‹ La Rébellion du Nord-Ouest [microforme]Chapitre 12 sur 20 · RE · texte numérisé non relu

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un gouvefnement responsable dans les|au cours du débat sur la motion de M. territoires ainsi que de la représentation Lanüry pour censurer le gouvernement

de ces territoires duns le parlement du Canada, bref, d’un certain nombre d’autres pen qui ne peuvent certainement pas

re considérées en aucune mânière comme réclamations où droits, mais 8 mplement des questions de politique publique. Fait significatif c’est que la question des arpentages, au sujet de laquelle on «a fait tant de bruit, n’était pas nême mentionnée dane ce brouillon de pétition. A part ce brouillon de pétition le gouvernement n’a reçu aucun document d’ancune sorte; il n’a pas même reçu la pétition originale si jamais elle a été signée, Louis Riel apprit évidemment qu’il devait adopter d’autres moyens pour provoquer des troubles.

Connaisant bien le caractére superstitieux de la population, il entreprit en consé-

uence de créer une nouvelle religion.

ans un sermon prononcé à l’église de Saint-Roch, Québec, dans le cours de l’éêté dernier, l'évêque Grandiu décrivait ainsi les agissements des chefs de la rébellion:

‘#Afin de parvenir plus sûrement à leur fin et a lés métis de se laïsser influencer par les

missionaires qui les auraient détournés de leur projet sinistre, les chefs de la rébellion emprisonnèrent quatre prêtres, six Ce ge et quelques frères laïques, pers des sentinclles à la porte deleur prison pour poeber tout moyen de communication entre les métis etles missionnaires, Nous avions bien raison de leur dire: ‘ Vous ne gagnerez rien par là, au contraire vous avez tout à y perdre, Si vous tuez nn 80oldat, 6e dernier sera remplacé par mille autres. Vous avez à combattre un gouvernement puissant, vous qui n'êtes qu'une poignée d'hommes et ne pouvez remlacer vos morts,” Toutefois, les chefs se conduisirent e façon à faire mépriser nos avertissements et conseils et la rébellion eut lieu avec toute: ses terribles Sonséquences ,”

Le document suivant contennat la signature de tout les prêtres au district témoigne également de la conduite que Riel n cru devoir tenir pour s'attacher les

| môtis :—

# Princz-Azsent, 13 Juin 1886.

“Nous soussignés prêtres du distriet «ui a eu plus particulièrement à souffrir de la rébellion, savoir : des

isses de Saint-Laurent. Saint-Antoine, Grandin,

Lac:aux Canards et Batoche- c'est-à-dire au milieu de rotre population où Louis ** David” Riel avait étabii: son quartier général, nous désirons attirer l'attention de nos compatriotes du Canada sur los faits suivants :—

*“Louis.{ Havid’” Riel 16 mérite pas les sympathies de l'église catholique romaine où desmembses de cette êylise, parcequ'il a usurpé notre mission de prêtres et æalèvé,à notre peuple, les avantages et ecnsolaiious

m'il est, de notre devoir de lui procurer, la fait ces choses pour son intérêk puremeat. person-

(Signé) ‘Père Anpré#, : ” Touse, "”. MOoUMN, # VRGREVILLE, -

mel,

“ 'LecoQ #1 Fouxmonp, Curé de Batouhe.”

Suivant de nouvelles citations dont on s'est servi dans la Chambre désCommunes,

‘avoir laissé pendre Riel.

L'évèque Grandiu dit :—

‘* Toux ceux qui ont étudié à fond ce mouvement, savent fort. bien qu'un mécréant à à a abusé de son savoir et s'est paré d'une piét4 meusongère et hypocrite, en même terups qu'il faisait des menaces de destruution inévitable, a trompé les métis et les a obligés à prendre les arimes contre l'Etat. L'ascendant qu'il exerçait sur eux était tel que, pour le plus grand nombre d’entre eux, ils ne pouvaient pas ou n'osaient pas lui résister.”

Le père Fourmond dit dans son témoignage :—

‘# Louis ‘ David’ Riel, dans son étrange et alarmante folie, : fascinsit nos pauvres métis commele serpent fascine ses victimes. 11 abusaït, pour ses propres fins, de la grande confiance que tous les métis reposaient en lui, confiance obtenue par l'influence qu'it exerçait sur lenr eaprit, grâce à son éloquence passionnée et,

-dessus tout, à l'apparence de ses sentimeuts proondémeut religieux, et de sa dévotion dont il faisait constuminent parade de la manière la plus hypocrite possible. : Iles avaient convaineu: par des proclamations publiques de sa mission de prophète inspiré, et il leur faisait croire à cette mission en se servant des Eee les plus insidieux et les plus diaboliques. * * Pour frapper l'esprit de la popniation et la tenir bonus son pouvoir, Riel eut. recours -& toutes sortes de süperchéries,”

Le père Fourmond ajoute :—

“Oh !monpauvre cd plé, je ne pouvais le contenir ; il'était infatué de cet archi-traître et fourbe jusqu'à ce qu'ileut répandu le saug, : IL fut alors tout a fait en son pouvoir et il se servit de son autorité sans aucun sentiment de Miséricorde, * * * Je déclare de plus que, pendant les troubles, j'ai éonversé avec plusieurs de ceux qui so trouvaient dans 16 camp rebeile, et j'ai coustaté que, pour le plus grand nombre, Îls y étaient contre leur gré ét n’y demeuraient que par pre pre of d'être funillés, s'ils s’échappaient où déserient,”

Dans son témoignage, dans la cause de Joseph Arcand, le pére André dit :—

# Je déclare de la manière la plas solennelle, qu'à ma connaissance personnelle, sauf Gabriel Dumont, Napoleon Nault et. Damase Carrière, maintenant décédé, ar un seul des môtis n'avait la moirdre idée on le moindre soupçon d’une rébellion, jusqu'à ré que Riel les eût completement pris dans ses filets et les eft tellement compromis, qu'ils ne pouvaient plus s'échapper.

Lu L Li LJ « , , +

“T1 leur..fit croire fermement qu'ils n'avaient plus

à attendre de miséricorde dela police ou du gouverne-

ment du Canada,--que s'ils étaient faits prisonniers où blessés, rien que la mort et des tortures impitoyables les Ne à ko que leurs filles et sœurs seraient deshouorée: sous leurs yeux, leurs enfants massacrés et tout. ce qu'ils possédaient ici-bàs détruit, et que toute leur nation serait exterminée par la soldatesquo brutale, re

Voici ce que dit Joseph Pilon :—

“ Riel mie cominanda de venir at camp, ou qu'il me forcerait de m'y rendre, * * # * lon, pendant que Riel le mennçait, visi trouver le pee et lui dit en.plaurant ce que 1 lui demandait. Riel, l'oblige: e force et au moyen de menaces contre sa vie,

"ex es desseins,”

Le Père André fait allusion en Îa-

a tar antenne

manière suivente, au cas des frères Tourond :—

LA

‘“ Le rusé Riel chercha de tonte muniêre: à engager ces jeune gens à le joindre, mais sans réussir, Joutr par jour, fl se rendit auprès de léur pauvre mère pour abuser de sa superstition et de sa crédulité, avec une ruse diabolique, Il lui raconta ses visions célestes, ete, + k * ot la pauvre femme ‘ayant foi dans sa mission divine, prin ses enfants dé S'enrôler et de combattre sous la ‘bannière du ciel,”

Parlant des prisonniers ën général, il dit:

‘ls ont été tromn; par un homme qui connaissait pement que leurs cœurs et leurs esprits étaient aibles, Te ontété sprells auxarinen, au nom de Lieu et des Saints, par un homme qui se disait l'envoyé/de Dieu gone accomplir une bonne et grande œuvre, Ils ont été aveuglés par de yprétendués visions ct messages d'}’Esprit-Saint; pauvres gens, dans leur absolue confiance, ils ont été conduits à la désolation, la misère et la mort,”

Ayant fondé une nouvelle religion, Riel institua une cérémonie à l’église de Batoche qui devait, consister dans le baptème de son secrétaire Jackson à la foi nouvelle.

Il envoya des éclairenrs pour amener les métis à cette cérémonie, les engageant à apporter leurs fusils, pour tirer une salve, et comme on le verra par les déclarations

aser ‘mentées, il eut beaucoup de difficulté,

dans certains cas, à les engager à s’y rendre, Lorsque les métis furent arrivés à Batoche, Riel leur dit que le gouvérnement envoyait des troupes pour les tuer, leur enlever leurs propriétés et détruire leurs familles,.et ces menaces eurent pour résultat d’amener le combat du Lac aux-Canards qui compromit ses düupés infortunées, et de causer les tristes évènements qui s’en suivirent. Ces faits découlent du témoignage assermenté d’un certain nombre de ces gens eux-mêmes. Il sufira de citer quelquesunes des déclarations assermentées qui suivent :—

. Jean Baptiste Laplante, cultivateur, jure :—

‘J'étais en voyage, quand la rébellion à éclaté a Troy, avec des marchandises peur des marchands de Batoche appelés Walters & Baker, Je n'ai pas été ailleurs ; après avoir livré mes marchandises, je suis retourné chez moi. Je suis resté chez moi un seul jour, et un homme appelé J. B. Deschamps est venu me chercher. Deschamps avait un fusil et il dit qu'il ‘me rendrait par forte’ si je ne voulais pas venir, et ‘ nous prendrons tout ce que vougavez* Ils étaient eux, tous deux armés, 1l$ m'ont emmené avec eux, mais je n'avais pas de. fusil, Tls m'ont emmené à Batoche et m'out dit qu'il fallait Ft je serve comme les autres, * * * Riel nous dit que nos familles

. seraient tuées par les troupes et qu'il fallait routes les

réunir. ? ° Gabriel Parenteau, cultivateur, jure :—

“J'étais ici pour acheter des marchandises et j'v suis resté deux jours ; quand je suis revenu, j'ai appris qu'ou-avait depouillé les magasins et qu'on s'assern- Le par partis à Batoche, ge je suis allé à l'église le dimanche, j'ai été fait prisonnier (dans l'église de Saint Laurent) par Philippe Guardupui et

un autre, je ne sais pas son nom, JHsmppont dit qu'ils allaient me fusiller ou m'énfermer si je n'y allais pas. Ils m'ont fait passer la rivière et. m'ont mis dans'une maisou et, m'ont gardé deux jours, Le troisième jour je mé suis échappé et suis allé chéz moi. Environ trois jours après, 11 sont venus mé chercher ; Gabriel Dumont est venu me chéreher et me dit que si je ne voulais pas venir, ils m'attacheraient, me mettraient dans la cave et m'enlèveraient tous mes animaux. Je leur ai dit qu'fls pouvaient prendre mes animaux, mais ils m'ont forcé à aller avec éux,—-etaprès quartre jours, & me suis encore enfui chez moi et suis resté là. cinq ours avec mes chevaux dans la prairie ; je ne venais a mäAison qu'à la nuit, John Ross, le jeune, est encore venu me chercher ét nous à tous emmenés 108 familles, femmes etenfants—et nous a gardés, lA toutfle temps, jusqu'à ce qu'enfin j'eus, peur d'essayer de Me sauver.”

Jeau Carron, cultivateur, jure :—

“*J'étais à Batoche pendant la rébellion et j'ai pris pert avec les. rebelles dans la rébellion. Je n'êtais ln un conseiller, Je fus invité à venir au baptéme

e Jackson et a apporter mon fusil de peur que neus y fussions arrêtés par la police, Je n'avais pas alors de fusil et j'ai été vingt. jours sans en avoir un, Je n'ui pas été forcé À marcher, mais j'ai été trompé par Riel lui-même, Je lui ai dit que j'avais beaucoup d'ouvrage, mais il m'a demandé d'assister à la cérémonie et ainsi j'ai été entrainé dans la Rébeilion.

uand je vins à l'église de Saint-Antoine, Riel nous

it qu'il y avait cinq cents hommes de la police qui venaient nous combattre, que Clark, de la compagnie le lui avait dit ; iLavait alors autour de lui tous les Donne de Batoche ef Riel a dit cela devant tout te ronde,” k

. Louis Marion, cultivateur, jure : —

‘Je sais que M. Ness a été fait prisonnier par Les rebelles, Quand j'ai été fre j'ai été mis dans Ut même éhambre que lai et Îl était encore prisonnier quand j'ai été inis en Nberté, M, Ness était un cultivateur, et il avait des vaëhes et des chevanx autour de chez li, Je les ai entendus, les rebelles, dans l’églisé où on nous na mis, dire qu'ils iraientchez Ness, et prendraient son fusil et toute autre chose

ui leur serait utile, Le 17 mars, j'étais au magasin

6e Walter à Batoche, ét il est entré un jeune ho me qui nous à dit qu'il allait y avoir du trouble. ‘Le lendemain matin nous fûmes transportés à l’église et il tinrent une assemblée, et Riel me dit que j'avais dix minutes pour décider si je, voulais m6 joindre à eux, où bich il serait obligé de faire quelque chose. Je lui promis de me joindre àeux, mais à la première occasion, je m'échappai. Une fois, Riel avait: prononicé une sentence. contrée Charles Nolin et Williant Boyer parce qu'ils ne s'étaient pas joints à eux insuite il demanda aux gensqu'est-ce qu'ils pensaient de ce qu'il avait fait eu condamuant ces hommes, et tout le monde l’approuva en faisant un grand bruit. Il se tourun alors et dit à pe re üns des prisunniers ce qu'il avait fait, quand à m'avait vu, et'il dit alors, Dieu vous soit en aide, J'ai ri de lui quand il dit: il n’est encore trop tard ; et se vournant vers le peuple il dit qu'il m'avait oublié, mais qu'il me donnerait dix minutes pour réfléchir à ma josition. Cette mème nuît, ils sont allés au magasin de Batoche ct en ont tiré des ballots de couvertes et de hardes et les ont distribués à ceux qui partaient pour aller prendre Carleton, Ace moment, un soi-disant gotvérnemént Provisoire s'organisn et tint 1à ses séances, Riel nommait les uiermbres au peuple et si le D an. approuvait, celui qui était nemmé entraîit dans ke Conseil, Je crois qu'il sé foignit à lni, seize capitaines qui étaient nommés-par Riel et élus par la foule qui était dans l'église, J'ai entendu Riel dire : est-ce que la vie denne maréhands do cette ivcalilé vauë piles que la nôtre ? nous allons aller, et les ambnerons avec leurs armes, gai vu un fils de George Fisher et un fils de Salomon Venne et un jeune Gareault qui furent atuenés de cette manière, J'ai vu là plusieurs sauvages, quelques-uns étaient de la bande dé Utre

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