Grâce à la prière, un homme reçoit d'un
milan une bourse et des pierres précieuses; un autre, auquel un milan avait enlevé fa viande qu'il avait achetée, trouve aux mains de sa femme de la viande que deux milans en lutte avaient laissé tomber devant elle; un autre maudit un milan qui lui en enlève et qu'un os étouffe; un prédicateur, par sa prière, fait mourir, puis revivre, un milan qui l'a gêné.
Dàmîei, 1 , 209.
La justice de Dieu.
57. — L'or qui revient toujours à son maître.Volé par un boucher, qui le fait avaler par une vache, il se retrouve quand le maître achète et tue la vache. Bamassé par un un berger et caché dans un fossé, il retourne au maître, dont le vent a chassé le turban dans le fossé. Bendu en partie au berger et caché par lui dans un bâton, il iombe dans l'eau et est repêché par le maître.
Bibl arabe, 2, n" 113, 137.
Le dédain du monde.
58. — Un homme à son travail ne se détourne pas pour voir passer un roi. C'est qu'il a vu enterrer le même jour un roi et un pauvre, dont le vent a confondu les ossements de façon qu'on ne peut les distinguer.
Sirâg, 11, 13. (D'après Mâlik ibn Anas.)
Le dédain du monde.
59. — Alexandre se fait amener le descendant des rois d'une ville, qui est toujours au milieu des tombes, et lui offre de lui rendre son rang. Mais l'autre, qui ne peut distinguer, dit-il, les ossements des rois de ceux des sujets, n'accepterait qu'une vie non suivie de mort, une jeunesse sans décrépitude, une richesse à laquelle ne succède pas la misère, une joie sans douleur. Qu'on lui laisse donc demander tout cela à Celui-là seul qui peut l'accorder.
Sirâgj 15, 10 à. f. — Basset, Eev. d. trad. pop. 13, 554.
Sainteté.
60. — Un roi à la chasse invite un pauvre berger à partager son repas ; mais il refuse, étant invité de Dieu, qui lui commande aujourd'hui le jeûne. Il accepterait si le roi lui garantissait le lendemain.
Telle est l'histoire que donne la partie juive du Barlaam {Bibl, arabe, 3, n** 76, 21). — Dans le Sirâg, 29, 11, on la retrouve mise au nom de Haggâg (Hégiage), qui remplace ici le roi.
Cfr. n" 10.
Sainteté.
61. — Un saint fait porter son bois par le lion qui a déchiré son âne.
Un jeune homme n'obtient de sa mère la permission de se vouer à Dieu que quand il a opéré le même miracle.
Un saint, qui ne prie pas exactement pour se livrer à la vie mystique, chasse un lion par un mot.
Damîbi, 2, 13-14. — Cfr. Basset, Rev, d. trad. pop. 13, 233-234.
Sbbment éludé.
62. — Une femme israélite, forcée de se rendre à la montagne de justice pour y jurer que nul homme ne Ta touchée si ce n'est son mari, dit à son amant de se vêtir en ânier et d' offrir ses services en temps utile. Elle feint de tomber et il la touche : ce qui lui permet de jurer que nul homme, sauf son mari et Tânier, ne Ta touchée.
Damîbi, 1, 225-É26. — Faut-il voir une allusion à ce conte dans le verset 47 dans la sourate 14 du Coran ?
Cfr. Cabdonne, Mélanges delittér, orientale, 1, 39-49. — LoiSELEUB, Mille et un jours, 651-652. — Benfey, Fantschataiiira, 455-460. — Pauli, éd. Oestbbley, 496. — V. Wlislooki, der verstellte Narr {Ger mania, 33, 342- 356).— Basset, Rev. d. trad. pop,, 12, 250-251.
Sebment éludé.
63. — Chez les Israélites, il y a une montagne où périssent ceux qui y prêtent un faux serment. Un homme qui avait reçu de Tor en dépôt, le met dans un bâton creux et, au moment de jurer qu'il a rendu le dépôt, prie son adversaire de le tenir un instant.
, Bibl. arabe, 2, n* 113, 137. — Revue des traditions pojnilaires, 12, 695. —Altdeiitsche Blàtter, 2, 75.
Vicissitudes de la fortune.
64. — Un pauvre, repoussé par un riche qui répudie sa femme parce qu'elle voulait secourir le pauvre, s'enrichit et se marie. Un jour que sa femme veut repousser un mendiant, il découvre qu'elle était la femme du mauvais riche.
Bibl, arabe^ 2, n** 139, 16.— Basset, Rev, d. trad.pop.j 13,556-557.
La colère.
65. — Histoire du roi d'Israël dont on calme la colère en lui remettant des écrits contenant des maximes.
Sirâg, bl, 18 à f. - Cfr. 58, 6; 69, 17 ; 71, 13 et 71, 18 à f.
Bihl. arabe ^ 2, n» 113, 130.
Jacob et Joseph.
66. — Les malheurs de Jacob et de Joseph proviennent de ce qu'ils ont ri un jour à côté d'un pauvre qui pleurait à leur insu.
Damîri, 1, 241-242.
La vache.
67. — ^ Moïse avait établi le sacrifice de la vache et l'emploi de ses cendres comme expiation et purification d'un homme qui aurait touché un cadavre. Voy. Niimeri, chap. 9. L'auteur du Koran, puisant on ne sait à quelles sources, refait l'histoire de cette disposition de Moïse à sa manière. Voici, d'après les commentateurs du Koran, le récit qui sert de base aux versets 63-69. Un homme pieux parmi les Israélites avait une génisse et un enfant mâle ; il conduisit la génisse dans le désert et l'abandonna à la sauvegarde de Dieu jusqu'à l'époque où son fils deviendrait majeur. Peu de temps après, l'homme pieux mourut, laissant son fils avec sa mère. La mère du jeune homme se trouvant quelques années après dans la gêne, l'envoya à la recherche de la vache, unique bien qui leur restât. La vache, jusqu'alors sauvage et ne se laissant saisir par personne, suivit sans résistance le jeune
homme. Celui-ci, conformément au désir de sa mère, conduisit la vache au marché pour la vendre et en retirer quelque argent. Un inconnu, c'était Fange de Dieu, offrit d'abord six, puis douze dinars au jeune homme, à condition de ne point consulter la mère sur la valeur du marché. Le jeune homme cependant raconta la chose à sa mère qui, de son côté, croyant voir dans l'insistance de l'inconnu une intervention du ciel, recommanda à son fils de retourner au marché et de consulter l'inconnu, qui ne manquerait pas de se présenter de nouveau, sur le meilleur emploi à faire de la vache. Alors l'ange révéla au jeune homme qu'il avait à garder sa vache, car avant peu un événement qui arriverait chez les Juifs lui fournirait l'occasion de vendre la vache pour la quantité d'or que pourrait contenir sa peau. En effet, quelque temps après, un riche Israélite, nommé Hamiel, fut tué par un de ses parents, qui convoitait sa femme ou ses richesses. L'auteur du crime était inconnu, et des hommes innocents furent inquiétés par des accusations injustes. Pour lever le doute et tirer les Juifs de la perplexité où ils étaient, Dieu ordonna à Moïse de chercher une vache ayant tous les signes indiqués par la révélation, de l'égorger et de frapper le cadavre de Hamiel avec l'un de ses membres. Le cadavre frappé ainsi se leva, révéla le nom de son meurtrier, et mourut pour la seconde fois. Pour obtenir la vache en question, les Juifs ont été obligés, quoique à leur corps défendant, de donner au jeune homme la somme qu'il demandait. „
Extrait de KaziMIBski, le Koran, 1841, 10-11, à propos
du verset 63 de la deaxième soUraté du Coran, — Cfr. Baïdawi, édit. Flbisoheb, 1, 65, 5 et 66, 20. Damîbi, 2, 98-99, donne la même histoire.
Les trois volki?rs.
68. — Jésus fait acheter trois pains par un disciple, qui en mange un en cachette. Malgré deux miracles — Jésus rend la vie à une gazelle et fait marcher le dis* ciple sur les flots — celui-ci nie avoir mangé le pain. Il Tavoue quand, ayant trouvé trois lingots d'or, Jésus attribue le troisième à celui qui a mangé le pain.
Trois voleurs tuent le disciple. Ils envoient Pun d'eux chercher des vivres et conviennent de le mettre à mort à son retour. Mais l'envoyé, dans une même pensée de cupidité, a empoisonné les mets. Ainsi ils périssent tous les trois.
Sirâg, 14-15. — Moustatraf, 2, 259. — Damîbi, 1,266, 1.
— TibTj 39-40 (ne donne que la seconde partie). — Basset, Bev. d.trad. pop,^ 14, 438-440.
Voir Bibl. araie. Mille et une nuits.
La ville ruinée.
Cj9. — Jésus, dans une ville dévastée, demande aux ruines où sont les habitants. Il lui est révélé que la terre les renferme et que leurs actions leur servent de collier jusqu'au jour de la résurrection.
Sirâff^ 21, 15. (D'après Mâlikibn Anas.)
La PIERRE EFFRAYÉE.
70. — Jésus console une pierre qui pleure parce qu'elle craint d'être du nombre de celles qui serviront h alimenter le feu de l'enfer. (Coran, sourate 2, 22.)
S/m^r, 89, 22 et 130, I.