mais ces griefs n'étaient ])as assez criants pour justifier la révolte à main armée.
" Aussi Papineau n'a-t-il réussi à entraîner à sa suite qu'une très faible partie de' la population. L'immense majorité du peuple canadien, le clergé
Ce magnifique granit, en tête, tout en blâmant les abus commis par le gouvernement anglais, n'avait aucune sympathie quelconque pour les fauteurs de désordres : ce point est facile à établir.
" Papineau était un vrai révolutionnaire, imbu des idées démagogiques françaises. Et personne n'a jamais supposé qu'il fût atteint d'aliénation mentale."
Le monument Paquin dont parlent la Minerve, Y Etendard et la Vérité, a été élevé durant l'automne de 1885, par la paroisse de Saint-Eustache aidée de son vénérable curé, le Révérend Messire Guyon, archiprêtre et actuellement vicaire-forain, trois mois après la publication des articles plus haut-reproduits. jifÊfr est fixé sur le mur de la chapelle de St. Joseph,. dans l'église de Saint-Eustache, porte (l'inscription suivante :
" Ce granit a été scellé sur ce mur
PAR LA PAROISSE DE SaINT-EuSTACHE,
EN l'an 1885,